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Les TMS, le mal du siècle en entreprise ?

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Souffrance pour les salariés, baisse de la performance... Les troubles musculosquelettiques ne cessent de progresser, ce qui suscite une véritable prise de conscience au sein des entreprises. Laquelle n'a pas échappé aux experts de la prévention et aux équipementiers.

Les TMS, le mal du siècle en entreprise ?

Les troubles musculosquelettiques, mal du siècle en entreprise? "Tout à fait, même les Égyptiens qui construisaient les pyramides en avaient moins que nous!", lance, un brin provocateur, Frédérik Ughetto, fondateur du cabinet de conseil lyonnais Santé Partners. Invérifiable, évidemment. Mais les archéologues ont retrouvé la tombe d'un certain Metm, chargé de veiller à la bonne santé des ouvriers engagés sur le chantier de Gizeh. Un médecin du travail avant l'heure, qui s'étonnerait sans doute de constater que, quatre millénaires plus tard, les TMS représentent la première cause de maladie professionnelle reconnue.

Tendinites de l'épaule et du coude, douleurs au poignet et autres lombalgies chroniques ont connu une progression de 18% par an lors de la dernière décennie. Le résultat, ce sont des salariés en souffrance et des entreprises fortement impactées. Les TMS sont source de désorganisation, d'absentéisme et de turnover; elles nuisent donc à la performance. Ce qui a incité des professionnels de santé à proposer des offres complètes, à l'image d'Ostéo Entreprise, un réseau présent dans toute la France.

À lire aussi

Agir sur... La prévention durable des TMS, de Jack Bernon, Évelyne Escriva et Jean-Michel Schweitzer. Une analyse dans le détail de toutes les actions à mettre en oeuvre. Éditions Anact.


Consultations au bureau

"L'intérêt d'intervenir au sein des entreprises, c'est d'abord d'inciter les salariés qui ne le feraient pas à l'extérieur à consulter, explique Yannick Benet, son directeur. Nous sommes présents à la journée ou à la demi-journée et nous assurons des consultations individuelles de 30 à 45 minutes dans les locaux, sur la base du volontariat. C'est aussi une première étape en matière de prévention. En toute logique, on devrait avoir recours à l'ostéopathie avant d'avoir mal." Les entreprises peuvent prendre en charge le coût des consultations, intégralement ou pour moitié. Ou encore laisser les salariés solliciter leur mutuelle.

Si les consultations sont individuelles, les ostéopathes du réseau assurent des formations de groupe, avec les mouvements à adopter et ceux à éviter. À un ouvrier qui travaille sur un chantier, ils conseilleront de ne jamais se pencher en avant pour ramasser sa caisse à outils. Un gilet muni de capteurs permet de mettre les salariés en situation. Il bipe lorsque la personne qui le porte met ses disques à rude épreuve. L'occasion d'expliquer que le bon réflexe est celui... des golfeurs qui ramassent leurs balles : toujours lever la jambe sur laquelle on ne prend pas appui lorsqu'on se baisse, afin qu'elle reste dans l'alignement du dos.

Matériel adapté

Autre volet d'une politique de prévention efficace: l'acquisition de machines ou de mobilier anti-TMS, un marché sur lequel se positionnent de nombreux équipementiers. Il suffit parfois de peu de chose pour adapter un poste de travail. "Un très bon siège coûte 500€, toutes les PME n'ont pas le budget pour ça, ajoute Yannick Bennet. Mais pour 250€, on peut rééquiper un poste entièrement. On commence par ajouter un support dorsal sur le fauteuil et un repose-pieds. Un support d'écran permet d'avoir les yeux à la bonne hauteur. Et on complète avec un tapis de souris avec repose-poignet, car le syndrome du canal carpien est l'un des TMS les plus courants. C'est un investissement très raisonnable : 1€ dépensé en prévention, c'est 13€ gagnés si l'on prend en compte le coût des maladies professionnelles et des arrêts."

Trois innovations anti-TMS

  • Percko, le tee-shirt qui vous redresse

Épaules rentrées, dos voûté... c'est le lot de ceux qui restent assis à leur bureau toute la journée. Pour les aider à adopter une posture droite, la start-up Percko a conçu un "tee-shirt intelligent" avec résistance élastique intégrée. Il coûte 129€ l'unité. Mais même à ce prix-là, 4000 tee-shirts ont été précommandés sur Kickstarter en quelques semaines.

  • Bioswing 660, le fauteuil qui oscille

Ce fauteuil ergonomique réagit de manière systématique à tous les mouvements, même les plus infimes, grâce à ses éléments oscillants et son assise brevetée. Il sollicite en permanence les muscles stabilisateurs, mieux irrigués, et maintient le corps dans l'axe central, ce qui limite fortement les douleurs lombaires. Seul hic, le modèle le moins cher coûte 1360€...

  • Les robots d'aide à l'action

En attendant son exosquelette, en cours de développement, la société auxerroise RB3D propose déjà des robots d'aide à l'action. Des "cobots" (comprendre "robots collaboratifs") qui sont guidés par l'homme mais amplifient la puissance de son mouvement. Et surtout qui le soulagent en lui évitant de porter seul des charges trop lourdes ou en encaissant les vibrations à sa place.