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Gandi octroie une semaine à ses salariés pour le plaisir d'innover

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Chaque année, l'hébergeur Gandi donne la possibilité à ses 95 collaborateurs de travailler, le temps d'une semaine, sur un projet qui leur est cher. Un mot d'ordre : se faire plaisir. Le but étant de stimuler la créativité des équipes en toute liberté. Résultat, des salariés motivés et inspirés.

Gandi octroie une semaine à ses salariés pour le plaisir d'innover

Clément Danjou est développeur chez Gandi, PME parisienne spécialisée dans l'hébergement et l'enregistrement de noms de domaine. Bien loin de ses missions d'origine, il organise avec deux autres salariés pendant plusieurs mois, "Le Bar de Gandi en vrai", une soirée événement qui s'est tenue au Delaville Café, le 12 décembre dernier, à Paris. L'objectif : réunir autour d'un verre, les équipes de Gandi et leurs clients à la suite d'un jeu d'énigmes en ligne. Résultat, plus de cent personnes ont répondu présent à l'invitation.

" Pour ce projet, nous avons eu carte blanche de A à Z tout en bénéficiant de l'appui logistique nécessaire ", apprécie Clément. Lui, a proposé l'idée de cet événement lors de la dernière "Free week" de la PME, en août 2013.

Cette opération consiste à octroyer chaque année une semaine aux collaborateurs durant laquelle ils peuvent réaliser en toute liberté des projets collaboratifs en lien avec l'entreprise mais pas forcément avec leur poste. " On redonne ainsi le pouvoir aux salariés qui, partant d'une feuille blanche, ont souvent de riches pistes pour améliorer notre organisation ou nos services ", note Nicolas Lhuillery, directeur produit chez Gandi.

Repartir de zéro une semaine par an

Depuis la mise en place de la "Free week" en 2011, sept projets se sont concrétisés. " Certains sont très utiles pour l'entreprise comme la création de panneaux de contrôle du nombre d'appels et d'e-mails entrants ou le développement d'outils technologiques de pointe. D'autres sont plus accessoires tels que le suivi de notre consommation de café pour la gestion des stocks. Le but n'est pas tant de trouver la bonne idée que de se faire plaisir ", insiste Stéphan Ramoin, p-dg de Gandi.

L'événement a aussi le mérite de rapprocher des salariés de différents services en leur permettant de porter des projets de manière transversale, souvent bien au-delà de la "Free week". Une démarche que le dirigeant souhaite développer à tous les échelons, en incitant chacun à être force de proposition au quotidien. Pour cette PME innovante évoluant sur un secteur très concurrentiel, il est primordial que la créativité de ses équipes demeure tout sauf virtuelle.

Repères

Activité : Traitement de données et hébergement
Ville :
Paris (XIIIe)
Forme juridique :
SAS
Dirigeant :
Stéphan Ramoin, 42 ans
Année de création :
1999
Année de reprise :
2005
Effectif :
95 salariés
CA 2013 :
21 M€

L'OEIL DE L'EXPERT
"L'entreprise récolte des idées novatrices qui n'auraient pas émergé autrement"
Brigitte Briançon, manager de transition chez le cabinet H3O


"La Free week de Gandi permet d'un côté aux salariés de s'exprimer librement et de s'évader de la routine de leurs postes. De l'autre, elle permet à l'entreprise de récolter des idées novatrices qui n'auraient pas forcément émergé dans le cadre de l'organisation traditionnelle. En cela, elle est fédératrice et peut renforcer l'attachement des salariés à la société", commente Brigitte Briançon la manager de transition chez le cabinet H3O, spécialiste en Ressources humaines.
Si ce type d'initiatives est reproductible à l'échelle d'autres PME, il est nécessaire de lui donner un cadre, selon l'experte. "Qu'il s'agisse d'améliorer la vie de l'entreprise ou ses process, il me semble important que les projets restent en lien avec l'entreprise. Et pour que l'opération ne déçoive personne, les participants doivent formaliser leur idée à travers un plan d'actions pour qu'elle puisse être menée à bien."