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Start-up : penser aux user testing

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Créer une start-up est une démarche qui nécessite un travail en amont. En effet, il parait délicat de se lancer sans filet, d'où la nécessité de bien tester son idée ou son application. Le retour des beta users, d'amis ou d'autres start-upers peut se révéler déterminant sur la voie du succès.

Start-up : penser aux user testing

Famille et amis peuvent vous aider

Une start-up, c'est à la base une idée, un concept. Qu'il s'agisse d'un produit ou d'une application, le principe reste le même, l'idée de départ doit être confrontée à la réalité avant de pouvoir être lancée sur le marché.

Certaines idées peuvent apparaitre géniales et visionnaires pour leur concepteur et ne pas résister à la loi de l'offre et de la demande. Un start-uper a donc tout intérêt à faire découvrir son projet avant même de se lancer dans une phase opérationnelle.

Pour cela, les amis et la famille peuvent se révéler très utiles. Le créateur de start-up peut ainsi récolter des avis très facilement et mettre à profit les réactions de ses proches pour peaufiner son projet. Il s'agit là d'une première phase de tests qui peut se révéler déterminante pour l'avenir de la start-up et qui a l'avantage de ne rien coûter.

Prendre du recul

Pour le start-uper qui désire se lancer, les premiers avis récoltés auprès de ses proches sont une mine d'information. Néanmoins, il convient de conserver une certaine distance comme l'explique Philippe Silberzahn, professeur d'économie à l'EM Lyon Business School : "Les gens proches ne sont pas avares en encouragements mais auront parfois des réticences pour formuler des critiques. Dans le cadre du business, un start-uper a avant tout besoin de clients, d'engagements, mais pas nécessairement d'encouragements".

Loïc Dosseur, co-directeur général de l'agence d'innovation Paris&Co, abonde dans ce sens : "Les amis et la famille manquent d'objectivité. Un client anonyme sera beaucoup plus fiable. C'est pour cela que nous conduisons des programmes d'expérimentation et notamment des tests en aveugle qui sont les plus réalistes."

Tester son idée auprès d'autres start-upers

Tester une idée auprès de ses proches est une chose, mais le faire auprès de professionnels est encore plus intéressant. Pour cela, les incubateurs de start-up sont une source quasi inépuisable de conseils et de suggestions.

Ces incubateurs regroupent en effet de nombreux start-upers qui seront à même d'avoir une vision plus claire et précise d'un projet. "D'une manière générale, un entrepreneur ne doit pas rester seul. Intégrer un incubateur constitue donc une bonne idée", ajoute Philippe Silberzahn. Et de poursuivre : "Cela permet de tisser des liens avec d'autres personnes et de pouvoir tester son projet auprès de personnes ayant un regard extérieur et donc objectif."

Attention tout de même à ne pas s'enfermer dans un incubateur thématique. Il faut de la diversité dans le regard des gens qui sont amenés à tester un produit ou une application à venir. Les start-up week-end, les concours ou les réseaux d'entrepreneurs sont également des pistes à explorer pour tester son projet.

Créer le produit minimum pour la phase de test

Fort de son idée de départ, un créateur de start-up ne doit pas viser immédiatement la perfection. Il est inutile de passer des mois entiers à peaufiner une application ou un produit pour obtenir tout de suite le résultat rêvé.

Au contraire, il faut s'attacher à créer un produit minimum ou MVP (Minimum Viable Product). L'un des cofondateurs du réseau LinkedIn résume les choses de cette façon : "Si vous êtes fiers de votre produit lorsque vous le lancez, c'est qu'il est déjà trop tard".

Partir d'un produit minimum est primordial pour la phase de test. C'est avec ce MVP que les retours effectués par des proches ou d'autres professionnels seront les plus pertinents. Ils permettront de voir quelles sont les failles, connues ou non par le start-uper, et d'améliorer sensiblement les choses. Autre avantage de cette méthode : elle ne requiert pas un investissement de départ trop important, que ce soit sur le plan financier ou humain.

Adopter la méthode du lean start-up

Pour un projet en phase de gestation, il est très intéressant d'adopter le concept de lean start-up défini par Eric Ries, un start-uper reconnu : "Il s'agit d'une phase d'expérimentation et c'est un modèle typique pour les start-up." On parle ici d'une première approche qui permet d'essayer et/ou d'adapter son produit ou son idée.

Concrètement, cela consiste à effectuer des tests auprès d'un petit nombre de personnes. Cela peut être des clients mais aussi des proches ou des beta users. "L'idée : analyser leurs réactions face, non pas à une idée, mais à un produit concret, de prendre en compte leurs remarques et d'adapter son projet en fonction des résultats obtenus", détaille Philippe Silberzahn.

Cette étape du lean start-up est essentielle en phase de test. Elle va permettre au porteur de projet d'adapter peu à peu son produit au marché potentiel. De ce point de vue, il est également recommandé de créer une landing page. Cette page web servira à présenter le produit ou l'application et à récolter les avis des internautes. Une façon de vérifier rapidement et facilement la viabilité du projet ?

Quelques idées pour tester une start-up

Outre la landing page, il existe d'autres moyens de tester son projet à moindres frais. Pour un produit correspondant à un besoin, faire un peu de publicité peut s'avérer utile. Dans le même ordre d'idée, une vidéo de démonstration placée sur un site web peut être efficace.

Si le start-uper se lance dans la création d'un objet, il conviendra dans ce cas d'en faire une version 3D-printing. Pour ce qui est d'un service, il faut se lancer directement dans une phase de test dans la réalité quotidienne en proposant ledit service aux personnes vivant à proximité. Là encore, le retour d'informations sera capital pour développer et améliorer l'offre.

En effet, quel que soit le produit, le service ou l'application proposés, il est primordial de se rapprocher au maximum de ses clients potentiels. "Il faut aller vers le consommateur et faire preuve d'adaptabilité", précise Philippe Silberzahn. Et de conclure : "Un projet ne se construit pas seul mais avec ses clients".