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Rapport du CNNum : comment le numérique bouleverse le travail et l'emploi

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6. Mieux protéger les travailleurs indépendants

Le rapport préconise de faire évoluer le droit pour mieux protéger les travailleurs indépendants, nombreux dans l'écosystème numérique. Pour cela, il propose la création d'une catégorie intermédiaire entre travailleur salarié et travailleur indépendant : celle de "travailleur indépendant économiquement dépendant" (par exemple d'une plateforme d'économie collaborative), tout en étant conscient de la difficulté à définir son champ d'application. Il appelle également à la constitution d'un socle de droits fondamentaux pour tous les travailleurs quel que soit leur statut.

7. Optimiser l'encadrement des plateformes d'économie collaborative

Si elles sont nécessaires à l'innovation, les plateformes d'économie collaboratives doivent, pour les rapporteurs, être encadrées. L'objectif est notamment qu'un contournement des réglementations en particulier fiscales ne soit plus possible. Pour cela, il faudrait appliquer une obligation de loyauté à ces plateformes (plus de transparence) et créer une agence de notation de la loyauté des plateformes pour évaluer cela (proposition du Rapport Ambition numérique).

En parallèle, le rapport soutient le coopérativisme de plateforme, c'est-à-dire un système où chaque utilisateur serait en partie détenteur de la plateforme et contribuerait à la constitution de ses règles, à l'image de ce qui se fait sur Fairmondo, une plateforme allemande de commerce en ligne coopérative appartenant à la fois à ses utilisateurs et à ses salariés.

8. Soutenir les formes alternatives de collectifs de travail

SCIC, SCOP, CAE... Il existe de nombreux statuts et formes alternatives de travail. Leur point commun : la coopération entre différents acteurs. Le rapport insiste sur l'importance de les faire connaître en diffusant de l'information à leur sujet et souligne le rôle que la French Tech ou les Chambres de commerce pourraient avoir dans cet objectif. Cette diffusion doit se faire auprès de tous comme aussi et surtout des investisseurs afin de faciliter leur financement. A ce sujet, des incitations pourraient par ailleurs être mises en place afin d'orienter les investisseurs vers ces nouveaux modèles. Les CAE (coopératives d'activité et d'emploi) doivent spécifiquement être soutenues.

9. Redonner du sens

Le rapport insiste aussi sur la nécessité de redonner du sens et de l'envie au travail dans les organisations. Plusieurs pistes sont évoquées pour cela, comme le développement d'un management plus collaboratif (lire notre article sur le management 3.0), la formation des futurs managers au dialogue de proximité ou encore, sur un autre plan, le fait de prendre en considération la performance collective dans l'évaluation individuelle des collaborateurs.

10. Repenser l'automatisation et son impact sur l'emploi

Le rapport propose de dépasser le phénomène de remplacement de l'humain par l'automate en évoluant vers une nouvelle forme de robotisation de l'industrie portée notamment par les co-bots. Ces machines facilitent le travail de l'humain plutôt qu'elles ne le remplacent, en l'assistant dans la réalisation de tâches fatigantes.

De même cette recommandation s'inscrit en héritage du plan Industrie du futur avec l'ambition de développer la prospective sur les métiers industriels liés au numérique, d'attirer des investissements étrangers dans les domaines numériques d'excellence en Europe, d'approfondir les possibilités d'échanges et de pluridisciplinarité entre pays européens, ainsi que de faciliter les relations entre grands comptes et start-up, et l'accès de ces dernières aux usines. Il pointe, sur ce dernier point, des initiatives comme les factory labs, des fab labs dédiés à l'innovation collaborative entre start-up et industries.

11. Renouveler l'industrie par l'innovation ouverte

Le rapport soutient l'incitation, à l'échelle européenne, de logiques partenariales entre grands groupes, PME et start-up, pour développer des projets novateurs dans une démarche d'écosystème.

Par ailleurs, il préconise la mise en place de dispositifs incitatifs comme le 1% Open pour encourager les entreprises à se consacrer à des projets Open, ainsi que des places de marchés pour mettre en relation des partenaires potentiels sur des projets d'innovation ouverte.

Maëlle Becuwe, Amélie Moynot et Julien van der Feer