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La revue de presse éco de la semaine (24 au 28 avril)

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Vous n'avez pas eu le temps de suivre l'actualité cette semaine ? Pas de panique. Nous vous proposons un petit tour de l'actualité économique du 24 au 28 avril 2017. Au programme : crédit impôt recherche, brevets, l'incubateur Les Premières, Macron et l'environnement start-up.

La revue de presse éco de la semaine (24 au 28 avril)

Le bilan "mitigé" du crédit impôt recherche

"Un résultat mitigé en dépit d'une politique fiscale de soutien à l'innovation courageuse". C'est le bilan que tire l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) à propos du crédit impôt recherche (CIR). Selon l'étude, le coût pour l'État dans sa politique de soutien à la recherche et développement s'élève à 0,37 % du PIB, alors qu'il est de seulement 0,08 % du PIB en Allemagne. À lui seul, le CIR concentre plus des deux tiers de la part de la richesse nationale dédiée à la recherche.

Un coût important mais qui n'empêche pas d'avoir des résultats sur le terrain, précise le rapport qui évoque des "effets d'aubaines". Si, sous l'impulsion du CIR, les entreprises investissent davantage dans la R&D, le résultat se mesure également en termes de recrutement des chercheurs. Entre 2007 et 2020, il devrait progresser de 25 %. À lire sur Les Echos.

La fraude au CIR commence à se voir

Le dispositif, destiné à soutenir la recherche et le développement serait matière à fraude. C'est le constat âpre dressé par France Inter. Une sénatrice a souhaité mettre en lumière le CIR et s'y est cassé le nez. Après six mois de travail pour rédiger une commission d'enquête, Brigitte Gonthier-Maurina s'est retrouvée face à un mur. En cause : une certaine opacité sur le dispositif. Des contrôles peu nombreux et pouvant être contournés. François, Consultant en entreprise témoigne : "J'ai connu une PME à qui le fisc réclamait un remboursement de crédit d'impôt de deux millions d'euros. Lors du contrôle, l'inspection leur a laissé plusieurs semaines de délai pour fournir les justificatifs. Cela m'a permis de leur rédiger un rapport solide qui a permis de baisser la facture de 2 millions à 500 000 euros ."

Pour l'économiste Dominique Plihon, professeur d'économie financière à Paris XIIIe et membre des Économistes atterrés, la mesure n'a pas eu l'impact escompté : "Cela n'a pas stimulé la recherche privée puisque nous restons dans le classement international en matière de développement inférieur à celui de nos principaux voisins et concurrents", déplore t-il. Il ajoute, pessimiste : "Je crois que 40% des dépenses déclarées par les entreprises n'ont pas de rapport direct avec la recherche et le développement. Il s'agit plutôt de dépenses commerciales et administratives."

Dans l'analyse livrée par France Inter, des témoignages accablants font état de fraudes avérées commises au sein d'entreprises bénéficiaires. Patrick, un salarié, raconte : "On m'a demandé de créer de faux articles de recherches. J'ai fait un rapport et puis je leur ai dit que je ne voulais plus en faire".

Diagnostic : le coût du CIR aurait explosé et se serait transformé, à certains égards, en dispositif de fraude fiscale. D'après un rapport de la Cour des Comptes, entre 2007 et 2011 le nombre d'entreprises bénéficiaires du CIR a doublé. "Leurs créances fiscales sont passées d'1,8 millions à 5,7 millions d'euros, soit un quasi-triplement", mentionne le rapport. Et les contrôles n'ont pas été étalonnés pour pister toutes les fraudes occasionnées.

La DGFIP (direction générale des finances publiques) a en effet interdit le contrôle des entreprises qui touchent moins de 100 000 euros de CIR par an. En outre, l'impact sur l'embauche des jeunes docteurs n'a pas été avéré et son taux aurait même baissé. François Hollande a réaffirmé à plusieurs reprises ne pas vouloir toucher au CIR au cours de son mandat. En ligne de mire : l'attraction d'investisseurs étrangers sur le territoire. Le dispositif a donc les pieds pris dans le tapis entre cadeaux fiscaux non légitimes et levier de l'innovation qui ne saurait être remis en cause.

Représentativité : le Medef devance la CPME et l'U2P

La Direction générale du travail a communiqué son état des lieux de la représentativité patronale. Avec une audience salariée de 70,72 % pour 123 387 entreprises, le Medef devance la CPME qui fédère 3 millions de salariés (25 %) pour 144 939 entreprises. L'U2P termine troisième syndicat patronal, en comptabilisant 507 855 salariés (4,22 %) réunis dans 150 605 entreprises adhérentes.

