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Leadership : savoir s'entourer comme Frank Underwood

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Outre sa capacité à atteindre ses objectifs, le héro de House of cards, Franck Underwood, dispose d'une autre qualité : il sait s'entourer de collaborateurs entièrement dévoués à sa cause. Explications.

Leadership : savoir s'entourer comme Frank Underwood

"Je ne prendrai pas une balle pour un homme idiot", assène Edward Meechum, le fidèle garde du corps de Franck Underwood dans l'épisode 3 de la saison 3 de House of cards. Peu scrupuleux, manipulateur, immoral, le président des États-Unis, incarné par l'excellent Kevin Spacey, n'est pas un ange et pourtant il peut compter sur la loyauté indéfectible de ses proches. Son talent est de savoir s'entourer.

"Il choisit des seconds couteaux, un peu émoussés, autrement dit des éternels seconds qui se satisfont pleinement de cette position, analyse Yaël Gabison, fondatrice du cabinet conseil en leadership international Smartside. Embaucher de jeunes loups -ou louves-, brillants et talentueux, c'est stimulant et challengeant. Mais sur le long terme, cela ne peut durer. Soit ils partiront dès la première opportunité qui se présente. Soit vous finirez par vous en lasser, fatigué de devoir justifier sans cesse chacune de vos décisions et de vous battre pour affirmer votre leadership."

Se séparer des trublions, même si leur expertise est précieuse, est parfois indispensable "pour asseoir son autorité. On se bat tellement à l'externe, que les gens loyaux qui ne font pas de vague sont fort appréciables !", poursuit-elle.

La loyauté, basée sur la réciprocité

Au-delà de ces considérations stratégiques, "les collaborateurs se battent pour les managers qui se battent pour eux, définit Michel Barabel, professeur en management à l'université Paris-Est et auteur de Manageor. La loyauté engendre la loyauté. Et l'inverse est vrai aussi."

Mais attention car la loyauté se renforce ou s'émousse au fil du temps et des actions du manager. Son capital sympathie, son aura de confiance et de compétences dépendent de son attitude au quotidien. Reconnaissance, communication, politesse, partage, protection, feed-back réguliers ou encore respect sont les clés de la fidélisation. L'entreprise ne peut exiger la loyauté de ses salariés : elle doit la mériter, selon Charles Handy, philosophe et théoricien du management britannique.

Mais, la loyauté, c'est aussi une question de dépendance. "Le dirigeant a autant besoin de ses proches collaborateurs, qu'eux de lui, précise Yaël Gabison (Smartside). Mais, il faut prendre le soin de cacher cette dépendance."

Pour recruter ces perles rares, il n'existe pas vraiment de recette miracle. "Détecter le potentiel de loyauté n'est pas facile, reconnaît Yaël Gabison. Il convient notamment de se méfier des personnalités extraverties qui parlent beaucoup." Il faut savoir être à l'écoute des signaux faibles et de son intuition : quand on recrute mal, dans la majorité des cas, on le sait, mais on s'auto-convainc que c'est un choix raisonnable. "Faites-vous confiance !", conclut-elle.