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Présidentielle 2017 : ce que veulent les candidats à la primaire de la gauche pour les PME

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Dans le cadre de l'élection présidentielle, Chef d'Entreprise vous présente les programmes économiques de tous les candidats. Réunis par la CPME, mercredi 11 janvier 2017, cinq aspirants à gauche ont exposé leurs idées pour les entreprises et échangé avec des dirigeants. Revue de détails.

Présidentielle 2017 : ce que veulent les candidats à la primaire de la gauche pour les PME

À la veille du premier débat télévisé entre les candidats à la primaire de la gauche, cinq d'entre eux ont fait le déplacement à la CPME (ex-CGPME), mercredi 11 janvier 2017, pour s'adresser aux dirigeants de TPE et PME.

Pendant près de trois heures, Arnaud Montebourg, Sylvia Pinel, Jean-Luc Bennahmias, François de Rugy et Manuel Valls se sont succédé pour présenter leur feuille de route en faveur des dirigeants.

S'ils se sont accordés pour redire leur attachement au dynamisme des petites et moyennes entreprises, les prétendants à l'élection présidentielle ont également réitéré leur souhait de simplifier davantage la vie des entreprises.

Soutenir la compétitivité des PME

Pour aider les entreprises à investir, Arnaud Montebourg préconise la création d'une "banque d'encouragement au risque" qui cautionnera 90 % des crédits des petites entreprises.

L'ancien ministre de l'Économie veut aussi améliorer l'accès des PME aux marchés publics en leur réservant 80 % de ces marchés. Une promesse fondée sur une série de mesures comme une réforme de la tutelle de l'UGAP (Union des groupements d'achats publics).

De son côté, Sylvia Pinel veut mettre en place des incitations financières à l'embauche en CDI pouvant prendre la forme d'un crédit d'impôt.

Jean-Luc Bennahmias propose, quant à lui, d'instaurer un dispositif d'incitation à l'embauche pour les TPE via la suppression des charges pour l'embauche d'un salarié durant les deux premières années.

Alléger la fiscalité

En matière de fiscalité des entreprises, nombreux sont les candidats à souhaiter baisser les charges. Le CICE a cristallisé les attentions des candidats. Arnaud Montebourg propose par exemple de le réorienter vers les secteurs créateurs d'emplois et dans le même temps de réallouer un quart de l'enveloppe vers les ménages, via des réductions d'impôts.

La présidente du Parti radical de gauche, Sylvia Pinel, a expliqué sa volonté de le supprimer entièrement afin d'allouer cette somme à une baisse de l'IS avec un taux maximum à 20% et dégressif.

Un dispositif qu'elle souhaite financer par la suppression des cotisations des entreprises à la branche famille de la Sécurité sociale. Cette mesure est également envisagée par le candidat écologiste, François de Rugy afin de baisser le coût du travail.

De son côté, après avoir vanté les bienfaits du CICE sur les entreprises et rappelé l'importance de "garder une stabilité fiscale", l'ancien Premier ministre, Manuel Valls, a évoqué son souhait de sanctuariser le CIR (crédit impôt recherche).

Défendant "un projet européen fort", Jean-Luc Bennahmias a expliqué que le développement des entreprises françaises passait par une harmonisation des pratiques en Europe. "Tant qu'il y aura des distorsions de concurrence entre la France et ses voisins, les TPE et PME françaises seront toujours en décalage", a-t-il précisé.

Rapprocher l'entreprise de ses salariés

Après avoir rappelé la place centrale des entreprises dans la croissance, dont elles sont les premières actrices, Sylvia Pinel a évoqué aussi la nécessité pour elles de se réformer "pour créer de la confiance" entre elles et leurs salariés.

Cette réforme repose sur une meilleure répartition des fruits du travail ou encore sur l'ajout aux accords d'entreprise d'une clause d'intéressement aux bénéfices de l'entreprise pour les salariés.

De son côté, Manuel Valls a rappelé l'importance du dialogue social et reconnu l'émergence de syndicats progressistes, notamment dans le cadre des négociations sur la loi Travail.

Améliorer le RSI

Qualifié de "scandale" par Arnaud Montebourg, le régime social des indépendants (RSI) fait l'objet de toutes les attentions à gauche comme à droite. Ainsi, l'ancien ministre du redressement productif souhaite acter une baisse de sept points de la CSG payée par les indépendants afin de l'aligner sur le taux général.

En parallèle, il a expliqué qu'il était inenvisageable de prélever les indépendants avant même qu'ils aient pu commencer à travailler. Il souhaite instaurer une progressivité des cotisations des indépendants. Sylvia Pinel a indiqué vouloir entamer une réforme du RSI mais sans en préciser les contours.

Et aussi

La question du compte pénibilité, polémique au sein des entreprises, a seulement été évoquée par Sylvia Pinel. Interrogée par la CPME sur le sujet, la candidate ne souhaite a priori pas le supprimer mais indique la nécessité que davantage de référentiels soient créés au sein des branches professionnelles pour que ce compte puisse entrer en application et que son impact puisse être mesuré.

La candidate a également évoqué l'apprentissage et, dans la lignée du travail déjà entamé par le gouvernement, la nécessité de le valoriser par un certain nombre de mesures adaptées. "Il est important que les chefs d'entreprise puissent intervenir auprès des jeunes", a-t-elle ajouté.

Autre question au coeur de la campagne présidentielle : le revenu universel, sujet brièvement abordé par Jean-Luc Bennahmias, le député européen y est plutôt favorable: "Ce n'est pas une aide sociale mais une aide à la création d'entreprise, à la capacité entrepreneuriale", a-t-il assuré.

Pour voir ou revoir les vidéos de présentation de chaque candidat, cliquez sur son nom :
Arnaud Montebourg
Sylvia Pinel
Jean-Luc Bennahmias
François de Rugy
Manuel Valls (vidéo indisponible suite à un problème technique).

Retrouvez prochainement sur Chef d'Entreprise le programme complet du candidat vainqueur à la primaire de la gauche des 22 au 29 janvier 2017.