En ce moment En ce moment

[Tribune] Entreprendre à 30 ans ou à 50 ans: quelles différences?

Publié par le | Mis à jour le
[Tribune] Entreprendre à 30 ans ou à 50 ans: quelles différences?

Sandra Le Grand a fondé en 2000 Kalidea, alors qu'elle était dans la trentaine, puis, en 2017, Yapuka, au début de la cinquantaine. Avec son associée Valérie Falala, elle revient sur son parcours et les différences constatées d'une expérience à l'autre. Son message ? Oser à tout âge !

  • Imprimer

"Quel est le meilleur âge pour entreprendre ?" Une question qui mérite réflexion même si, autant vous le dire tout de suite, il faut créer quand nos "momentum" sont alignés : tête/coeur/corps !

Il est important de ne pas trop s'attarder sur la colonne des risques face à celle des opportunités car la première sera toujours plus longue ! Ainsi, une petite dose d'inconscience quel que soit l'âge et une "envie plus que tout" sont indispensables.

Rationalisons un peu pour comprendre quels sont les plus et les moins dans chacune de ces tranches de vie : trentenaire ou quinqua, quelle meilleure posture pour entreprendre ?

Entreprendre dans la trentaine : quel cadre ?

J'ai vécu la première tranche en créant dans la trentaine une start-up et je vis actuellement la deuxième en recréant à nouveau. Et je dois reconnaître que la grande chance que j'ai sur cette deuxième édition, c'est de le faire cette fois-ci avec mon associée Valérie Falala avec qui nous sommes amies depuis trente ans !

Avant la trentaine, on se lance sans filet, on a besoin d'un environnement familial très "supporter", financièrement d'abord car c'est l'âge des emprunts (appartement, voiture...), c'est la période propice à la construction de la famille (moment fantastique mais épuisant : enfants bas âge, mener de front carrière, vie pro-vie perso, déplacements, agendas complexes...). C'est aussi l'âge où on développe son réseau (amis, collègues de travail, relations sociales, soirées...) et pour finir, c'est l'âge où on a encore peu capitalisé tant sur le plan professionnel (phase ascendante, développement professionnel) que sur le plan financier (on accède peu à peu aux avantages tels que plan d'intéressement, actionnariat salarié...). En résumé, notre expérience, expertise et réseau sont en plein développement.

Alors créer une entreprise (Canalce devenue Kalidea, plateforme de produits pour comité d'entreprises) dans ce contexte est un vrai choix que je n'ai jamais regretté. Mais quand j'ai dit au revoir à Coca-Cola mes jambes ont un peu tremblé car l'entrepreneuriat n'avait pas autant le vent en poupe qu'aujourd'hui. Quitter un emploi sécurisé, des avantages, un statut social et un salaire confortable n'était pas le nirvana.

Aujourd'hui avec Valérie, nous recréons une société qui fait encore plus sens avec notre âge, notre vie, nos choix. Yapuka.org, première plateforme de mise en relation d'entraîneurs indépendants avec des jeunes pour leurs entretiens (concours d'entrée écoles, stages, premiers emplois ), est née d'une expérience vécue, testée et approuvée par mon associée Valerie Falala, experte RH. Elle a entraîné nos enfants à ce fameux entretien de motivation, et ce avec succès et passion. Nous avons alors décidé ensemble, quinqua, mamans de jeunes entre 18 et 25 ans et femmes ambitieuses et généreuses, de nous lancer dans cette aventure !

Quoi de plus à 50 ans ?

Un parcours professionnel de trente ans qui nous donne assise, crédibilité et légitimité : plus facile pour trouver des financiers (banques, Bpifrance ou amis business angels-love money), des partenaires ou même des clients.

Notre réseau, maillé consciencieusement au fil des années, nous permet d'aller plus vite : business plan, modèle économique, benchmark avec d'autres entrepreneurs, élaboration de partenariats BtoB-BtoC, connaissance des bons prestataires pour la techno, le digital ou encore choix des experts-comptables et avocats.

Notre passion de l'humain et du management nous permet de faire les bons choix pour constituer une équipe. Les médias sont accueillants pour deux femmes, récidivistes, énergiques et positives qui ont toujours eu le sens de la transmission, encore plus dans ce métier qui participe à révéler le talent des jeunes et à déstresser les parents (que nous sommes aussi).

Pour finir, nous avons moins d'endettement (quoique...) et un peu plus de capital financier même si on doit mesurer ces propos car les études de nos enfants représentent un investissement qui, de fait, compensent les prêts.

La contrepartie, c'est aussi que nous avons plus de temps à consacrer à notre vie professionnelle car nos enfants/jeunes adultes (même s'ils nous demandent encore beaucoup d'attention) ne nécessitent plus l'attention 24h/24 du bas âge et de l'enfance.

Peut-on dire qu'on est plus sage ? Qu'on a plus de recul ? Qu'on prend plus soin de nous ? Je ne le crois pas, car entreprendre demande toujours, quel que soit l'âge, beaucoup d'énergie, de travail et de résilience. Ce qui est sûr, c'est qu'avant 30 ou 50 ans la seule condition sine qua non c'est de prendre du plaisir et de s'entourer de gens qui nous font du bien !

Alors, osez ! Allez-y de toutes vos forces ! Même si la vie d'entrepreneur(e) n'est pas un long fleuve tranquille, elle est galvanisante et gratifiante au moins sur le plan humain. Un dernier conseil tout de même : gardons toujours en tête notre équilibre et notre bien-être mental et physique car, aujourd'hui comme demain, Yapukatenirdansladurée !

Les auteurs

Sandra Le Grand est entrepreneuse. Elle passe onze ans chez Coca-Cola avant de créer Canalce (devenu Kalidea), un site dédié aux comités d'entreprise cédé en 2016 au groupe Up (ex-Chèque Déjeuner). L'année suivante, elle cofonde Yapuka.org, plateforme de mise en relation entre jeunes et experts RH pour aider les 18-30 ans à préparer et réussir leurs entretiens oraux.

Elle est aussi conférencière et intervenante sur des salons (Salon des Entrepreneurs...) et impliquée dans la formation au travers de différentes initiatives (ambassadrice du programme Profs en entreprise, marraine de 100 000 entrepreneurs, cours à HEC, etc.)

Valérie Falala est consultante et experte en ressources humaines. Au cours de son parcours professionnel, elle a notamment été DRH chez De Fursac en 2011 et 2012. Elle a aussi piloté des projets transversaux RH pour le groupe Danone. Cofondatrice en 2017 de Yapuka.org, elle accompagne des jeunes et des étudiants dans la préparation de leurs entretiens. Elle soutient, par ailleurs, des projets de création d'entreprise au travers par exemple des missions HEC Entrepreneurs.

Sandra Le Grand et Valérie Falala

Sur le même sujet

[Tribune] 3 clés pour rebondir après un échec
Création d'entreprise
[Tribune] 3 clés pour rebondir après un échec

[Tribune] 3 clés pour rebondir après un échec

Par Amélie Moynot

Expérience, pragmatisme, action. Voilà les principes qui guident Isabelle Saladin, fondatrice du réseau pour dirigeants I&S Adviser et présidente [...]

ChangeNow, un sommet pour un avenir durable
Création d'entreprise
ChangeNow, un sommet pour un avenir durable

ChangeNow, un sommet pour un avenir durable

Par Amélie Moynot

Prévu les 28 et 29 septembre à Station F à Paris, le sommet ChangeNow vise à mettre en lumière des innovations à impact positif sur la société [...]