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Quand le sport extrême nourrit l'entrepreneuriat

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Quand le sport extrême nourrit l'entrepreneuriat

A 35 ans et 46 kilos, Stéphanie Gicquel affiche un sacré palmarès, dont le record de la plus longue expédition réalisée en Antarctique par une femme sans l'aide du vent. Des antipodes, cette avocate rapporte chaque fois de précieuses leçons pour l'entreprise

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Pendant longtemps, cette coureuse longue distance faisait du private equity entre deux expéditions polaires. Jusqu'au jour où Stéphanie Gicquel a décidé, pour partager ces expériences, d'y consacrer tout son temps quand elle n'est pas sur la banquise. Car les parallèles sont nombreux. "L'entreprenariat, c'est une aventure", sourit ce petit brin de femme qui compte plusieurs expéditions polaires, dont la traversée de l'Antarctique via le Pôle sud, soit 2045 km, mais aussi des dizaines d'ultra-trails, courses à pied sur plus de 150 km... Bien sûr, elle voit dans le sport un vecteur de bien-être précieux, utilisable en entreprise. "Cela permet d'éviter la saturation, même dans les métiers les plus passionnants", assure-t-elle.

Il n'est évidemment pas question de mettre tout le monde à la course à pied sur longue distance, mais le sport, quel qu'il soit, apporte une bouffée d'oxygène bienvenue . Cet état d'esprit, elle estime qu'il faut savoir l'insuffler en tant que manager : "offrir, de temps en temps, à un collaborateur, de la souplesse pour qu'il puisse s'épanouir par ailleurs, ce n'est pas contre-productif, bien au contraire !" affirme-t-elle. La raison ? Cela lui permettra de mieux se connaître et de se fixer des objectifs élevés demandant le dépassement de soi pour les atteindre.

Savoir s'entourer

Stéphanie Gicquel, avocate et sportive de l'extrême

Cela passe bien sûr par le travail, comme ces footings dans des entrepôts frigorifiques en guise de préparation qui ont été le quotidien de cette femme pleine d'énergie. Mais aussi l'ouverture d'esprit : "il est capital de s'entourer de personnes venues d'autres horizons, qui ont elles-mêmes rencontré et surmonté des obstacles. Car, en matière d'objectifs élevés, de l'idée à l'action, le chemin est parfois long", confie-t-elle.

De ces mois passés à convaincre des sponsors, Stéphanie Gicquel retient une chose avant tout : "la contrainte financière et logistique permet de mesurer sa motivation". Tout en continuant, pendant ces démarches, à se préparer. "On met le stress à distance en imaginant des obstacles plus grands que ceux auxquels on aura à faire face", dévoile-t-elle.

Identifier ses faiblesses

Un temps pendant lequel il est capital d'identifier les points forts et les points faibles de chacun. Car les objectifs élevés ne s'atteignent pas seuls. "En expédition, la plupart des compétences comme, par exemple, savoir monter la tente ou gérer le réchaud, sont partagées. Et elles sont toutes aussi importantes", souligne-t-elle.

C'est pour cela, aussi, qu'il faut savoir exprimer ses faiblesses : "sur une expédition de trois mois, on peut tout à fait être moins bien certains jours. Il faut savoir le dire et trouver des arrangements pour se ménager en adaptant le rythme par exemple. Car si un seul membre doit être secouru, c'est fini pour tout le monde". Le groupe est donc une unité qui fonctionne dans un jeu de confiance. "A condition de bien se connaître et d'être à l'écoute ", précise Stéphanie Gicquel, qui insiste sur l'envie : "quand l'objectif est atteint, on peut ressentir un certain vide par la suite. Il faut tout de suite réactiver la curiosité et l'envie !" En passant à un nouveau projet, naturellement.

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