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Stratégie : faut-il voir aussi grand que Walter White?

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L'ambition est l'une des clés du succès pour les dirigeants qui veulent faire grandir leur entreprise. Qui ne voit pas grand, reste petit ! Mais, attention de ne pas imiter la grenouille qui veut se faire aussi grosse qu'un boeuf.

Stratégie : faut-il voir aussi grand que Walter White?

Petite entreprise deviendra empire. Telle est l'ambition de Walter White, professeur de chimie reconverti dans le business de la méthamphétamine dans la série Breaking Bad. "Walter White, c'est l'archétype d'un homme ordinaire, qui a toujours vu petit, analyse Yaël Gabison, fondatrice du cabinet conseil en leadership international Smartside et auteure de Devenez le héros de votre vie - 30 leçons de leadership des héros de séries. Mais, une fois à la tête de sa "petite entreprise", il rêve d'un empire. Dans la vie, le plus grand danger n'est pas de viser trop haut et de rater sa cible, mais de viser trop bas et de l'atteindre !"

Pour concrétiser ses rêves

Oscar Wilde n'écrivait-il pas : il faut toujours viser la lune, car même en cas d'échec on atterrit dans les étoiles ? Richard Branson en est littéralement l'illustration parfaite. Ce serial entrepreneur touche-à-tout débute sa carrière en achetant, à 13 ans, une mini plantation de sapins pour les vendre à Noël. Des années plus tard, et quelques échecs au compteur, il a bâti un véritable empire : Virgin Megastore, Virgin Cola, Virgin Mobile, Virgin Atlantic, Virgin Direct et... Virgin Galactic, l'un des pionniers du tourisme spatial !

"Les chefs d'entreprise ont des rêves plein la tête, c'est d'ailleurs ce qui les pousse vers l'entrepreneuriat, souligne Yaël Gabison. En revanche, au fil du temps, parfois englué dans leur quotidien et leurs problèmes, ils oublient de voir grand. Or, l'aventure entrepreneuriale nécessite beaucoup d'énergie pour déplacer des montagnes. Il ne faut jamais perdre de vue ses ambitions, ce sont de puissants moteurs de motivation et d'action."

Se dépasser, se donner les moyens, saisir les opportunités, surmonter les échecs... L'ambition a bien des vertus.

Ne pas tomber dans l'excès

L'ambition au service de ses rêves, oui. Mais, être au service de ses ambitions, non. Elle ne doit pas devenir une drogue, comme cela fut le cas pour Walter White. "Il est important de ne pas s'auto-censurer, ni de s'interdire de rêver, ni d'être ambitieux", souligne Michel Barabel, professeur en management à l'université Paris-Est et auteur de Manageor.

Mais, la positive attitude propre à certaines start-up, qui visent le monde et une position de leader dès leurs premiers pas, n'est pas adaptée à toutes les entreprises. Si hier, il existait des recettes universelles qui menaient au succès, aujourd'hui, le clonage ne fonctionne plus. Chaque entrepreneur doit trouver sa propre formule magique et les ingrédients qui la composent. Être ambitieux est sain, mais il faut un juste équilibre : la folie des grandeurs peut s'avérer dévastatrice. Icare s'y est d'ailleurs brûlé les ailes...

Les "mad skills", un atout fou

"La distance entre la folie et le génie n'est mesurée que par le succès", selon le scénariste Bruce Feirstein. Une ambition démesurée n'est que rarement bonne conseillère et synonyme de succès. Walter White et Richard Branson sont des cas particuliers. Leur soif de réussite, c'est leur "mad skill". "Les "mad skills" sont des compétences atypiques, rares et exceptionnelles, définit Michel Barabel. Cela va au-delà du simple talent."

De plus en plus d'entreprises, notamment américaines, recherchent des salariés dotés de mad skills et l'affichent haut et fort dans leurs offres d'emploi. "Ces profils hors normes permettent de développer l'innovation, assure Michel Barabel. Mais ils ont besoin d'un environnement adéquat pour s'épanouir : des process et une hiérarchie allégés, un collectif de travail convivial et collaboratif, un management exemplaire... Il faut également valoriser la prise de risques et accorder le droit à l'erreur."

L'expert recommande également de dédier des moments ludiques à l'innovation. "Mais, une fois par an, lors d'un séminaire par exemple, ce n'est pas suffisant, signale Yaël Gabison (Smartside). Il faut s'ouvrir à l'innovation régulièrement, même si ce n'est que deux à cinq minutes. Le plus important est d'être curieux, ouvert d'esprit et de savoir faire des connections pour tirer des enseignements dans son propre business."