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[Étude de cas] Delta Meca : quand les patrons donnent le pouvoir à leurs salariés

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Christian Caillé et Mireille Bréheret, dirigeants de Delta Meca, ont créé la première Scop d'amorçage de France. Un dispositif avantageux qui leur a permis d'officialiser une gouvernance partagée et de préparer leur succession.

[Étude de cas] Delta Meca : quand les patrons donnent le pouvoir à leurs salariés

L'année 2015 est pour le moins mouvementée chez Delta Meca, PME spécialisée dans la mécanique et l'outillage de précision. Afin de gérer sa croissance (+14 % par rapport à 2013-2014), l'entreprise située à Couëron vient d'emménager dans un nouveau bâtiment flambant neuf. Les dirigeants, Christian Caillé et Mireille Bréheret, ont en parallèle achevé un autre chantier de taille : celui de la transformation de l'entreprise vers le statut de Scop d'amorçage depuis mai dernier. La première de France.

Ce nouveau dispositif permet aux salariés de reprendre leur entreprise en ayant la majorité des voix, sans détenir la majorité du capital. La loi leur accorde un délai de sept ans pour réunir les fonds nécessaires. Les dirigeants de Delta Meca n'ont pas attendu cette opportunité pour organiser eux-mêmes leur succession.

Flash-back

"Lors de la création en 2008, nous avions deux objectifs : développer l'activité et ouvrir l'actionnariat aux salariés avec une gouvernance multipartite", explique Mireille Bréheret. C'est pourquoi, dès 2009, un plan d'intéressement est mis en place, suivi d'un plan épargne entreprise.

"Les salariés avaient besoin d'être rassurés. Il a fallu se justifier sur la santé financière de la société"

"Nous aurions aimé aller plus vite mais en 2010, après l'intervention d'une sociologue spécialisée sur la conduite du changement, nous nous sommes rendu compte que les salariés avaient besoin d'être rassurés. Il a fallu se justifier de beaucoup de choses sur la santé financière de la société", se souvient Mireille Bréheret.

Tout en organisant de nombreuses réunions d'informations, les dirigeants participent à des conférences et salons sur le sujet, se font accompagner par des spécialistes (réseau des Scop, avocats, cabinet de conseil, etc.).

Acculturation

"Nous avons ensuite déployé un plan de formation sur la gestion stratégique et la gouvernance d'entreprise en 2014." La même année, un conseil d'orientation est mis en place, composé des fondateurs, de trois cadres et de deux salariés désignés par leurs pairs. La PME reçoit par ailleurs le soutien du Fonds de développement solidaire (prêt de 30 k€) et de la région (aide de 5 000 euros par salarié engagé).

Aujourd'hui, 31 des 33 salariés sont actionnaires de la Scop. "Hormis les assemblées générales, il n'y aura pas de révolution fondamentale dans notre fonctionnement. Nous allons juste aller plus loin car les salariés sont désormais impliqués dans les décisions stratégiques, estime Mireille Bréheret. Ce qui va corser l'affaire, ce sont tous nos projets en cours, de la certification ISO 9001 à la migration de notre ERP en passant par le recrutement, notre seul cauchemar du moment !"

Repères

Activité : Usinage
Ville : Couëron (Loire-Atlantique)
Forme juridique : Scop
Dirigeants : Christian Caillé, 55 ans et Mireille Bréheret, 44 ans
Création : 2008
Effectif : 33 salariés
CA 2013-2014 : 3,5 M€