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La revue de presse éco de la semaine (8 au 12 mai)

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Vous n'avez pas eu le temps de suivre l'actualité cette semaine ? Pas de panique. Nous vous proposons un petit tour de l'actualité économique du 8 au 12 mai 2017. Au programme : Parrot, crowdlending, colère des artisans, prélèvement à la source et Code du travail.

La revue de presse éco de la semaine (8 au 12 mai)

Prélèvement à la source : Bercy force la main du futur gouvernement

Décriée par les chefs d'entreprise et alors que le président élu, Emmanuel Macron, a souhaité que soit tentée, avant sa généralisation, une expérimentation d'un an, la réforme du prélèvement à la source continue son processus d'implantation, pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2018.

D'après Le Figaro, Christian Eckert, secrétaire d'État au Budget, a fait publier au Journal officiel, deux décrets qui rendent désormais plus difficile le report de la réforme.

Portant sur les informations demandées par l'administration fiscale aux entreprises, ces deux décrets viennent accélérer le processus de mise en place de la retenue à la source par Bercy. Un coup de pression du gouvernement face aux volontés d'Emmanuel Macron, qui intervient alors que le prochain de la République n'avait pas prévu de légiférer sur la question avant l'automne. En attendant, les entreprises devront s'adapter à la nouvelle règlementation. Sauf si le chef de l'État précédait à l'abrogation des deux textes rapidement après son entrée en fonction, dimanche 14 mai.

Comment Macron veut faire évoluer le Code du travail

La réforme du Code du travail constitue l'une des priorités du nouveau président Emmanuel Macron. Comme le rappelle BFM TV, son projet de refonte repose sur plusieurs axes. Macron entend notamment renforcer la priorité des accords d'entreprise sur les accords de branches, réduire le nombre de branches (d'environ 700, à 50 à 100) et plafonner les indemnités prudhommales - une mesure polémique pour cette raison retirée de la loi Travail. Voilà pour le fond. Pour la méthode, il souhaite recourir aux ordonnances pour le faire.

Reste que, comme le souligne L'Express, le chemin pour y parvenir ne sera pas facile. Il lui faudra obtenir l'appui d'une majorité parlementaire, et cela, même en cas de passage par ordonnances, participer à une concertation avec les partenaires sociaux comme le prévoit la loi, et éviter la censure du Conseil Constitutionnel, qui s'était déjà prononcé sur les modalités (et non le principe) du plafonnement des indemnités prudhommales.

Pause déjeuner : un décret allège les obligations employeurs

Passé inaperçu durant le second tour de l'élection présidentielle, un décret publié le 4 mai 2017 allège les obligations des entreprises sur leurs obligations relatives à la pause déjeuner. Alors que les entreprises de plus de 25 salariés doivent proposer une salle aménagée de restauration, les entreprises se situant en dessous de ce seuil avaient la possibilité de demander une dérogation à l'Inspection du travail à la condition qu'elle propose un local pour déjeuner dans des conditions acceptables.

Selon Le Figaro, le décret déréglemente les obligations en remplaçant l'autorisation de l'Inspection du travail par une simple déclaration.

Parrot lance une gamme de drones pour les professionnels

L'année 2016 aura été complexe pour le Français Parrot avec un chiffre d'affaires décevant compte tenu des attentes : 257,7 millions d'euros contre 326,3 millions d'euros en 2015. En cause, la baisse d'activité sur la vente des drones due notamment à la concurrence effrénée sur le secteur, de la part d'adversaires très solides tels que le chinois Dji (1,5 milliard de dollars de CA en 2016, sur le même secteur des drones grand public).

Pour relever la tête, l'entreprise se lance dans les drones dédiés aux professionnels avec la nouvelle Parrot Professional. Trois nouveaux drones voient le jour, bâtis sur le modèle des engins grand public (Parrot Bebop et Disco), rapporte le magazine Frenchweb : le Parrot Disco Pro AG pour l'agriculture, le Parrot Bebop Pro Thermal pour réaliser des relevés de température, entre autres, le Parrot Bebop Pro 3D pour capturer des maquettes 3D pour les agents immobiliers, les architectes, artisans et assureurs.

Ces drones ciblent les secteurs de l'industrie, de l'agriculture, du bâtiment et de l'immobilier. Tout-en-un, équipés de solutions logicielles et de capteurs de précision, ils serviront d'outils d'aide à la décision et de collecteurs de données pour les indépendants et les PME. En début d'année, Parrot a fait savoir qu'il licencierait 290 salariés dont 150 en France pour limiter les pertes financières.

