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Financer sa start-up : par où commencer ?

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Le parcours de financement d'une start-up n'a rien d'un long fleuve tranquille. Dans tous les cas, la méthode privilégiée - autofinancement, subvention publique, investissement privé - dépend avant tout de l'ADN de l'entreprise et de la nature du projet.

Financer sa start-up : par où commencer ?

Et si le financement n'était pas la première étape ?

Avant de partir en quête de financements, vous devez disposer d'une idée ayant franchi le cap de la validation par le client. Lorsque des gens ont payé pour le produit ou le service que vous proposez, c'est véritablement à ce moment-là que le projet commence à prendre tout son sens.

"Cette étape permet de valider sa value proposition et de montrer aux investisseurs l'intérêt de la solution proposée", confie Matthieu Vetter, directeur financier pour plusieurs start-up, par le biais de sa structure Espadon Finance, et cofondateur du site Silex ID.

L'essentiel, c'est de commencer par vous poser cette question : pourquoi chercher à obtenir un financement ? Pour répondre à quel besoin particulier, et à quel moment spécifique de la vie de votre entreprise ? "Un start-uper cherche un financement pour une seule raison : accélérer, ajoute Matthieu Vetter. Et faire en six mois ce qui, autrement, lui prendrait cinq ans." À vous de déterminer, avant toute chose, où en est votre projet.

Les premiers pas

Armé de votre "customer validation", vous êtes prêt à chercher un financement pour votre start-up sur la base d'un produit ou d'un service qui a déjà réussi à convaincre des acheteurs.

Plusieurs options s'offrent à vous : l'autofinancement, les subventions publiques et les investissements privés. L'autofinancement est souvent ce qui vient en premier, pour démarrer l'activité. Ensuite, "tout dépend de l'ADN de l'entreprise, souligne Matthieu Vetter. Il faut jouer sur les deux tableaux : subventions publiques et investissements privés qui fonctionnent ensembles."

Dans tous les cas, vous devez être capable de pitcher votre projet en quelques phrases. Parce qu'il s'agit avant tout de convaincre, si besoin à l'aide d'un brin de storytelling.

La question de l'autofinancement

Pour commencer à faire vivre un projet, l'autofinancement est un préalable essentiel. Au moment de quitter votre précédent emploi pour vous lancer dans une création d'entreprise, vous disposez d'un délai de 18 mois d'indemnités chômage versées par Pôle Emploi. C'est suffisant pour vous constituer une réserve de fonds propres. Vous pouvez ensuite passer à une phase d'autofinanement, qu'on appelle également "boostrapping", et/ou convier vos proches à investir dans votre projet - méthode dite du "love money".

Une autre solution consiste à se tourner vers le crowdfunding. Pour Matthieu Vetter, "c'est un bon moyen de valider sa value proposition, puisque les gens achètent un produit ou un service sur son potentiel". Autrement dit, aller voir un investisseur avec, dans sa besace, une campagne de financement participatif réussie, c'est une manière d'argumenter sur la viabilité de son projet et d'en prouver l'intérêt pour le consommateur.

La complexité des subventions publiques

En phase de création d'entreprise, candidater auprès des organismes publics peut donner accès à une véritable manne financière. Mais pour parvenir à décrocher le Graal, l'ADN de la start-up a son importance.

Certains dispositifs favorisent les projets R&D et innovants, quand d'autres répondent à des spécificités territoriales. Dans de nombreux cas, le montant de l'aide accordée ne peut dépasser le montant de vos fonds propres.

Bien souvent, le caractère innovant des start-up reste un prérequis à l'obtention de fonds. Tel est le cas pour les aides de la Bpifrance. Si votre start-up entre dans cette catégorie, vous pouvez alors prétendre à l'Aide Création Entreprise Innovante ou participer au Concours national d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes, qui permet d'obtenir de 45 000 à 450 000 euros. Si vous avez bénéficié récemment d'un "accélérateur" de start-up, vous pouvez par ailleurs prétendre à la Bourse French Tech.

Les subventions régionales des chambres de commerce et d'industrie, telle la PM'up en région parisienne, pour des sommes allant jusqu'à 250 000 euros sur trois ans, sont également octroyées aux jeunes pousses innovantes.

Avances et prêts

Une autre solution consiste à obtenir une avance ou un prêt. Bpifrance propose par exemple son aide pour le Développement et l'Innovation (ADI), une avance à restituer en cas de succès, ou un prêt à taux zéro. Tous deux sont destinés au financement d'un projet innovant et couvrent jusqu'à 65 % des dépenses retenues.

De son côté, Réseau Entreprendre et Initiative France allouent des prêts à taux zéro dénués de caution ou de garantie. Remboursables sur quatre ou cinq ans, ils permettent d'emprunter jusqu'à 60 000 euros.

Enfin, des prêts participatifs donnent l'opportunité d'emprunter en quasi-fonds propres, sur long terme, sans toucher à la structure du capital ni à la trésorerie de la start-up et sans risques de dilution. Ils sont par exemple proposés par Bpifrance (entre 75 000 et 150 000 euros) ou par Sofired (jusqu'à 600 000 euros, remboursables sur cinq ans).

Les financements privés

Côté privé, faut-il se tourner vers les banques et le prêt à la création d'entreprise (jusqu'à 60 000 euros) ? Ce sésame est d'autant plus difficile à décrocher que les banques ont du mal à estimer le risque pour une start-up tournée vers la R&D, l'innovation ou le marketing. Une telle approche est donc fonction du projet. Mais attention : en cas d'échec, il faudra rembourser votre prêt sur vos fonds propres.

Et qu'en est-il des business angels ? Tout l'enjeu est en fait d'attirer leur attention, avec une bonne value proposition et un "pitch" travaillé, mais pas seulement. Selon Matthieu Vetter, "il n'y a pas de règles pour convaincre un business angel d'investir dans une start-up". Pour autant, "détailler ce que la start-up compte faire avec cet argent dans les semaines, les mois à venir " reste un gage de succès, de même que " proposer une vision à long terme, une ambition, un potentiel financier".

La stratégie des petits pas

En tout état de cause, un investisseur privé, qu'il soit business angel ou family office, misera autant sur une équipe - avec sa cohérence et sa vision d'avenir - que sur un projet. Les deux doivent donc être parfaitement étudiés, sans pour autant chercher à brûler les étapes.

Le parcours idéal de financement ? Matthieu Vetter le présente ainsi : "On commence par piocher dans ses économies et par demander à ses proches d'aider au financement de son idée. Puis, on focalise ses ressources pour aller chercher les premiers clients, de 1 à 10. Avec un premier financement, on passera de 10 à 1 000 ; ensuite, on bondira de 1 000 à 10 000, etc." Une " stratégie des petits pas ", en somme.