Mon compte Devenir membre Newsletters

[Tribune de Denis Jacquet] 2013, l'année de tous les dangers ?

Publié le par

2013 sera-t-elle un vendredi permanent ? Passerons-nous sous les échelles, une patte de lapin accrochée aux vêtements, un fer à cheval au pied ? Ou pouvons-nous nous doter d'une chance de gagner à l'Euro Millions ? Rapide florilège de ce qui pourrait changer la donne dans ce pays.

Denis Jacquet, serial entrepreneur et président-fondateur de l'association Parrainer la Croissance.

Denis Jacquet, serial entrepreneur et président-fondateur de l'association Parrainer la Croissance.

Le dialogue social. Il doit être nettoyé. De pied en cap. Pour cela il faut des gens intelligents, réalistes et prêt à renoncer à certains privilèges. Cela laisse assez peu de candidats. Si la première qualité est assez partagée, on a plus de problème avec les deux suivantes.

Il faut donc un État qui impose un renouveau du dialogue social, de la représentation des salariés, de la démocratisation des conseils d'administration, de la formation et une véritable réflexion sur l'employabilité. En contrepartie d'une révision du droit du travail, des seuils, du financement des syndicats, de la formation professionnelle. Non pas au bénéfice du patronat, mais un nouvel équilibre au bénéfice de tous.

Côté patronat il faudrait donc deux alcools essentiels pour rendre le cocktail buvable. Supprimer le mot de "patron" et élire un entrepreneur. Avec l'heureuse élimination de Frédéric Saint-Geours de la cours à la présidence du Medef, on retient son souffle. Aurait-on enfin compris qu'un Medef sera fort le jour où il représentera enfin ceux qui composent la majorité de ses membres et non la minorité qui le finance. Si nous avions un Medef de terrain, cela mettrait déjà un bon joueur d'un côté du court. Resterait à éclairer la CGT pour la rendre moins "ayatollesque" et le bonheur serait assuré. Resterait à s'allonger face au court et savourer un dialogue destiné à sauver les entreprises de notre pays et ses salariés. Sans brûler de pneus.

La politique entrepreneuriale. Notre Pellerin tente de faire éclore sa fleur entrepreneuriale. Il faut qu'elle soit suivie et soutenue. De son action, dont les Assises de l'Entrepreneuriat et la vallée numérique à la française, dépendra une partie de la couche confiance dont chaque fuite sera préjudiciable au pays. Si la BPI parvient à échapper aux griffes politiques, ce qui paraît mal parti, nous pourrions avoir un instrument de plus au service de l'innovation et des champions potentiels pour notre économie. Si la BPI gardait la main sur le comité Lauverjeon, qui ne contient aucun entrepreneur, signe évident de cécité technocratique, alors nous pourrons peut-être même cesser de délaisser les secteurs qui feront le monde de demain mais qui exigent une prise de risque et des moyens.

L'urgence PME. Mais l'urgence absolue c'est la trésorerie des PME. Le crédit d'impôt prévu par le plan compétitivité posera un minuscule pansement sur une plaie béante. Avec une moyenne de 5K par entreprise, cela paiera au mieux le nettoyage de mégots de cigarettes des salariés. L'urgence c'est de permettre aux PME de passer les deux prochaines années par la signature d'un pacte d'urgence entre l'État, les grands groupes et les entreprises publiques. De signer un paiement à 30 jours, pendant 24 mois, afin de réinjecter un mois des 154Mds€ de trésorerie des grands groupes dans les PME, qui autrement, réussiront l'exploit contraire à toutes les règles physiologiques de mourir d'hémorragie faute de sang.

Enfin, financer le BFR, garantir et avancer les commandes fermes. Il n'existe quasiment plus de solutions pour les PME, même dotées de commandes !

Faisons vite émerger des solutions, que certains acteurs tentent de pousser pour y remédier. BFR et paiement rapide. Voilà ce qui permettra à nos entreprises de passer la tempête sans se briser. Elles n'ont plus de mâts, préservons la coque et soufflons le vent de trésorerie qui s'impose.

Bio express

Denis Jacquet crée sa première société H2I, en 1993, dans l'immobilier d'entreprise. Drogué d'entrepreneuriat, il achète, en 1997, le n° 1 de la formation à distance qu'il sauve puis revend. Dans la foulée, il crée Edufactory, spécialiste du e-learning. Enfin, une nouvelle aventure démarre, en 2011, avec le moteur de recherche Yatedo. Parallèlement, il fonde l'association Parrainer la croissance, il y a plus de trois ans, qui rapproche entreprises et cadres expérimentés de grands groupes. Dernier fait d'arme : il lance cette année l'Accélérateur de croissance, pépinière et incubateur basé sur les mêmes fondamentaux.

Rens. : www.denisjacquet.com