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Sécurité routière : comment prévenir les risques d'accidents de vos salariés ?

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Sous-estimé, le risque routier est pourtant la première cause de décès par accident du travail des salariés. Sensibilisation des chefs d'entreprise et actions de prévention sont les deux voies pour y remédier.

Sécurité routière : comment prévenir les risques d'accidents de vos salariés ?

© Michel Szlazak

Chaque année, 11% des tués sur la route sont des salariés qui se déplacent pour leur travail. Et près de 44% des accidents mortels sont des accidents de la circulation survenus lors de trajets professionnels ou domicile-travail. Des chiffres méconnus qui soulignent pourtant un risque bien réel, souvent sous-­estimé par les dirigeants.

Risque professionnel

"Quelle que soit la taille de l'entreprise, les employeurs doivent prendre conscience que la sécurité de leurs salariés sur les routes relève de leur responsabilité et doit faire l'objet d'une démarche commune de prévention", explique Anne Lavaud, déléguée générale de l'association Prévention Routière.

Le dirigeant a un rôle de prévention à jouer.

Pour autant, peu semblent prendre en compte l'ampleur de cet enjeu. 75% des dirigeants d'entreprises de moins de 50 salariés reconnaissent ne pas savoir que le risque routier est la première cause d'accident mortel en entreprise selon une étude Ifop pour MMA. Plus surprenant, 38% des patrons ignorent qu'ils risquent des sanctions civiles et pénales si un de leurs ­salariés a un accident au volant sur un trajet professionnel. "Si un commercial a un accident parce que son véhicule est mal entretenu, ­l'employeur peut être condamné jusqu'à 75 000 € d'amende en cas de manquement grave, ou plus si circonstances aggravantes, voire à des peines de prison allant jusqu'à cinq ans", précise Stéphane Daeschner, chargé de la prévention chez MMA.

Les PME plus touchées

Si les accidents routiers intègrent souvent le plan global de prévention des risques dans les grands groupes, surtout quand il y a une flotte ­automobile importante liée à ­l'activité commerciale, cette sensibilité est plus rare dans les PME. Depuis 2001, elles ont pourtant l'obligation de créer un document d'évaluation des risques et de mettre en place un plan de prévention adapté. Selon l'association Prévention routière, 50% d'entre elles ne respectent pas, à ce jour, la loi.

Idem pour la ­désignation d'un référent sécurité routière à temps partiel, obligatoire depuis 2012 pour toutes les entreprises. "Tant qu'une entreprise de petite taille n'est pas touchée par un accident, elle a tendance à laisser le sujet de côté", constate Jean-Claude Robert, délégué général de l'association PSRE (Promotion et suivi du risque routier en entreprise). Dans les faits, moins d'une PME sur cinq informe chaque année ses salariés sur le risque routier."83% des dirigeants n'ont mené aucune action de prévention routière au sein de leur entreprise et seulement 4% ont planifié des actions en 2016. La raison n'est pas financière, ils n'y pensent tout simplement pas!" indique Stéphane Daeschner.

Accompagnement

C'est pour les guider dans cette démarche que de nombreuses sociétés d'assurances, ­associations ou organismes engagés dans la sécurité routière proposent des actions au sein même des entreprises. "En 2015, nous avons sensibilisé près de 60 000 salariés aux risques routiers, principalement en Province où leurs dirigeants y semblent plus réceptifs", affirme ainsi Anne Lavaud. "Les formations pour apprendre le freinage d'urgence et l'anticipation des risques routiers au volant sont l'occasion de favoriser la connaissance par les salariés de leur vulnérabilité à la fatigue et à la somnolence et de rappeler l'impact du téléphone au volant sur la perte d'attention", estime Jean-Claude Robert. "Un risque majeur, qui reste encore peu discuté en interne", insiste Anne Lavaud.

Selon une étude réalisée par Prévention routière, 80% des conducteurs en mission professionnelle déclarent téléphoner au volant, un sur deux lire des SMS en conduisant et un sur trois quitter la route des yeux pour y répondre. En la matière, le dirigeant de l'entreprise doit être à l'origine de la démarche de prévention: en plus des formations externes, il peut élaborer avec les salariés une charte des bonnes pratiques au volant, ou adopter les récents outils de conduite connectée.

"La sécurité est dans notre ADN"

Jean-Pierre Capossele, CEO de CETUP

Depuis le lancement de notre activité en 1988, nous avons toujours fait primer la sécurité de nos collaborateurs, qui parcourent chaque année entre 120 000 et 150 000 km. Spécialisés dans le transport de marchandises sensibles (produits sanguins, matières dangereuses...), nous attachons une grande importance à la qualité du service, à l'intégrité des marchandises transportées et à la sécurité des individus. Tous nos pilotes sont formés dès leur arrivée à une conduite écologique, économique et sécurisée. Afin de les responsabiliser, nous leur fournissons un véhicule neuf, attitré, bridé à 130km/h, que nous entretenons régulièrement chez le même garagiste. Chaque véhicule est changé au bout de deux ans.

Nous équipons également tous nos véhicules de pneus neige d'octobre à avril, ainsi que d'un système de géolocalisation et d'un boîtier de mesure, qui enregistre les caractéristiques de conduite (pression sur l'accélérateur, freinage, consommation de carburant...) et permet de remettre en fin de mois à chaque pilote son tableau de bord individuel. Et depuis 18 mois, nous testons une caméra vigilante mise au point par la société Innov+, qui analyse 56 points du visage et prévient le pilote en cas de signes de fatigue. Grâce à nos efforts, notre sinistralité a été divisée par deux en dix ans, pour atteindre aujourd'hui un sinistre responsable tous les 1,325 million de kilomètres ! Cela passe par la sensibilisation et l'adhésion de nos pilotes, mais aussi par l'existence d'une politique d'entreprise, insufflée par la direction générale et suivie par toutes les strates de la société.

CETUP
Transport de produits sensibles
Saint-Egrève (Isère)
Dirigeant : Jean-Pierre Capossele, 49 ans
SAS > Création en 1988 > 200 salariés dont 160 chauffeurs
CA 2015 : 20M €

Mot clés :

Aurélie Nicolas