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La revue de presse éco de la semaine (27 novembre au 1er décembre)

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Vous n'avez pas eu le temps de suivre l'actualité cette semaine? Pas de panique. Nous vous proposons un petit tour de l'information économique du 27 novembre au 1er décembre. Au programme : nouvelle levée de fonds de Doctolib, Code du Travail, formation professionnelle, assurance chômage...

La revue de presse éco de la semaine (27 novembre au 1er décembre)

Le regard incisif de Thierry Petit (Showroomprivé) sur les licornes

Fondateur de Showroomprivé, Thierry Petit se veut critique sur le concept de licornes. "Je suis fatigué par ce concept de licornes. Elles créent de l'ambition pour plein de jeunes entrepreneurs avec une volonté de conquérir le monde. Mais en même temps, la profusion d'argent sur le marché entraîne des dérives", explique-t-il dans une interview aux Échos. Un regard acerbe alors que sa société apparaît comme une des potentielles futures licornes françaises à l'instar de Devialet ou Talentsoft.

Mais c'est surtout un moyen pour Thierry Petit d'analyser la vision des dirigeants de start-up, parfois trop précipitée et surtout trop fragile. "On se retrouve avec des sociétés qui n'ont pas de logique économique, qui veulent s'implanter dans 25 villes alors qu'elles ne sont pas même pas rentables dans la première", ajoute-t-il.

Doctolib lève 35 millions d'euros pour renforcer son assise

Doctolib n'en finit pas de grandir. Après avoir déjà réuni 26 millions d'euros lors de précédents tours de table en 2017, le spécialiste de la prise de rendez-vous médicaux sur internet annonce avoir bouclé une nouvelle levée de fonds de 35 millions d'euros auprès de Bpifrance et d'Eurazeo. Avec ce record d'investissement pour une entreprise de la e-santé cette année, la start-up présidée par Stanislas Niox-Chateau va pouvoir renforcer son développement en France et en Allemagne.

"On n'avait pas du tout prévu (les 35 millions d'euros de levée de fonds), mais comme la France a continué à s'envoler et que l'Allemagne était meilleure qu'attendu, on a avancé de 6-9 mois la levée de fonds pour pouvoir aller recruter", précise le cofondateur à Reuters, cité par La Tribune. 200 recrutements sont prévus - dont la moitié en Allemagne - pour venir renforcer l'équipe de 380 salariés. L'entreprise compte aussi améliorer son logiciel de gestion de rendez-vous et créer de nouvelles fonctionnalités.

Une assurance chômage pour tous les indépendants? Pas si sûr...

Accorder un droit au chômage pour les travailleurs indépendants afin qu'ils puissent bénéficier des mêmes droits que les salariés si leur aventure entrepreneuriale venait à échouer. C'était l'une des priorités et promesse de campagne d'Emmanuel Macron. Si le concept est séduisant, il pourrait être difficile à financer. Selon Les Échos, qui s'est procuré en avant-première une copie du rapport des Inspections génerales des affaires sociales et des finances (IGAS et IGF), l'une des options privilégiée par le gouvernement serait de proposer une allocation forfaitaire dont le montant pourrait atteindre les 700 à 800 euros mensuels.

"Comme le fait remarquer le rapport IGAS-IGF, l'indemnisation devra en tout état de cause être fixée à un niveau supérieur aux droits du RSA que le travailleur serait susceptible de percevoir. Quant à la durée, elle serait de 6 mois à un an seulement", souligne le quotidien économique. Cette mesure devrait par ailleurs concerner les travailleurs indépendants qui exercent à titre exclusif, ce qui exclut tous les micro-entrepreneurs qui sont aussi retraités ou salariés.

Formation professionnelle : les dirigeants demandent davantage de liberté

Tandis que le Gouvernement a lancé la concertation sur la réforme de la formation professionnelle, une consultation Opinion Way pour les CCI, La Tribune et Europe 1 met en avant la plus grande liberté demandée par les dirigeants dans la gestion de la formation des salariés. Ainsi ils sont plus de neuf sur dix à souhaiter une meilleure orientation des fonds vers des organismes d'accompagnement des salariés pour la gestion de leurs parcours professionnels.

Une très large majorité d'entre eux se prononcent en faveur d'un libre choix pour le versement du montant de la taxe d'apprentissage aux établissements qu'ils souhaitent.

Plus largement, les dirigeants d'entreprises - principalement de PME - sont dans un bon état d'esprit, mais mettent en avant des inquiétudes pour leur avenir. L'indice d'optimisme baisse de deux points par rapport au mois de septembre.

Code du travail : l'Assemblée ratifie les ordonnances

La réforme du Code du travail se poursuit. L'Assemblée nationale a adopté, mardi 28 novembre 2017, le projet de loi de ratification des ordonnances. En pratique, peu de changements ont été apportés. "Parmi les 30 amendements adoptés, il y a notamment l'extension du champ d'action éventuel du Conseil d'entreprise, une instance créée par la réforme qui fusionne CE, CHSCT, délégués du personnel et délégués syndicaux et peut être mise en place par accord majoritaire dans l'entreprise", précise Les Échos.

