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Misez sur le storytelling pour doper votre activité

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Susciter l'intérêt des consommateurs, des investisseurs et des médias : tel est l'intérêt du storytelling qui noue, au travers d'une histoire, un lien avec votre entreprise, ses produits et ses équipes. Une méthode de communication qui demande, toutefois, de rester fidèle à la réalité.

Misez sur le storytelling pour doper votre activité

"Les gens aiment les histoires. Il faut leur en raconter." Lors de la conférence d'ouverture du Salon des entrepreneurs à Paris, le 4 février dernier, le chef Thierry Marx était formel. Une déclaration dans l'air du temps, quand certains experts ont baptisé 2014 "année du storytelling". Et cette tendance devrait s'intensifier dans les prochains mois. "Il y a dix ans, quasiment personne ne la connaissait. Aujourd'hui, le monde entier s'y intéresse", appuie John Sadowsky, coach et auteur de Les 7 règles d'or du storytelling. Derrière ce terme se cache une stratégie de communication qui, plutôt que de vanter les atouts des produits et services proposés par une entreprise, mise sur le pouvoir émotionnel des histoires pour nouer une relation avec sa cible. "La différence entre cette méthode et un récit classique est son objectif commercial ou, du moins, son rôle de persuasion, de conviction ou d'adhésion", corrobore Georges Lewi, auteur de La Fabrique de l'ennemi. Comment réussir son storytelling.

Pour cela, nul besoin d'être une multinationale ou d'avoir pignon sur rue. C'est, au contraire, une méthode accessible à tous, notamment à l'ère d'Internet et des réseaux sociaux. Cette opportunité, l'entreprise Mathon, spécialiste de la vente à distance d'articles culinaires de 48 salariés, aujourd'hui filiale du groupe Labruyère Eberlé, l'a saisie en 2010 avec sa communauté, où les "fans de cuisine" échangent, sur une page Facebook, recettes, conseils et anecdotes. Car, à la clé du storytelling, se trouve le sentiment d'attachement et d'implication auprès de la marque.

Faire parler les étiquettes

Une démarche qu'a également effectuée la créatrice de mode pour enfants Julia Menache en lançant Un jour je serai. Son concept : des vêtements et des accessoires à l'effigie de deux personnages, Agathe et Charles, vendus accompagnés d'une de leurs aventures illustrées. "Ce qui est pertinent, c'est que la marque invite son client, ici l'enfant, à voir le produit comme un accès à une histoire plus large, analyse Sébastien Durand. Et elle peut aller plus loin, par exemple en faisant aussi "parler" ses étiquettes." Sur ce point, Modetic et sa marque de vêtements 1083, fabriqués en France, est à la pointe. Tous ses produits sont certifiés "conçus à moins de 1 083 km de chez vous." Et pour le vérifier, les étiquettes de ses jeans, par exemple, portent un code, semblable à une plaque d'immatriculation, qui permet de retrouver, sur le site de la marque, toutes les informations relatives à sa confection : la provenance des tissus, notamment du coton biologique, ainsi que le lieu de fabrication et de transformation.

S'ils diffèrent dans leur forme et leur message, ces exemples suivent un schéma identique. "C'est sur l'analyse des attentes de ses consommateurs qu'on se base pour construire sa narration, précise Georges Lewi. La plupart du temps, cette communication se fonde sur une opposition industriel versus artisanal, pour tout le monde versus pour une cible particulière, ou sur une qualité spécifique comme la tradition ou la santé." Ainsi, Modetic édifie la sienne sur la traçabilité du vêtement, Michel et Augustin joue la carte de l'entreprise jeune, accessible et transparente, loin de l'opacité des géants de l'agroalimentaire, et la marque de smoothies Innocent mise sur les vertus sanitaires et écologiques de ses jus de fruits frais, en allant jusqu'à préciser, de façon ludique, s'ils sont écrasés ou pressés !