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La revue de presse éco de la semaine (16 au 20 janvier)

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Vous n'avez pas eu le temps de suivre l'actualité cette semaine ? Pas de panique. Nous vous proposons un petit tour de l'actualité économique du lundi 16 au vendredi 20 janvier 2017. Au programme : un secret d'agilité de Criteo, deux nouveaux fonds pour les start-up, des PME de la mode en forme...

La revue de presse éco de la semaine (16 au 20 janvier)

Quand Criteo jongle avec le droit

Ex-licorne française depuis qu'elle est entrée au Nasdaq en 2015, Criteo doit faire face aux enjeux liés à sa double identité franco-américaine. D'après Les Échos Business, sa directrice juridique, Nicole Kelsey, doit rivaliser d'inventivité pour naviguer entre les règles de droit français et américain. Une logique complexe à gérer au quotidien mais qui apporte agilité et réactivité à l'entreprise : "Notre vie est plus compliquée que celle des dinosaures car nous devons assimiler, en très peu d'années, des règles auxquelles ils ont pu s'acclimater pendant des décennies. Mais c'est ce qui rend notre quotidien beaucoup plus excitant" révèle-t-elle.

Plusieurs zones "troubles" pour Criteo : la question de la rémunération de ses administrateurs en jetons de présence - plus fréquente en France - ou en stock-options - plus fréquente aux États-Unis, Criteo a opté pour la solution hybride et rémunère en jetons de présence et y ajoute en fin d'année des stock-options pour les plus assidus. La question de la conformité de la culture d'entreprise pose à l'occasion également problème, surtout lorsqu'elle varie selon les pays (lorsqu'il est de mise de faire des cadeaux en nature en Chine et en Russie, et que ceci est fortement règlementé aux États-Unis et en Angleterre notamment). Et la jongle entre fiscalité, comptabilité et droit pur entre le pays de l'Oncle Sam et l'Hexagone achève de transformer Nicole Kelsey en caméléon du droit, tandis qu'elle doit trouver des réponses aussi conformes que rapides.

Compétitivité et attractivité : la France reste en difficulté

Pour la quatrième année consécutive, l'index "compétitivité et talent" réalisé par l'Insead, Adecco et le HCLI de Singapour classe 118 pays en fonction de leur niveau d'attractivité des talents. Et le bilan reste compliqué pour la France, qui se classe à la 24e place (22e en 2016). La Suisse, Singapour et le Royaume-Uni se partagent les trois premières places.

Selon Les Echos, la position peu attrayante de l'Hexagone s'explique notamment par des manquements en matière de système éducatif, de flexibilité du marché du travail, de mobilité ou d'esprit d'entreprise. Les auteurs de l'étude pointent également la régulation française ainsi que la fiscalité comme des freins à son attractivité.

À l'inverse, parmi les villes les plus attractives, Paris se positionne en septième position grâce notamment à son environnement favorable aux start-up.

Premier bilan (négatif) des élections dans les TPE

Entre 7 et 8 %. C'est dans cette fourchette que les syndicats estiment le taux de participation aux élections dans les TPE, organisées du 30 décembre au 13 janvier derniers pour inviter les salariés des petites entreprises à élire leurs représentants syndicaux. "Un fiasco" pour L'Usine nouvelle. La participation est en effet non seulement très faible mais aussi inférieure à celle enregistrée lors du scrutin précédent en 2012 (10,4 %). Deux facteurs d'explication : le calendrier du vote (une fois reporté, et ce, juste après les fêtes : difficile de faire campagne à cette période) et le fait que le syndicalisme est mal connu dans cette tranche de population.

Le site rappelle aussi ce qui constituait la nouveauté du vote cette année : "la création de commissions régionales dans lesquelles les salariés des TPE (et des particuliers-employeurs) seront représentés, chaque syndicat obtenant un nombre de places au prorata de ses résultats à ces élections. Ces commissions, dans lesquelles siégeront des représentants patronaux, devront dès le 1er juillet 2017 fluidifier le dialogue social dans les très petites entreprises". Les résultats seront connus le 3 février.

