Mon compte Devenir membre Newsletters

Discrimination à l'embauche: le nouveau plan de lutte du gouvernement

Publié le par

Le ministère du Travail lance une campagne de sensibilisation pour lutter contre les discriminations à l'embauche. Une action qui vient s'ajouter à d'autres mesures déjà conduites par le gouvernement comme celle du testing, qui souhaite évaluer les pratiques des entreprises.

Discrimination à l'embauche: le nouveau plan de lutte du gouvernement

Les compétences d'abord. Voici le nom de la dernière campagne de sensibilisation lancée par le ministère du Travail lundi 18 avril 2016 pour lutter contre les discriminations à l'embauche. Lancée à grands renforts d'affiche dans le métro, les gares et les kiosques pendant quinze jours, cette campagne doit contribuer à une prise de conscience indispensable auprès du grand public, et surtout des recruteurs, pour dépasser leurs préjugés dans le recrutement. Selon le 8e Baromètre du défenseur des droits DDD/OIT réalisé par l'Ifop en 2015, 85 % des demandeurs d'emploi estiment que les discriminations à l'embauche sont fréquentes.

Pour 88 % des sondés, l'âge au-delà de 55 ans est le facteur le plus discriminant, devant le fait d'être enceinte (85 %), d'être handicapé (77 %) ou obèse (75 %). Bien qu'en recul (- 5 points par rapport à 2013), le fait d'être une femme reste un inconvénient à l'embauche pour plus d'un tiers des sondés. L'origine est également un facteur qui reste discriminant pour 66% des demandeurs d'emploi.

Conduire les entreprises à objectiver leurs pratiques

Cette campagne de sensibilisation fait partie d'un plan de lutte plus global du gouvernement. Une opération de testing à grande échelle a débuté début avril auprès d'entreprises de plus de 1 000 salariés, testées sur des offres d'emploi relevant de métiers et de secteurs variés. Cette méthode consiste en l'envoi de deux candidatures similaires en tout point, sauf un critère relevant de l'un des 20 motifs de discrimination. La synthèse des résultats fera l'objet d'une publication et chaque entreprise testée sera tenue de tirer le bilan de ses résultats, et de mettre en place le cas échéant des mesures correctives rapides et efficaces.

Une étude pour objectiver le coût des discriminations a par ailleurs été commandée à France Stratégie. Elle sera publiée en juin et mettra en lumière l'impact économique des discriminations, à l'échelle de la société, mais aussi à l'échelle d'entreprises, qui se privent de talents et donc de performance économique.

Le gouvernement souhaite aussi développer les recours pour les victimes de discriminations. La création de l'action de groupe, votée par le Sénat et bientôt par l'Assemblée nationale, dans le cadre du projet de loi la Justice du XXIe siècle, prévoit notamment une déclinaison spécifique sur les discriminations dans l'entreprise, pour prendre en compte leurs spécificités. Elle doit permettre de faire cesser les discriminations collectives qui peuvent toucher des candidats ou des salariés, sur la base d'un des vingt motifs de discrimination.