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[Edito] Les fonds ou la forme ?

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Les start-up lèvent quotidiennement des fonds. Sigfox, Devialet et Doctolib en sont les figures de proue. Mais les PME, elles, ont toujours autant de mal à trouver des financements pour grandir.

[Edito] Les fonds ou la forme ?

150 millions d'euros levés par Sigfox en novembre 2016. 100 millions d'euros par Devialet un mois plus tard. 26 millions par Doctolib fin janvier 2017. Sans compter toutes les start-up qui annoncent, chaque jour ou presque, avoir réussi un nouveau tour de table. Le financement de nos jeunes pousses tricolores se porte bien.

Pour preuve, 1,6 milliard de dollars d'investissements en capital-risque ont été réalisés en France l'année dernière, selon KPMG. L'Hexagone est le troisième pays européen le plus actif, derrière le Royaume-Uni (4,8 milliards) et l'Allemagne (1,8 milliard). Une situation dont il faut se réjouir, l'argent étant le nerf de la guerre. Une guerre d'autant plus difficile à remporter quand il s'agit de transformer nos fleurons nationaux en licornes internationales. Mais c'est aussi une situation dont il faut se méfier. Car de plus en plus de jeunes entrepreneurs pensent d'abord à leur levée de fonds avant même d'avoir un business model solide. Les déboires, récents, de start-up emblématiques en sont la preuve.

Enfin, cette situation est aussi l'arbre qui cache la forêt. Car s'il est "aisé" pour les start-up de lever des fonds, il n'en va pas de même pour les PME au modèle économique plus classique. Difficile de convaincre un investisseur sans aligner les mots "disruption", "ubérisation" et "rendement d'échelle". Et c'est bien là tout le problème. Face aux paillettes du numérique et à la volonté de dénicher le futur Blablacar, les entreprises familiales et industrielles ont bien du mal à trouver des financements, ne serait-ce qu'auprès des banques. Un système entrepreneurial à deux vitesses, où la forme a parfois plus de valeur que le fond.