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[Tribune] Pour réussir un projet d'entreprise, faisons dialoguer les générations

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L'entrepreneuriat n'est pas une chose facile. Pour une certaine réussite et une pérennité de l'entreprise il est important voire primordial de mutualiser l'expérience des séniors et la nouvelle génération diplômée, source de nouvelles idées et de savoirs.

[Tribune] Pour réussir un projet d'entreprise, faisons dialoguer les générations

En tant que dirigeant d'un des plus importants réseaux professionnels de France, j'observe une tendance de plus en plus fréquente qui pousse les jeunes diplômés à créer leurs entreprises dès la sortie des écoles, souvent faute d'emplois. L'idée est évidemment louable. Néanmoins, il faut faire preuve de prudence, car l'entrepreneuriat n'est pas chose aisée. Si certains réussissent particulièrement bien, bon nombre de jeunes entreprises disparaissent faute de stratégie adéquate, de business-plan solide et de préparation préalable à ce qu'est l'entrepreneuriat : un investissement certain pour un résultat incertain. L'entrepreneuriat est donc une prise de risque et l'acceptation de l'échec.

L'une des principales raisons des échecs est le manque d'expérience des créateurs. Il est en effet fortement souhaitable d'avoir déjà fait ses armes au sein d'une entreprise avant de monter la sienne. Dans une structure déjà établie, on peut se permettre de commettre des erreurs qui seraient fatales pour sa propre affaire. Comment alors créer et pérenniser son entreprise lorsque l'atout majeur, l'expérience, fait cruellement défaut ? La solution se situerait du côté d'une autre catégorie sociale : les seniors. Le contrat de génération établi dans le cadre du projet de loi sur les emplois seniors, prévoit d'employer des jeunes diplômés en CDI tout en maintenant les emplois des salariés seniors âgés de plus de 57 ans. L'objectif est d'assurer à la fois la transmission des compétences et la mise à jour des connaissances.

Une association des profils détonante

Pourquoi ne pas envisager ce type de fonctionnement dans le cadre de la création d'entreprises ? Pourquoi ne pas créer les conditions pour permettre la mise en commun à la fois des expériences des seniors et de l'énergie des juniors ? Trop chers pour le marché du travail ou parce que leurs compétences sont dépassées, aujourd'hui 17% des seniors actifs envisagent de créer leur entreprise en prévision de leur fin de carrière et 49 % des Français encouragent un senior de leur famille à créer sa propre entreprise (selon une étude CSA/APCE publiée en 2010). Ils bénéficient d'une expérience importante, d'un réseau, d'un savoir-faire et de la connaissance accrue du marché. Un jeune quant à lui, a de l'imagination, de l'ambition, de l'énergie et surtout des connaissances actualisées, car rappelons-le, l'employabilité des personnes à long terme n'a toujours pas été correctement développée.

Mutualiser toutes ces qualités ne peut être que bénéfique et l'association de ces profils détonante. Néanmoins, que l'on soit senior ou junior, il est essentiel de ne pas perdre de vue certaines particularités de l'entrepreneuriat. Pour réussir il est nécessaire d'anticiper, d'être animé par une volonté d'agir, d'accepter de faire des sacrifices financiers et de donner de son temps sans compter. Il est aussi important d'être bien entouré. S'assurer d'avoir autour de soi des personnes aux compétences différentes qui peuvent apporter leurs connaissances et mettre à disposition leur expertise est souvent l'un des éléments manquants. Il faut un réseau structuré et diversifié pour être challenger à chacune des différentes étapes de la création de l'entreprise. Quel que soit l'âge ou le parcours, il faudra continuer à y croire et à rester optimiste. Mettons toutes les chances de notre côté pour permettre à des idées de devenir des projets et à des projets de devenir des entreprises. Pour réussir nos projets d'entreprises, faisons dialoguer les générations.

L'auteur

À 53 ans, Marc-William Attié a forgé son expérience professionnelle au sein de plusieurs entreprises dont le groupe pétrolier Chevron Texaco, en tant que directeur général des filiales notamment. En 2004 il décide de développer le réseau de recommandations d'affaires BNI (Business Network Internional) sur le territoire français. BNI France accompagne déjà près de 7 000 entreprises, entrepreneurs et professions libérales réparties dans plus de 250 groupes de travail. Marc-William Attié est par ailleurs associé dans des entreprises de secteurs variés qu'ils conseille tels que la communication, la formation, l'expertise comptable ou encore l'immobilier.