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Pierre Gattaz reste vigilant sur la réforme du code du travail

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A l'occasion de l'Université d'été du Medef, qui se déroule mardi 29 et mercredi 30 août 2017, le président du Medef Pierre Gattaz est revenu sur la réforme du code du travail. Il appelle le gouvernement à aller jusqu'au bout et à agir rapidement.

Pierre Gattaz reste vigilant sur la réforme du code du travail

"Confiance et croissance, l'avenir c'est la France". C'est le thème choisi pour la 19e édition de l'Université d'été du Medef, qui réunit les mardi 29 et mercredi 30 août sur le campus d'HEC à Jouy-en-Josas (Yvelines), près de 7500 visiteurs.

Si Pierre Gattaz a prononcé dans son discours d'ouverture une ode à l'entrepreneuriat, il s'est également montré méfiant sur l'un des dossiers chauds du gouvernement: la réforme du code du travail, dont les ordonnances doivent être dévoilées jeudi 31 juillet 2017.


"Tant que ce n'est pas sorti, nous sommes en grande vigilance", prévient le président des patrons, qui a récemment pris connaissance de bribes d'ordonnances sur les trois blocs de la réforme. Le premier qui définit la répartition des sujets entre les branches et les entreprises, "ça nous va", a confié Pierre Gattaz lors d'un point presse.

Concernant le deuxième bloc relatif à la négociation en entreprise, le président du Medef a confié ne rien savoir. "Nous souhaitons avoir un élu, syndiqué ou pas, avec qui il est possible de négocier des accords. Si on a une obligation de négocier au-delà de 50, on aura fait tout ça pour pas grand chose", assure-t-il.

Le troisième bloc dédié aux indemnités légales de licenciement suscite également beaucoup de questions. Pierre Gattaz s'interroge sur la façon dont "vont être positionnés les curseurs des planchers et les plafonds pour les licenciements abusifs qui représentent 25% des licenciements globaux". Il reste par ailleurs très attentif et inquiet sur les exceptions aux règles. "Un plafond pour les discriminations et les harcèlements nous convient. Si on ajoute l'inaptitude ou d'autres règles, on vient ruiner l'espace de liberté que l'on souhaite avoir", affirme Pierre Gattaz.

"Tout le monde attend ces réformes. Si elles ne sont pas engagées en début de programme, c'est la bérézina. Plus vite ça sera fait, plus vite les entreprises françaises et internationales reviendront en France", poursuit-il.

Coût du travail, CICE...

Le président du Medef appelle par ailleurs le gouvernement à agir sur la fiscalité et le coût du travail. "Il faut s'occuper des impôts de production (CFE, Tascom...), tout ce petit monde qui augmente de 10 à 20% par an", et à réformer le millefeuille territorial. "On en parle pas du tout, mais qui paye? Les entreprises et les Français", s'agace-t-il.


Pierre Gattaz a par ailleurs insisté sur l'importance d'avoir "une vraie diminution de charges. Il ne faut pas que la transformation du CICE en baisse de charges augmente le coût du travail. 7% de CICE doit correspondre à 10% de baisse de charges".

Il a également mis en avant un des prochains combats que portera le Medef : les charges sur les salaires élevés. Pour Pierre Gattaz, "les charges sur les rémunérations des dirigeants et cadres sont trop hautes et freinent les embauches. La France se trouve en position de faiblesse face à l'Allemagne".

D'autre part, alors qu'Emmanuel Macron s'est engagé récemment sur la question d'une réforme de la directive des travailleurs détachés, le président du Medef a fait savoir que "le dumping social constituait la seule ligne rouge" dans ce domaine. S'il se dit favorable à la mobilité des travailleurs au sein de l'Union européenne, il a reconnu que l'objectif principal était néanmoins la lutte contre la fraude, appelant du même coup à "une meilleure harmonisation européenne" sur le sujet.