Les PME de la mode masculine ne connaissent pas la crise

La mode masculine connaît un bel essor pour des PME françaises dynamiques qui ont su trouver leur marché dans le luxe comme en prêt-à-porter, à l'instar des marques AMI, Lemaire ou encore Officine Générale, rapporte Les Échos. Des créateurs de mode confrontés à de nombreux obstacles : la prise de risque liée à la commercialisation d'une nouvelle collection, la difficulté d'évoluer entre coûts de production constants et gains en dent de scie et un marché moins dynamique que la mode féminine. Pour autant, ce marché qui représente 9,4 milliards d'euros, soit 30 % du secteur de la mode, semble moins subir la crise avec une perte de -1% enregistrée entre 2014 et 2015.

Il semblerait qu'à mesure que la mode masculine évolue et se diversifie, les PME parviennent à se frayer un chemin : "Ces petits marchés sont très dynamiques, avec une belle croissance qui contraste avec le reste du secteur. Ils sont de plus en plus investis par les créateurs", indique aux Échos Patricia Romatet, directrice d'études à l'Institut Français de la Mode. Des PME qui cartonnent à l'étranger avec 80% de leurs ventes hors de l'Hexagone. Elles sont notamment soutenues par des fonds tel que le fonds Mode et Finances (18 millions d'euros) proposé par Bpifrance ou encore celui de l'IFCIC (Institut pour le Financement du Cinéma et des Industries Culturelles) qui propose une enveloppe de prêts de garantie, soit des avances remboursables.

La chaussure connectée veut changer de pointure

" Il se vend 21 milliards de paires de chaussures par an dans le monde. Elles seront bientôt connectées et elles produiront des données dont toutes les applications restent à imaginer ". Une réalité qu'exploite déjà Karim Oumnia, ingénieur et président de Digitsole qui fabrique des semelles chauffantes et connectées.

Auréolé de son récent succès au CES - il est récompensé d'un trophée dans la catégorie sport -, l'entrepreneur n'en ai pas à son coup d'essai. Créateur de la marque d'équipement sportif Balisto, en 1998, Karim Oumnia a connu un succès immédiat et rapide, trop peut-être, comme il le raconte La Tribune. Face à une croissance de son CA exponentielle, le dirigeant tarde à assurer les fonds propres. " Une erreur ", selon lui alors que la crise de 2008 le contraint à vendre son entreprise, face au risque d'un dépôt de bilan.

Il rebondit sur le créneau de la chaussure, en 2009 avec Glagla Shoes, un soulier ultra-léger puis, en 2015 avec Smartshoe, une chaussure connectée et chauffante. Pour assurer le développement de son produit, Karim Oumnia veut diversifier les canaux de vente, souhaitant compléter une distribution en BtoC, fragile, par des partenariats avec de grandes marques. En parallèle, l'entrepreneur franco-marocain obtient une première levée de fonds de 4,5 millions d'euros. Une seconde est attendue à hauteur de 20 millions d'euros et projette de multiplier son CA par 5 en un an. Un pas de géant.

La start-up Lily en panne malgré 60 000 précommandes de ses drones

Le drone Lily Camera conçu par la start-up californienne Lily Robotics ne verra pas le jour. Ce drone "suiveur", capable de suivre et de filmer son propriétaire à la trace ne sera pas livré comme prévu, en février 2017 rapporte ITespresso. Et ce, malgré les 60 000 précommandes enregistrées au tarif unitaire de 499 dollars (environ 470 euros) par modèle, soit une trésorerie globale constituée de près de 30 millions d'euros et une levée de fonds complémentaire de 14 millions de dollars réalisée auprès de Winklevoss Capital et Spark Capital.