En termes de calendrier, le texte doit à présent être examiné par le Sénat, ce qui n'arrivera pas avant janvier. Les deux assemblées devront également -dans le cadre d'une procédure accélérée- se prêter chacune à une seconde lecture. "Sans compter la saisine probable du Conseil constitutionnel". Et le fait que les syndicats aient déposé des recours devant le Conseil d'État. La réforme sera définitivement ratifiée début 2018.

Les chiffres en baisse de l'apprentissage

119 000. C'est le nombre de jeunes ayant signé un contrat d'apprentissage entre juin et septembre 2017, selon les derniers chiffres (provisoires) de la Dares, service de statistiques du ministère du Travail, dévoilés cette semaine. C'est un millier de moins que l'année dernière à la même période.

Le mois de septembre, traditionnellement un "gros" mois, a été marqué par une baisse des contrats de 9,2 %, car le secteur privé - qui concentre 95 % des emplois en apprentissage - a moins embauché. Le public, lui, reste dynamique.

Ces chiffres sont dévoilés alors que le gouvernement prépare une réforme de l'apprentissage afin de rehausser son attractivité. À lire sur L'Express.

L'ex-patron de Morning relance une entreprise

Il s'était fait remarquer en 2013 en créant la néobanque Morning -alors baptisée Payname-, qui avait connu des difficultés avec son agrément et risqué le dépôt de bilan, avant finalement d'être rachetée par une filiale du groupe E. Leclerc. Eric Charpentier a lancé un nouveau projet entrepreneurial : Hush. Une autre néobanque qui présente la particularité de pouvoir gérer les crypto-monnaies, et par ailleurs revendique une gouvernance collective.

L'entreprise, basée au Luxembourg, vient d'annoncer le démarrage d'une levée de fonds en ICO (c'est-à-dire en monnaie virtuelle), avec un objectif de 15 à 20 millions d'euros. Elle affirme des ambitions européennes et prévoit de demander son agrément début 2018. À lire sur L'Usine Digitale.

Quand les employeurs ne remplacent pas leurs salariés malades

Un trop plein de contraintes juridiques et une incertitude liée à la durée d'absence de salariés accidentés au travail ou en maladie professionnelle expliqueraient, dans la majorité des cas, leur non-remplacement par les employeurs. C'est en substance le constat qui ressort d'une enquête des cabinets de gestion des risques professionnels Atequacy, relayé par La Tribune. Une majorité d'employeurs (60 %) disent en effet ne pas avoir remplacé leurs salariés absents à la suite d'une maladie professionnelle ou d'un accident du travail en 2017.

Réalisée auprès de 300 entreprises de plus de 50 salariés, cette étude révèle également la part importante (un tiers) d'entreprises ayant constaté des arrêts maladies liées à des risques psychosociaux (stress, dépression, burn-out), quand dans le même temps deux tiers des entreprises ont déclaré l'existence d'au moins un accident du travail ou de trajet ou une maladie professionnelle en 2017. D'autant plus, que si le burn-out n'est pas encore reconnu dans le tableau des maladies professionnelles, les demandes de reconnaissance comme telles progressent. En passant de 6 % à 13 %, les arrêts de travail liés à un risque psychosocial ont vu leur qualification comme maladie professionnelle doubler en seulement un an.

Redéfinir juridiquement l'entreprise ?

Changer la définition juridique de l'entreprise. Voilà ce dont plusieurs patrons ou politiques (Nicolas Hulot, Muriel Pénicaud, Emmanuel Faber de Danone, Antoine Frérot de Veolia...) cherchent à convaincre Emmanuel Macron. "L'article 1833 du Code civil (...) indique aujourd'hui que l'entreprise est constituée " dans l'intérêt commun des associés ". L'idée serait d'ajouter l'intérêt des salariés, des sous-traitants, de l'environnement voire des générations futures", détaille France Inter.

Le président n'y serait " a priori " pas hostile. En revanche, les organisations patronales ne le voient pas de cet oeil, dénonçant "un nid à contentieux judiciaires". Elles s'inquiètent : "Jusqu'où peut aller la responsabilité d'une entreprise ? Le pouvoir donné aux juges serait considérable". Un débat à suivre.

Les réseaux sociaux d'entreprise peinent à séduire les salariés

Dans le cadre de leur transformation digitale, 40 % des entreprises se sont équipées d'un réseau social d'entreprise, pour un investissement moyen de 5 euros par salarié et par mois. Mais les utilisateurs ont du mal à s'emparer de ces outils. Une étude de l'institut de gestion sociale IGS-RH, analysée par Le Monde, s'est penchée sur les causes de cette -relative- désaffection.

"Le mode collaboratif transversal patine. Les salariés qui utilisent ces " Facebook maison " le font majoritairement en fonction de l'organisation hiérarchique de l'entreprise et non par ajustement mutuel entre individus d'équipes variées situées aux quatre coins du globe", explique le site du quotidien. En clair, les salariés sont plus engagés dans les groupes créés par leur propre manager.

Trois raisons à ce comportement sont avancées : la difficulté à juger de la fiabilité des informations reçues, la loyauté au manager et enfin les risques de la trace écrite. Pour encourager une meilleure adoption, l'auteur suggère la création de contre-pouvoirs dans l'entreprise.