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Envoi et livraison : la course à l'innovation

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Envoi et livraison : la course à l'innovation

Pour régler cette logistique dite du "dernier kilomètre", la plus coûteuse et la plus complexe, la livraison groupée en points relais a pris beaucoup d'ampleur. Chez Alltricks, elle concerne 65% des envois et le commerçant en ligne souhaite la rendre plus attractive encore. "Nous nous apprêtons à proposer la livraison directement dans notre réseau de magasins et d'ateliers partenaires, tous spécialistes du vélo, ce qui en fera un relais hyperqualitatif pour nos clients", se réjouit Gary Anssens qui, dans un autre genre, s'intéresse aussi aux consignes automatiques, pour un dépôt et un retrait à toute heure.

Plus vert

Parce que le dernier kilomètre est aussi le plus gourmand en CO2, de plus en plus de transporteurs se mettent aux véhicules verts, des camions et utilitaires électriques, hybrides ou roulant au gaz naturel (GNV).

Les problématiques liées au développement durable sont de plus en plus considérées.

Les vélos à assistance électrique, les triporteurs ou les cargo-cycles sont également en passe de s'imposer comme recours idéal sur les segments courts. Les sociétés spécialisées telles que La Petite Reine, Vert Chez Vous, Becycle, comme les messageries historiques UPS ou TNT (rachetée par FedEx en 2016), proposent une flotte de véhicules écoresponsables, du vélo aux utilitaires. Un service qui bénéficie parfois de réglementations assouplies quant aux horaires et à l'accessibilité, en raison d'une capacité de stationnement moins encombrante et d'un impact limité sur l'environnement urbain.

"Les problématiques liées au développement durable sont de plus en plus considérées: véhicules moins polluants, sols de camions, roues de chariots et hayons antibruit, développement de nouvelles techniques pour limiter les TMS (troubles musculo-squelettiques) chez les travailleurs", énumère Bruno Viallon (VB Conseil). La mutualisation raisonnée des différentes étapes de la supply chain est aussi une piste intéressante, déjà exploitée par la grande distribution à travers le pooling, qui organise le partage des process, des entrepôts, des camions et des tournées de livraison par différentes enseignes.

Pour aller plus loin

Lisez notre article Ces PME qui inventent la logistique de demain

Révolution numérique

Des outils intelligents ont aussi permis au secteur d'évoluer radicalement. On ne compte plus les applications et solutions informatiques qui simplifient désormais chaque fonction de la chaîne logistique. Les start-up Cubyn ou Wing se sont spécialisées sur le premier kilomètre en collectant, emballant et expédiant les colis à la place des entreprises, qui leur délèguent ces tâches via une interface en ligne. La solution Colisweb, intégrée au parcours client sur certains sites commerçants, livre en moins de deux heures sur le lieu choisi par l'acheteur et est gérée par un algorithme qui sélectionne le coursier le plus adapté. Stuart promet une livraison "plus vite, moins chère" et en 24/7. D'autres assurent un suivi en temps réel de l'acheminement et une remontée d'informations plus fiable et plus rapide pour l'envoyeur comme pour le receveur. Pour Bruno Viallon, "c'est une véritable révolution qui offre de grandes possibilités, en particulier à travers le big data. Les données collectées sont d'une importance vitale pour recruter d'autres clients, mieux comprendre les flux et les réactions des consommateurs finaux".

"Le transport vert s'intègre à notre stratégie"

Jean Moreau, cofondateur et président de Phénix

Pour Phénix, dont l'activité consiste à orchestrer la relation entre supermarchés et associations pour valoriser les invendus encore consommables, les questions d'acheminement sont au coeur de la réussite. "Nous avons vite perçu que la logistique serait un élément-clé de la professionnalisation de la collecte d'invendus et nous l'avons particulièrement développée dans notre activité de proximité", confirme Jean Moreau, cofondateur de cette PME parisienne qui a essaimé dans toute la France. En effet, les associations ne se déplacent pas pour récupérer les faibles surplus des magasins de centre-ville, dont la transformation ne peut pourtant pas attendre. "Notre valeur ajoutée, c'est de massifier les volumes à travers des collectes mutualisées, en passant par plusieurs points de vente à la fois", explique le dirigeant.

Dans chacune des villes où elle est présente, Phénix a noué des partenariats avec des sociétés locales, comme Vert Chez Vous pour l'Île-de-France, qui lui propose une large gamme de véhicules écologiques. Du triporteur au 20m3, ils sont pensés pour la ville et leurs conducteurs, formés aux contraintes de temps, savent se garer et charger rapidement avant de repartir vers les associations et leurs bénéficiaires. Le coût est parfois plus élevé qu'avec des véhicules essence, mais Phénix a choisi de grignoter ses marges par conviction et souci d'exemplarité. "En termes d'image, c'est une démarche cohérente pour nos clients, dont certains ont l'exigence que les transports soient effectués dans une logique vertueuse de développement durable", souligne Jean Moreau.

Lauranne Provenzano