La mortalité précoce de la start-up Lily devrait sa chute à des problèmes de financement. 15 millions de dollars auraient manqué au moment du passage en production de masse et les investisseurs n'auraient pas suivi. Mais, si la start-up met la clé sous la porte, remboursant au passage la totalité des précommandes, la justice américaine ne s'en tiendra pas là. Un cabinet d'avocats de San Francisco a décidé d'attaquer la compagnie pour "publicité mensongère et pratique commerciale illégale". Les retards dans la livraison et l'arrivée massive sur un marché identique de géants concurrents auraient eu raison de la start-up. Un cas non-isolé si l'on observe les difficultés de sa consoeur française, Parrot. L'entreprise d'Henri Seydoux va en effet licencier un tiers de ses effectifs en France et à l'étranger faute de résultats satisfaisants au moment du bilan 2016. 290 postes sont concernés.

Campus Paris-Saclay : un fonds de 50 millions d'euros pour ses start-up

Initialement envisagé à 30 millions d'euros, le fonds d'amorçage du campus universitaire Paris-Saclay sera doté de 50 millions d'euros. Géré conjointement par Partech et Kurma Partners, le fonds vise à investir - en amorçage ou en pré-amorçage selon Les Echos Start - des tickets compris entre 50 000 et 500 000 euros.

Destiné aux étudiants, jeunes diplômés et chercheurs travaillant au sein du campus Paris-Saclay, le dispositif doit permettre à près d'une cinquantaine de pépites d'en bénéficier d'ici à 2020. Pour Jean-Marc Patouillaud, associé chez Partech, "au-delà de l'accompagnement financier, nous avons une mission pédagogique, afin de sensibiliser les doctorants, les diplômés, les étudiants, au monde de l'investissement et de l'entrepreneuriat".

Un objectif pédagogique avancé par les promoteurs du projet sur le campus, qui regroupe notamment l'université Paris-Saclay, HEC et l'école Polytechnique.

80 millions d'euros pour les start-up de la data

La société de capital-risque française Serena Capital lance un fonds d'investissement dédié aux start-up du big data et de l'intelligence artificielle. Ce fonds est doté de près 80 millions d'euros, récoltés auprès notamment de la BPI (20 millions d'euros) ou encore d'assureurs comme la Maif ou Allianz, et pourrait atteindre 100 millions l'été prochain.

Des enveloppes allant de 500 000 à 3 millions d'euros seront débloquées pour des start-up françaises mais aussi européennes en phase d'amorçage. La première élue est Heuritech, qui a mis au point une technologie de deep learning (apprentissage automatique) utilisée dans l'industrie de la mode. A lire sur La Tribune.

Intelligence artificielle : la France se mobilise

Valoriser la communauté française de l'intelligence artificielle. C'est l'objectif du projet France IA lancé par Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat chargée du numérique et de l'innovation, et Thierry Mandon, secrétaire d'Etat chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche, vendredi 20 janvier. Le projet repose sur la création de sept groupes de travail visant à dresser un état des lieux des efforts déjà réalisés dans ce domaine (formation, recherche, entreprise, start-up) et à recenser les besoins notamment en termes de financement.

" On a de très bonnes écoles, des chercheurs excellents, et d'un autre côté des start-up, des PME et des grandes entreprises qui ont besoin de ces compétences, mais la relation entre eux ne se fait pas complètement. On n'est pas dans une société où les chercheurs ont été incités à aller vers l'entreprise ", confie au Monde Bertrand Braunschweig, directeur de l'Inria, participant au projet.

Ça s'est passé cette semaine sur Chef d'Entreprise

- En 2017, le RSI évolue sous l'effet, notamment, de la dernière loi de financement de la sécurité sociale (LFSS). Nous vous proposons un tour d'horizon des principaux changements pour les assurés, qu'ils concernent les cotisations ou les prestations.

- Si la France regorge de PME performantes, il est souvent difficile pour elles de passer au stade supérieur et de réussir leur transformation en ETI. Réunis en table ronde cette semaine, des experts livrent leurs recommandations pour y parvenir.

- Présentée à moins de six mois de l'élection présidentielle, une enquête CESI/Ipsos/Le Figaro fait le point de ce qu'espèrent les dirigeants pour le prochain quinquennat. Les patrons attendent en particulier le futur président sur la fiscalité des entreprises. Découvrez toutes leurs attentes, ainsi que leur candidat préféré.