Alors qu'il dénombre le plus d'entreprises syndiquées, l'U2P déplore, dans un communiqué, le mode de comptabilisation de la représentativité patronale. "Le système de mesure de l'audience des organisations patronales privilégie en effet les effectifs salariés par rapport au nombre d'entreprises", précise l'organisation. Un sujet d'importance pour l'U2P puisque le poids de chaque organisation conditionne à la fois une partie des ressources financières dévolues aux syndicats et leur poids au sein de du Fonds pour le financement du dialogue social (AGFPN).

C'est la première fois que la représentativité patronale est ainsi calculée, selon Le Monde. La loi sur la formation professionnelle de 2015 et la loi Travail ont, en effet, imposé un cadre juridique.

La Commission Européenne se penche sur la protection sociale des citoyens de l'UE

Poser un socle européen des droits sociaux. C'est, selon Le Monde, le sens d'une proposition que devait adopter la Commission Européenne mercredi 26 avril (et qui l'a effectivement été, selon un communiqué de la Commission). Objectif : renforcer la protection sociale des citoyens des États membres.

Sur trois thématiques - mêmes opportunités d'accès pour tous au marché du travail, conditions de travail équitables, protection sociale plus "inclusive" - la Commission énonce une vingtaine de grands principes."[Elle] se prononce par exemple - c'est nouveau - pour un salaire minimum dans chaque État membre, qui devrait tenir compte des évolutions du niveau de vie et des besoins élémentaires des travailleurs", explique Le Monde. Autre sujet : l'équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée.

"Mme Thyssen [la commissaire belge aux questions sociales, ndlr] veut par ailleurs faire adopter une réécriture de la directive sur le temps de travail, dont la dernière mouture date de 2003 [...] Enfin, la Commission a annoncé le lancement de consultations avec les partenaires sociaux européens, en vue d'une révision de la directive sur les contrats de travail datant d'il y a vingt-cinq ans, à une époque où les plates-formes du type Uber n'existaient pas", détaille le quotidien.

La proposition n'a pas de valeur contraignante.

Brevets : le retard inquiétant des start-up françaises

Détenir des brevets multiplie par trois les chances de réussir à 10 ans, selon une étude publiée le 19 avril par France Brevets, un fonds public dédié à la propriété intellectuelle. Pourtant, l'organisme note que les start-up françaises accusent un retard trop important en la matière face à leurs homologues étrangères de la Silicon Valley, du Royaume-Uni ou de l'Allemagne.

Une préoccupation qui s'étaye, d'après La Tribune, par la tendance des entrepreneurs français tardant à déposer la propriété de leurs innovations : seules 15 % des pépites françaises possèdent au moins un brevet alors que la moyenne mondiale s'établit à 20 %.

Selon France Brevets, cette situation s'explique, à la fois par l'attitude des entrepreneurs qui ne considèrent par le dépôt de brevets comme une vision stratégique et par la volonté des investisseurs, engagés dans une logique court-termiste, pour laquelle le ROI prime.

Start-up : le réseau d'incubateurs Les Pionnières rebaptisé Les Premières

Fédérant une quinzaine d'incubateurs en France et à l'étranger - il était initialement adossé à l'un d'entre eux, Paris Pionnières -, le réseau d'incubateurs Les Pionnières change de nom. Depuis le mardi 22 avril, il s'appelle Les Premières. "Il est temps pour nous de faire grandir le modèle", indique aux Échos Claire Saddy, sa présidente.

Au-delà du changement de nom, le réseau affiche aussi de nouvelles ambitions. Il a récemment mis en place une école des ventes pour "apprendre aux femmes à se vendre", développe Claire Saddy. Une école du digital, pour les aider à digitaliser leurs modèles, devrait suivre. Par ailleurs, Les Premières souhaite également se rapprocher davantage des entrepreneuses dans les zones rurales à travers une offre adaptée (en construction).

Amsterdam, un terrain favorable au fleurissement des entreprises françaises

Renforcer les liens entre Amsterdam et la French Tech au bénéfice des start-up tricolores. C'est l'objectif d'un partenariat signé entre Paris&Co, agence de développement économique et d'innovation de Paris, et StartupAmsterdam, agence de développement de la ville dédiée au secteur.

La capitale néerlandaise dispose d'un certain nombre d'atouts à faire valoir auprès des jeunes pousses françaises, à commencer par le dynamisme de son écosystème entrepreneurial. "Amsterdam accueille quelque 940 start-up profitant d'un dense réseau d'incubateurs [...] Une infrastructure qui place la capitale néerlandaise dans le trio de tête - à côté de Londres et Stockholm - dans un classement des 35 villes européennes les mieux armées pour soutenir les entrepreneurs", explique Les Échos.

Autres atouts : "La pratique de l'anglais est très répandue, l'environnement fiscal est propice et la législation en matière de droits intellectuels est favorable", selon une entrepreneuse française installée sur place.

Macron, candidat des start-up ?