Une PME française (Astradec) collecte des fonds en Belgique

Pourquoi chercher chez soi ce que l'on peut trouver ailleurs ? La PME familiale Astradec, créée par Eric et Emmanuel Bée dans les années 80, s'est spécialisée dans le traitement des déchets. Pour trouver un financement et accélérer sa croissance, elle a fait appel à l'outil de crowdlending (financement participatif par prêt) belge Look&Fin. De quoi lui permettre de récolter 500 000 euros, en parallèle de sa dernière levée de fonds réalisée auprès de CAP3RI (Région Hauts-de-France, Crédit Agricole, Groupama et Banque européenne d'investissement).

D'après ITespresso, il aura fallu moins de 24 heures à l'entreprise pour collecter cette somme sur la plate-forme fondée en 2012. L'opération est venue alimenter la stratégie de la PME dont le chiffre d'affaires consolidé a atteint les 16 millions d'euros en 2016. Elle devra s'acquitter d'un remboursement étalé sur 48 mois avec un taux d'intérêt brut de 7%. Un bénéfice pour Look&Fin qui voit le développement de son activité dans le franchissement des frontières entre les pays européens. La France apparaît notamment comme un point d'ancrage de choix, car francophone.

Les artisans remontés contre les auto-entrepreneurs

"Concurrence déloyale", l'expression est lâchée par un boucher-charcutier du Pas-de-Calais, cité par Le Figaro (article payant). À travers plusieurs témoignages de commerçants indépendants, le quotidien revient sur la colère des professions artisanales face au développement des autoentrepreneurs. Bénéficiant d'un statut avantageux leur permettant de payer moins de charges et face au développement des abus comme le travail au noir, commerçants et artisans se plaignent de l'augmentation croissante d'entrepreneurs optant pour ce statut de la microentreprise, au risque de voir leurs activités menacées.

Alimentation, coiffure, beauté, bâtiment, de nombreux secteurs sont touchés et s'inquiètent avec l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République de voir leur métier concurrencé par les autoentrepreneurs. L'ancien ministre de l'Économie s'est toujours dit favorable à l'extension du statut au plus grand nombre.

Un accélérateur de start-up au Vatican

Alors qu'en avril 2017 le Pape François lançait, dans un TED Talk, un appel à l'égalité, à la solidarité et à l'inclusion sociale, Stephen Forte, investisseur et entrepreneur dans la Silicon Valley, a entendu son message. Le businessman a décidé de lancer, à Rome et en partie au Vatican, un accélérateur de start-up dédié à celles qui n'ont pas uniquement le profit en ligne de mire. "Celles ayant des projets relatifs à l'écologie, à la réduction de la souffrance liée à l'immigration, à l'amélioration des communautés urbaines ou encore celles mettant l'accent sur " le potentiel humain " seront concernées par ce programme", précise Les Échos.

" En tant que père et citoyen, je me dois de répondre au défi lancé par le pape François ", a expliqué l'entrepreneur dans une tribune publiée sur Medium, également citée par Les Échos. L'appel à projets pour la première session est lancé. Les candidatures sont possibles jusqu'au 7 juin via un site dédié.

Hollande à la Station F

Le futur ex-président François Hollande s'est rendu cette semaine à Station F, l'incubateur géant de Xavier Niel qui doit ouvrir ses portes cette année à Paris. La raison de sa visite ? L'officialisation de la transformation du projet "La France s'engage" en une fondation, que, selon ITespresso citant RTL, il devrait présider après son départ de l'Élysée.

Cette fondation vise à soutenir des projets innovants et solidaires. Sa présence au sein de Station F va de pair avec l'accès à des fonds pour financer ces initiatives. Le groupe bancaire BNP Paribas compte parmi ses sponsors.

La start-up Back Market lève des fonds

Près de sept millions. C'est le montant de la levée de fonds réalisée par la start-up Back Market, spécialisée dans la vente de produits électroniques reconditionnés, auprès d'Aglaé Ventures, holding du groupe Arnault (LVMH) et du fonds d'investissement Daphni. Objectif ? Se diversifier et poursuivre son expansion à l'international, où elle réalise déjà 30 % de son activité.

La start-up revendique son action en matière environnementale. "La démarche se veut écologique, puisque le reconditionnement permet de donner une deuxième vie à un produit sans passer par l'étape de la fabrication, principale source d'émissions de CO2", assure Le Figaro. Elle a connu une croissance rapide dans ce domaine d'activité. "Elle a réalisé un volume d'affaires de 3,7 millions d'euros en 2015 et visait les 20 millions en 2016. (...) De 32 personnes aujourd'hui, elle devrait passer à plus de 60 d'ici à la fin de l'année", indique le site du quotidien.