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La revue de presse éco de la semaine (23 au 27 avril)

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Vous n'avez pas eu le temps de suivre l'actualité économique cette semaine ? La rédaction vous propose de découvrir ce que vous avez pu rater du 23 au 27 avril 2018. Au programme : fiscalité made in France, conséquences des grèves, défaillances, Bruxelles, plan Banlieue et Checkr.

La revue de presse éco de la semaine (23 au 27 avril)

Une fiscalité pour favoriser le Made in France ?

Pas de nouvel impôt mais sans doute un allègement de la fiscalité qui pèse sur la production française. C'est en tout cas l'idée sur laquelle planche Bercy pour favoriser "l'outil industriel français". En ligne de mire des économistes du ministère de l'Économie : les impôts prélevés sur le compte de résultat des entreprises qui n'existent qu'en France qui correspondrait à 72 milliards d'euros de recettes fiscales.

Parmi les taxes dans le viseur, le site Les Échos avance la C3S, le versement transport, le forfait social, la taxe sur les salaires, la contribution au FNAL (logement), l'apprentissage et les nombreuses taxes sectorielles. Si toutes les pistes sont sur la table, le principal reproche fait à ces taxes est leur caractère obligatoire même si l'entreprise fait face à des difficultés, ils ne reflètent pas toujours leurs capacités contributives. "Payer un impôt sur les bénéfices nous paraît normal. Mais payer sur un robot, alors que vous vous êtes endettés pour investir, est une aberration économique.", précise Bruno Grandjean, chef d'entreprise au quotidien économique.

Les patrons de PME s'inquiètent des conséquences des grèves

Le mouvement de grève à la SNCF et à Air France ne gêne seulement les usagers mais pèsent sur l'activité économique, avec l'inquiétude que la durée du mouvement n'impacte les entreprises. Si les secteurs de l'hôtellerie, de la restauration et plus largement du tourisme sont les principaux touchés, les petites et moyennes entreprises voient d'un mauvais oeil la suite du mouvement, d'après Le Monde (réservé aux abonnés). Une consultation de la CPME auprès des dirigeants de PME dévoile que près des trois quarts des entreprises déclare subir la grève du fret ferroviaire.

Une situation qui les oblige bien souvent à s'adapter et à privilégier le transport routier, avec le surcoût que cela engendre. Pour rassurer les entreprises, le patron de la SNCF a dit vouloir nommer un "correspondant PME pour trouver une solution aux entreprises en difficultés".

Les défaillances d'entreprises continuent de baisser

Des chiffres meilleurs qu'espérés. C'est le constat fait par Thierry Millon, directeur des études d'Altares à l'occasion du bilan trimestriel des défaillances d'entreprises. Sur les trois premiers mois de l'année 2018, 14 300 entreprises ont été liquidées, un chiffre en baisse de 8,7% par rapport à la même période il y a un an. "De 2009 à 2017, plus de 17.000 entreprises connaissaient une défaillance chaque premier trimestre. Le début de 2017 avait marqué une rupture en tombant sous les 16.000 défaillances. Avec 14.300 jugements prononcés ce premier trimestre, 2018 consolide l'amélioration et se rapproche du premier trimestre 2008. On revient à un niveau d'avant crise", se félicite Thierry Millon.

D'autant que ces bons chiffres se retrouvent matériellement sur les chiffres de l'emploi. Le journal Les Échos explique qu'après une décennie où chaque premier trimestre connaissait une moyenne de 60 000 emplois menacés, le début d'année 2018 marque la sauvegarde de près d'un tiers d'entre eux pour n'afficher "que" 44 000 postes menacés. C'est dans les TPE que le risque de défaillance est le plus clair puisqu'elles concernent 94 % des dossiers.

GAFA : Bruxelles au chevet des PME

Bruxelles prend le parti des petites entreprises en lançant une offensive contre les grandes plateformes du net. La Commission européenne propose de nouvelles règles commerciales pour ménager et améliorer les relations entre ces géants comme Google ou Amazon et les PME. A travers un acte législatif contraignant, les commissaires s'attaquent aux clauses contractuelles et les pratiques commerciales jugées déloyales ou trop peu transparentes, d'après Le Point.

Des mesures qui doivent régir les environnements proposés par les GAFA (places de marché, magasins d'applications, moteurs de recherche et comparateurs de prix) auquel ont accès les entreprises pour qu'ils soient plus équitable, transparents et prévisibles. Avant d'être valable, le règlement doit encore être approuvé par les États membres de l'UE et le Parlement européen.

