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PME ! by CPME : les patrons de PME plutôt satisfaits du bilan économique de Macron

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PME ! by CPME : les patrons de PME plutôt satisfaits du bilan économique de Macron

Un peu plus d'un an après le début du quinquennat Macron, les patrons de PME s'expriment sur les mesures économiques passées et à venir, comme le prélèvement à la source, à l'occasion du forum PME! by CPME, organisé mardi 12 juin 2018 à Paris.

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"C'est la première fois qu'un gouvernement demande l'avis des chefs d'entreprise dans les territoires, fait remonter les informations, nous écoute". Codirigeante de Plasti Pêche, PME vendéenne de vingt salariés spécialisée dans la construction et la réparation des bateaux de pêche, et présidente de la CPME Vendée, Marie-Agnès Mandin se réjouit d'avoir été consultée, il y a un an, dans le cadre de la réforme du travail, comme huit autres chefs d'entreprise de 4 à 500 salariés. Un point à mettre au crédit du gouvernement.

Marie-Agnès Mandin, dirigeante de Plasti Pêche

"J'ai insisté sur le fait qu'il faudrait essayer d'avoir dans la loi des 'moderatos' en fonction du nombre de salariés", plaide-t-elle. Saluant, par ailleurs, le travail engagé sur les effets de seuil. Le gouvernement a exprimé dans le cadre du projet de loi Pacte son souhait de faire disparaître le seuil des vingt. Une disposition qui faciliterait le recrutement pour la chef d'entreprise, qui pourrait plus aisément passer le cap d'une embauche supplémentaire.

L'action gouvernementale est aussi jugée favorablement par Benoît Willot, dirigeant de deux supermarchés Système U, indépendants, totalisant près de 150 salariés, et par ailleurs président de la CPME Bourgogne Franche-Comté. "C'est un bon signe envoyé aux chefs d'entreprise au début du quinquennat", estime-t-il, citant notamment la baisse de l'impôt sur les sociétés de 33 à 28 % -qui aurait pu toutefois être ouverte à davantage d'entreprises-, la flat tax de 30 % et la réforme de l'ISF.

Patrice Boulard, dirigeant de Retour de plage

Un sentiment partagé par Patrice Boulard, président de la CPME Charentes-Maritimes et dirigeant de Retour de plage, une entreprise de bijoux fantaisie totalisant cinquante salariés sur l'Ile d'Oléron, qui note une rupture d'approche depuis un an mais qui dit attendre encore des résultats sur le terrain. "Par rapport au mandat précédent, on nous comprend mieux, mais les mesures décidées demandent à être réalisées", note-t-il.

Mais surtout, le dirigeant regrette "l'inculture économique des Français". "Nous avons besoin de préparer la population à l'économie en pénétrant le monde scolaire et en donnant envie d'entreprendre", précise-t-il.

A contrario, Honoré Ghetti, président de la CPME PACA, juge l'action présidentielle pour le moins inefficace : "Il y a beaucoup d'effets d'annonce mais très peu d'actes véritables. Le président bouscule les choses, mais c'est de la communication. Il n'y a aucune baisse de charges patronales, elles augmentent". Pour ce dirigeant du "Fournil des Cousins", une boulangerie traditionnelle de neuf salariés dans l'arrière-pays niçois, les choses n'évoluent pas dans le bon sens pour les entrepreneurs.

Le coût du prélèvement à la source

Sur le prélèvement à la source, les patrons se montrent circonspects. "Pour l'instant, c'est davantage une contrainte, car les programmes paie sont revus avec des ressources externes, ce qui représente un coût supplémentaire pour l'entreprise", souligne Marie-Agnès Mandin, qui attend toutefois de voir, en 2019, la mise en oeuvre effective de la mesure. Un surcoût que critique déjà Patrice Boulard. "C'est loin d'être une opération blanche pour nous", dit-il.

Autre crainte : que la réduction du montant net indiqué sur les feuilles de paie ait un effet psychologique négatif sur les salariés. C'est tout le problème que perçoit le dirigeant de Retour de plage. "Ce qui m'inquiète le plus est la sensation d'appauvrissement que vont ressentir les salariés, déplore Patrice Boulard. Nous avons besoin de les préparer".

"C'est générateur de conflit social potentiel, c'est ce que ne mesure pas le législateur", abonde Benoît Willot, qui voit comme une "ineptie" le fait que les entreprises deviennent les percepteurs de leurs salariés.

Une étape anticipée par Yannick Paris, dirigeant de PME à la tête d'une entreprise de six salariés qui accompagne les donneurs d'ordres publics à Dijon (Côte d'Or). Cette mesure n'est pas au bénéfice de la relation entre les patrons et leurs salariés, selon lui. "J'ai expliqué les choses à mes équipes et notamment les modalités de mise en place pour éviter la confusion en leur rappelant que ce rôle de collecteur est une simple transposition de la loi, ajoute-t-il, indiquant avoir mis en relation ses salariés avec son cabinet-comptable pour toutes questions sur le prélèvement à la source.

Mickaël Deneux, Pierre Lelièvre et Amélie Moynot

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