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Le vegan, un levier business pour les PME ?

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En effervescence, le marché du vegan voit se multiplier les offres tandis que la demande augmente. Faut-il pour autant considérer le phénomène comme un nouvel eldorado entrepreneurial ? Le point sur une filière en construction.

Le vegan, un levier business pour les PME ?

Le veganisme est à la mode. Le refus de l'exploitation des animaux anime les esprits des consommateurs. Meilleurs pour la santé et pour l'environnement, les produits veggies gagnent des parts de marché. En France, 30 % de la population chercherait ainsi à réduire sa consommation de viande selon l'étude "Le marché de l'alimentation végétarienne et vegan à l'horizon 2020" publiée par Xerfi, en mai 2017.

La demande augmente via deux cibles : les puristes, militants de la cause animale, et les "flexitariens", prêts à baisser leur consommation. "Le flexitarisme, tendance à consommer de la viande de façon occasionnelle, s'installe durablement dans les habitudes de consommation", observe Eline Maurel, directrice études chez Xerfi. Côté business, si l'alimentaire apparaît comme le premier marché du veganisme, il n'est pas le seul : la cosmétique, l'habillement ou encore l'ameublement sont, par exemple, concernés.

Une concurrence rude

Les ventes de produits de traiteur végétal en grande et moyenne distribution devraient ainsi augmenter de 25 % par an d'ici 2020, celles des boissons végétales de 5 % et celles des semoules et céréales de 3 %, promet toujours Xerfi. Les substituts à la viande, les plats cuisinés et les boissons sont les produits vegan les plus performants. L'élargissement de l'offre jouera néanmoins un rôle déterminant dans les prochains mois avec l'extension des gammes et la conquête de nouveaux segments (sandwiches, pizzas, fromages, pâtisseries, etc.).

Reste que le dynamisme du marché attire les convoitises. Face aux marques historiques (Sojasun, Nutrition & Santé), les industriels du secteur alimentaire se positionnent. Herta et Fleury Michon ont développé des gammes de produits végétaux distribués au rayon traiteur frais des grandes surfaces. Leurs références ciblent les "flexitariens" et rappellent les menus carnés (steak, boulettes, etc.). "Le marché est porteur car les tendances socioculturelles sur lesquelles il s'appuie sont lourdes et pérennes. Les acteurs sont donc de plus en plus nombreux", commente Eline Maurel. Entre les grandes marques et les marques distributeurs, la concurrence est rude.

Dans la restauration, de nombreux établissements se créent sur ce thème, "mais beaucoup disparaissent parce que la rentabilité n'est pas au rendez-vous, constate Bernard Boutboul, directeur général de Gira Conseil, spécialiste du marché de la consommation hors domicile en France. Les Français ont une double vie alimentaire, ils ne consomment pas les mêmes produits à domicile et au restaurant. Les produits restrictifs font un carton dans les supermarchés mais, au restaurant, les consommateurs se lâchent". Pour lui, le marché du vegan serait exclusivement parisien. La prudence est donc de mise. "D'autant que la grande majorité des consommateurs ignorent ce que veut réellement dire vegan", ajoute Nicolas Nouchi, directeur général de CHD Expert, spécialiste des études de marché foodservice.

Vegan, sain et... sexy

1. Minuit sur terre, les chaussures sans cuir

Marie Viard-Klein lance sa première collection de chaussures, fabriquée au Portugal et commercialisée - entre autres - sur le site e-commerce de la marque. La tige des chaussures se compose de fibres synthétiques, la doublure et la semelle intérieure de fibres naturelles (céréales et végétaux).

2. Ego, des glaces et des gâteaux végétaux

Le glacier marseillais a installé dans ses boutiques un corner de glaces végétales à base de soja et de lait de coco (sans gluten ni lactose). L'offre propose des parfums traditionnels (citron, vanille, chocolat, etc.) et originaux (fraise piment, thé jasmin yuzu, épices indiennes, etc.)

3. La Boule, snack vegan et sans gluten

Avec la Boule, Funky Veggie veut démocratiser le "manger sain" en le rendant accessible et gourmand. La start-up vend ses produits (il existe trois goûts différents) via son e-shop, ainsi que dans 120 magasins Franprix, et bénéficie actuellement d'un test chez Sodexo.

4. Feed, concepteur de repas complet

Distribué dans 150 points de vente dans toute la France, Feed a vendu 500 000 repas depuis le début de l'année avec un taux de repeat de l'ordre de 50 % et un panier moyen à 80 euros. La foodtech innove avec des recettes élaborées par des médecins nutritionnistes, des ingénieurs agroalimentaires et des cuisiniers.


Mot clés : Pme