Pour doser l'intérêt des dirigeants d'entreprise pour Emmanuel Macron, Le Figaro a récolté leurs témoignages à l'issue du second tour. Le candidat, leader du parti En Marche ! était perçu par 72% des start-up comme un candidat favorable à leur dynamique et à hauteur de 48% pour les TPE-PME, selon un sondage réalisé par France Digitale en partenariat avec Ifop-Fiducial.

Pour Vincent Huguet, patron d'Hopwork, Emmanuel Macron est parfaitement au courant des besoins des entrepreneurs et sa dynamique pro-européenne est un élément crucial. Il incarne un vent de jeunesse et de nouveauté et véhicule un message sain pour le monde de l'entreprise, d'après Guillaume Gibault (LeSlipFrançais) qui loue la confiance qu'on lui accorde malgré son jeune âge comme symbole de renouveau. Anne-Charlotte Vucino, fondatrice de Yogist déclare avoir voté pour lui dès le premier tour mais réclame que le candidat n'entretienne pas les clichés selon lesquels la vie d'entrepreneur serait facile et un long fleuve tranquille. Quant à Quentin Sannié, p-dg de Devialet, il estime que s'il avait dû faire de la politique, "il le ferait comme cela". Pour lui, le discours du candidat à propos du droit à l'échec est novateur, voire indispensable.

Voyages-sncf.com propose du Media for Equity à une jeune pousse

RendezvousChezNous, c'est le nom de la jeune pousse qui s'est attiré les faveurs de la filiale e-commerce de la SNCF. Pour prendre en visibilité, Voyages-sncf.com a pris une participation dans la start-up de mise en relation de touristes et de professionnels du tourisme pour proposer des expériences originales dans les villes visitées. Plutôt que de mettre la main au porte-monnaie, Voyages-sncf.com s'est inscrit dans une démarche de Media for Equity auprès de la jeune pousse. Elle s'est donc engagée à doper sa popularité, dont elle bénéficiera par la suite en cas de succès de la plate-forme auprès du public.

Une première pour Voyages-sncf.com qui assure que les offres de la petite entreprise seront désormais mises en avant sur son site, au travers d'espaces publicitaires, commente l'Usine Digitale. Mais les deux entités se connaissaient depuis quelque temps, tandis que RendezvousChezNous a intégré le programme d'accélération Act 574 lancé par la plate-forme e-commerce. De quoi lui assurer davantage de visibilité. L'histoire pourrait donc se répéter pour d'autres jeunes pousses ultérieurement.

Quand la France séduit un entrepreneur américain

L'entrepreneur californien Rob Spiro va lancer un accélérateur de start-up à Nantes. Cofondateur (entre autres) du moteur de recherche social Aardvark, revendu 50 millions de dollars à Google, le chef d'entreprise est certain de l'intérêt de la ville pour les entreprises. ''Pour Rob Spiro, les atouts de la ville sont nombreux : une certaine qualité de vie, des écoles d'ingénieurs, de design que de commerce de qualité, une culture tournée vers l'innovation et la créativité, des pépites dans le numérique et la tech", assure L'Usine Digitale.

Baptisé Imagination Machine, cet accélérateur aidera, deux fois par an, cinq start-up du monde entier à se développer, durant trois mois. Un accompagnement financier sera également proposé à chacune (100 000 euros en prestations et cash). Le lancement officiel est prévu début juin.

Monter sa start-up avec 1000 euros

L'essor du numérique facilite l'accès à l'entrepreneuriat. C'est ce que révèle une étude commandée par la plateforme logicielle Stripe, pendant américain de SlimPay, dédiée à la gestion des transactions bancaires en ligne. Entre 2000 et 2016, l'investissement moyen pour démarrer une activité de service en ligne est passé de 5 millions d'euros à 1000 euros, calcule Le Figaro.

Un gain économique conséquent accordé par la dématérialisation des services dans le cloud, la démultiplication de formules à l'abonnement pour les solutions logicielles professionnelles et la baisse des besoins en matériel "physique" (serveurs, stockage...). Une mutation, appuyée par Christopher Abboud, porte-parole de Stripe : "Au début des années 2000, une start-up devait acheter ses serveurs, des logiciels... Et prendre le risque de lancer son projet sans faire d'étude de marché".

Aujourd'hui, l'étude de marché a été remplacée par des tests "sur le terrain" de la clientèle. Le financement participatif a permis aux start-up du numérique d'obtenir des feedbacks de leurs clients sur des produits en pré-industrialisation... Les start-up sont ainsi plus agiles et leur déploiement économique. Toutefois, le passage de la start-up à la PME coûte cher, surtout en matière de masse salariale incontournable comme les développeurs.

C'est dans la phase de décollage que l'entreprise va avoir à se frotter au noyau dur de l'entrepreneuriat. C'est aussi pour les accompagner à ce moment critique que de nombreux accélérateurs ont vu le jour en France ces dernières années.