Plan banlieue : Borloo veut mettre les entreprises à contribution

L'ancien ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo, a présenté jeudi 26 avril son rapport sur les banlieues. À travers 19 préconisations pour soigner les maux qui touchent l'exclusion des citoyens dans les quartiers sensibles, il préconise notamment d'impliquer les entreprises dans le projet. Parmi les mesures, l'ancien ministre propose par exemple d'imposer l'apprentissage dans les entreprises de plus de 250 salariés sous peine de sanctions plus lourdes. Dans une interview au Monde, il déplore vivement que "les entreprises françaises ne se sentent pas du tout impliquées dans la formation et la qualification des Français, leurs futurs salariés."

D'autre part, Jean-Louis Borloo souhaite ouvrir plus largement les emplois aidés, en particulier dans le sport afin d'en faire un vecteur d'intégration. Il vise ainsi le financement de 15 000 emplois francs dans les associations, l'intérim ou les services à la personne dès 2019. À lire sur Les Echos.

USA : deux Français lève 100 millions de dollars pour Checkr

La start-up californienne Checkr - qui vérifie pour le compte de tiers les antécédents de salariés - a levé début avril cent millions de dollars. Fondée par deux Français exilés aux États-Unis pour l'aventure entrepreneuriale, la jeune pousse a pu réunir au total plus de 150 millions d'euros depuis son lancement il y a quatre ans, rapporte Les Échos. Un tour de table conséquent qui permettra à Checkr "d'investir dans l'intelligence artificielle et le machine learning pour améliorer la vitesse et la qualité de nos 'checks'", explique un des fondateurs, Daniel Yanisse.

Implantée sur un marché très développé aux États-Unis et qui pèse pour près de 3 milliards de dollars, Checkr propose une solution à ses clients professionnels de vérifier rapidement - entre 24 et 48 heures - les antécédents des salariés grâce à une interface intégrée au processus interne de recrutement de ses clients. Elle réalise un million d'euros de vérification chaque mois et compte 10 000 clients. L'autre enjeu de ce tour de table est de parvenir à redéfinir l'offre commerciale et toucher ainsi davantage de clients : "les grandes marques américaines de la distribution et de l'intérim" avec l'enjeu de devenir leader du marché.

Un patron licencie tous ses salariés... par texto

Le patron d'une entreprise de sécurité a envoyé un SMS à l'ensemble de ses 430 salariés pour les informer de leur ... licenciement. Une décision qui intervient après le placement en liquidation judiciaire de la société Bodyguard basée à Evry (Essonne). Aussi étonnante et brutale soit-elle, cette pratique est légale.

Si le Code du travail indique que l'employeur doit notifier au salarié par lettre recommandée avec avis de réception la décision de le licencier, la justice s'est adaptée aux évolutions des usages et de la société, rappelle BFM Business. Une décision de la Cour de Cassation de 2013 fait part de la seule obligation pour l'employeur de s'assurer que le salarié a bien réceptionné le message, que ce soit un mail, un courrier et donc un SMS.

Revolut, la fintech britannique lève 250 millions de dollars

Pour faire de sa start-up "l'Amazon de la banque", Nikolay Storonsky voit loin ! La fintech, première licorne des néobanques en Europe, annonce avoir levé 250 millions de dollars, quelques mois après en avoir déjà réuni 66 millions, d'après La Tribune. Banque d'un nouveau genre entièrement numérique, Revolut propose une offre complète, du paiement en devise sans frais à de l'assurance mobile ou de la crypto-monnaie. Avec 2 millions d'utilisateurs, elle vise les 100 millions à cinq ans pour s'affirmer comme le leader parmi les nouveaux acteurs sur le marché des néobanques.

Ce tour de table faramineux sera utilisé pour financer son développement dans le monde entier en particulier aux États-Unis et en Asie.

Danone veut davantage engager ses salariés

Impliquer les 100 000 salariés de Danone dans la prise de décision, c'est l'objectif de la décision d'Emmanuel Faber de rompre avec le système jusqu'ici en place dans le groupe en passant d'un management pyramidal à un système horizontal. Analysant que les métiers de l'alimentaire sont "au bout d'un modèle" en raison de la défiance des millenials, à l'évolution des habitudes des salariés ainsi qu'à la volonté de suivre la tendance de consommation "plus saine et plus durable", Emmanuel Faber veut associer ses salariés en changeant la gouvernance.

"Le programme 'Une personne, une voix, une action' va donner le pouvoir à nos équipes d'aller chercher l'avenir, d'en détenir les clés avec nous", explique au Monde le p-dg. Dans la pratique, les salariés toucheront également chacun une action du groupe, renforçant leur rôle lors de l'assemblée générale. Un moyen d'engager les salariés dans la gouvernance de l'entreprise. "La question est celle de l'engagement des salariés. Or, quand vous expliquez aux salariés qu'ils vont bénéficier d'un dividende multiplié, cela ne peut que renforcer leur engagement", ajoute-t-il.

Une démarche qui tend vers une des mesures prochainement inscrite dans la loi Pacte sur l'objet social de l'entreprise.