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Le programme politique de Pierre Gattaz pour 2017

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Pierre Gattaz a lancé, mardi 30 août, l'université d'été 2016 du Medef, à Jouy-en-Josas (Yvelines). Dans son discours inaugural très politique, le président du Medef a présenté quatre réformes à mettre en place en faveur des entreprises françaises.

Le programme politique de Pierre Gattaz pour 2017

"À neuf mois des élections présidentielles, on peut faire gagner la France", c'est ainsi que Pierre Gattaz a illustré son discours inaugural de l'université d'été du Medef. Le président du Medef s'est attaché à maintenir, en filigrane de son discours, un ton très politique alors que l'échéance des élections présidentielles approche.

"L'objectif de croissance ambitieuse et le plein-emploi doivent être la clé de voûte d'une politique économique et sociale digne de ce nom", a expliqué Pierre Gattaz, ajoutant que cela "devra représenter 70 % du programme politique des potentiels candidats".

Devant un parterre de chefs d'entreprises, Pierre Gattaz a délivré son programme politique à destination des futurs candidats et mit en avant les réformes qu'il souhaiterait voir mettre en oeuvre dans l'avenir.

Le patron des patrons s'est ainsi positionné en faveur d'une remise à plat de la fiscalité des entreprises. "Trop de charges tuent les entreprises et donc l'emploi", a-t-il assuré, précisant qu'il souhaitait "une fiscalité simple, lisible et stable dans le temps". L'objectif est, selon lui, de rester compétitif face aux voisins européens.

Pierre Gattaz s'est également exprimé sur le marché du travail, qu'il a qualifié de "verrouillé" et a mis en avant sa volonté de voir le dialogue social simplifié. Pour cela, il prône la suppression ou le lissage des seuils sociaux, ainsi que la création d'une instance unique de représentation des salariés.

Par ailleurs, Pierre Gattaz s'est attaqué à la complexité des démarches administratives en France. "Trop de bureaucratie tue l'agilité et la rapidité", a réagi le président du Medef. "Cessons de surtransposer les directives européennes et d'accumuler les lois, les décrets sans jamais en supprimer".

Enfin, parmi les réformes à mener, Pierre Gattaz s'est prononcé en faveur d'une politique de formation efficace, alliant l'enseignement et le monde de l'entreprise. Selon lui, la France doit "considérer la formation comme un investissement". Il s'est dit favorable à "une revalorisation des métiers techniques, de l'apprentissage et de l'alternance".

"Un libéralisme humain"

Pendant près d'une trentaine de minutes, le président de la première organisation patronale s'est montré sévère à l'encontre des politiques menées ces dernières années, tout en appelant à un "libéralisme humain". "L'ambition commune doit donc être de tracer une nouvelle voie entre un libéralisme parfois aveugle et sauvage et un socialisme souvent immobile et démotivant".

Après avoir listé les difficultés récentes auxquelles est confrontée la France et constaté que la société fait face à des ruptures importantes en matière technologiques, économiques, sociétales et environnementales, Pierre Gattaz a souhaité y répondre en présentant les atouts dont dispose la France : "Une recherche performante, des ingénieurs qualifiés, une grande créativité, des filières d'excellence, une culture numérique très développée et un écosystème de start-up reconnu". Il s'est également dit convaincu que la France devrait "devenir la Silicon Valley de l'Europe à l'horizon de dix ans".

Tout en appelant les dirigeants d'entreprise à persévérer dans leurs actions, Pierre Gattaz a conclu son discours par un appel: "Après les 30 piteuses, construisons ensemble les 30 audacieuses".