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Un bon tech fait (souvent) une bonne start-up

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Peu nombreuses sont les start-ups à réussir sans un bon tech. Mais les bons développeurs disponibles sont rares et les porteurs de projet doivent s'efforcer de convaincre les tech de les rejoindre, par exemple en les intégrant dans la société dès sa création ou en leur proposant un poste de CTO.

Un bon tech fait (souvent) une bonne start-up

Pas de développement de qualité sans un bon tech

Dans une start-up, trouver des talents à chacun des postes est une condition sine qua non pour grandir. Disposer d'un bon tech est primordial dans le cas où le projet nécessite des besoins importants en technique. "Le fait de ne pas avoir une technologie qui suit en termes de qualité peut véritablement tuer une entreprise", explique Alban Dumouilla, CTO chez NUMA, incubateur et accélérateur de start-up à Paris. Et de poursuivre : "Le problème ne se posera pas forcément à court terme, mais à moyen terme oui. Au NUMA, on voit beaucoup de start-up qui, ayant atteint 2 ans d'existence, commencent à se demander, après avoir prouvé que leur concept était bon, si elles vont pouvoir livrer ce qu'elles ont promis à leur client. Si la technologie ne suit pas, la réponse est clairement non."

Elles doivent alors souvent reprendre l'aspect technique, et dans le cas où personne dans l'équipe déjà en place en est capable, elles doivent recruter ou mandater une agence pour effectuer ce travail à leur place. Ce qui peut s'avérer extrêmement coûteux à moyen terme.

Certaines start-up peuvent néanmoins réussir sans un bon tech si leur concept ne repose pas uniquement sur le développement.

Avoir un co-fondateur tech, la situation idéale

Si, à une époque pas si lointaine, il était courant qu'un porteur de projet lance sa start-up en allant simplement chercher un codeur pour développer informatiquement son idée, ce procédé est désormais rare.

Actuellement, la grande majorité des start-up qui connaissent une belle croissance comptent un tech parmi leurs co-fondateurs. En plus de ses capacités techniques, le co-fondateur tech peut apporter un soutien permanent général au projet. Une chance, car le projet peut avancer même lorsque le porteur d'idée a un coup de fatigue passager.

Dans le cas où le tech n'est pas fondateur, son départ peut perturber l'évolution de la start-up. "Les développeurs peuvent changer très facilement d'emploi. Il est donc dangereux pour une entreprise d'avoir un développeur n'ayant pas d'intérêt dans la société sous peine de ne pouvoir le conserver", poursuit Alban Dumouilla qui avait co-fondé la start-up Daylighted à San Francisco en 2013.

"Si un développeur est vraiment bon dans son travail, il va se retrouver avec de nombreuses offres d'emplois qui dépassent les possibilités financières d'une petite société, et il risque donc de partir", précise le CTO du Numa. Autre point positif à avoir un tech fondateur : ce dernier aura beaucoup plus de capacités à se projeter dans le produit et à gérer une équipe, qu'un simple développeur.

Nommer le premier développeur CTO

Au sein d'une start-up ayant déjà amorcé sa phase de croissance, il est important que le premier développeur de la société soit nommé CTO. Celui-ci est, en quelque sorte, un développeur en chef doué techniquement et capable de recruter et manager d'autres développeurs. Un CTO manage les développeurs et fait, en même temps, partie de l'équipe qui travaille sur le produit. "Cela lui permet de réfléchir à l'impact que pourra avoir chaque décision prise par cette équipe en termes de temps de travail et de frustration pour ses ingénieurs. Sachant qu'il est très pénible pour les développeurs que les directives changent tout le temps, le CTO va filtrer les décisions de l'équipe et les valider ou non", explique Alban Dumouilla.

À partir d'une certaine taille de start-up, il peut aussi exister des petites frictions entre la partie ingénierie et la partie communication-marketing à cause de différences culturelles et salariales. "Il est donc important d'avoir une personne capable de faire le pont entre les deux", ajoute-t-il.

La nomination, par le porteur de projet, d'un CTO permettra de le convaincre de s'installer durablement dans la société, mais aussi au CEO de se dégager du temps pour se concentrer sur ses tâches de gestion et d'acquisition client.

Comment trouver un bon CTO ?

L'une des problématiques les plus difficiles à gérer actuellement pour les start-up est de trouver un CTO fiable et de qualité, car il y a sur le marché davantage de porteurs d'idées à la recherche d'un bon CTO que l'inverse. "Quelqu'un de technique qui sait "penser produit" va avoir tendance à lancer ses propres produits, explique Alban Dumouilla, CTO chez l'accélérateur de start-ups NUMA. Si un développeur a des idées, il va souvent les mener lui-même, car il va se dire qu'il n'a pas besoin de rejoindre une quelconque équipe pour ça, à part pour des raisons financières."

S'il est difficile de recruter un bon CTO, des networkings sont organisés à cet escient, à l'instar de l'événement Adopt a CTO de NUMA. "Personnellement, je ne recrute jamais quelqu'un qui n'a pas de projet annexe. Un développeur qui a juste suivi des cours de code et n'a rien d'autre à côté est pour moi quelqu'un qui n'est pas passionné par la techno. Même s'il peut être très bon en tant que développeur, je ne le préconiserai pas pour un poste plus important, car ce n'est pas quelqu'un qui sera capable de "penser produit"", ajoute Alban Dumouilla.

Au moment de recruter, les start-up qui ne disposent pas des compétences au sein de la société pour juger de la qualité du développeur candidat doivent faire jouer leur réseau. Il s'agit d'identifier des gens de confiance pouvant confirmer si le développeur ciblé peut faire l'affaire et si son prix est en accord avec ses capacités.

Se former au développement : bonne ou mauvaise idée ?

Un entrepreneur qui souhaite lancer son projet tout seul a la possibilité de se former pour acquérir un savoir-faire technique et développer lui-même son activité en ligne. Cette solution est seulement possible si son projet est peu technique. Par exemple, s'il est basé sur un produit d'e-commerce, l'entrepreneur pourra se former facilement à une plateforme. Avec les tutoriels trouvés sur Internet, il est également possible d'apprendre le langage HTML et le CSS, puis d'appréhender les bases du code avec PHP.

Néanmoins, il est très difficile pour une personne dont ce n'est pas le métier de s'improviser développeur du fait de la technicité du poste. "S'il s'agit d'un projet qui est amené à devenir technique, je déconseille fortement à un porteur d'idée de se passer d'un développeur", met en garde Alban Dumouilla. Dans le cas de projets qui vont demander beaucoup de développement, il faut penser technique dès le début pour que l'idée puisse prendre forme. "Si l'on se met à coder avec des techniques de débutant au départ, cela va vite devenir compliqué pour le projet", conclut-il.

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La rédaction