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Six qualités de chef

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Comment manager en s'inspirant des idées de Carl von Clausewitz ? Voici six qualités principales retenues par le célèbre auteur de « vom Kriege».

Maître occidental de la stratégie, Clausewitz (1780-1831) n’est pas que l’auteur de la célèbre Formule, selon l’expression de Raymond Aron « la guerre est une simple continuation de la politique par d’autres moyens ». Son œuvre, inachevée mais résolument moderne, peut encore inspirer tout responsable politique, économique ou militaire.

Si les écrits du général prussien demeurent le fondement de la formation à la réflexion stratégique de tout officier occidental, les cadres de direction des entreprises, engagés dans leur propre compétition économique, peuvent tout autant tirer profit des enseignements de ce maître ès-stratégie.

Le rôle du chef, comme son caractère, sont, à la guerre comme dans toute entreprise humaine collective,  des facteurs déterminants dans la victoire ou la défaite. Clausewitz retient les qualités primordiales suivantes :

Courage

«D’abord le courage personnel puis le courage devant les responsabilités », c‘est tout à la fois rencontrer un client mécontent ou un employé difficile plutôt que de laisser ce rôle à un collaborateur, mais aussi assumer ses choix, ne pas laisser les autres endosser la responsabilité de ses propres décisions.

Volonté

«Surmonter la résistance…exige une force de volonté considérable de la part du chef» : résistance par l’habitude, la routine, le maintien du statu quo, la peur du changement ou de l’inconnu, l’aversion au risque et à l’incertitude. Le manager doit alors convaincre, persuader, toujours expliquer et parfois imposer.

Maîtrise de soi

« Rester maître de soi sous le coup des pires émotions ». Le responsable, malgré les émotions qu’il peut  ressentir, se doit de conserver son indispensable capacité de jugement. Sans être insensible, il s’agit simplement de garder intactes ses facultés d’analyse et de décision, en situation de crise.

Résolution

« … le courage appliqué à un cas particulier ». La résolution ne relève pas d’un choix, mais de l’obligation d’agir sous la pression des évènements. Il s’agit de prendre à bras-le-corps la difficulté, le problème qui survient.

Persévérance

« Il n’y a presque pas d’exploit glorieux qui ne se réalise au prix d’efforts infinis, de peines et de privations ….c’est encore l’énergie manifestée par une constance…qui mènera au but ». À l’heure du « tout, tout de suite et sans effort », la persévérance, c’est le courage dans la durée, la constance dans l’effort.

Intrépidité

Chaque fois que l’intrépidité rencontre la pusillanimité, les chances de succès sont nécessairement de son côté ».  Mesurer puis accepter le risque, en assumer les conséquences en toute connaissance de cause. L’intrépide, qui s’oppose au pusillanime, choisit librement de l’être et a pleinement confiance en lui.

Enfin…..

« La guerre est le domaine du hasard. Il accentue l’incertitude en toutes circonstances et entrave le cours des évènements ».  Clausewitz résume ainsi les qualités nécessaires au chef de guerre pour traverser sans dommage ces conflits incessants avec l’imprévu :

  • L’esprit qui, dans l’obscurité, ne perd pas trace de la lueur qui conduit à la vérité ;

  • Le courage de suivre cette faible lueur.

Ce qui vaut pour le chef de guerre, vaut tout autant pour l’entrepreneur ou le manager.

Les citations en italique sont tirées de vom Kriege  (De la guerre) de Karl von Clausewitz, écrit entre 1818 et 1831.

Pour aller plus loin dans ces réflexions, je vous recommande la lecture d’un ouvrage paru en 1998 aux éditions ADDIM: « à l’écoute de Clausewitz – Penser l’action en stratège » du général Gil Fiévet.