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2010, une France en convalescence avec 1% de croissance

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Les effets de la crise vont perdurer dans la majorité des secteurs d'activité en 2010, selon Euler Hermes. L'assureur-crédit prévoit entre 0 et 5% d'augmentation des défaillances.

2010 sera pour la France une année de convalescence avec une croissance faible (1% estimé) et un maintien de la sinistralité à un niveau élevé (entre 0 et 5% d’augmentation des défaillances attendue). Voilà ce qu'annonce l'assureur-crédit Euler Hermes dans un communiqué daté du 11 mars.

Une reprise technique limitée et pas de redémarrage tangible à ce stade

Contrairement à ce que l’on pouvait attendre des épisodes passés de récession, l’économie française aura du mal à repartir en 2010. Après l’ampleur des baisses de 2009, le redémarrage “technique” lié au restockage est particulièrement faible.

Si globalement la production a cessé de décroître, avec 0,6 % de croissance du PIB au dernier trimestre 2009, il n’y a pas de redémarrage tangible à ce stade: la reprise n’est pas encore enclenchée.

"La production manufacturière est 12% en dessous de son point haut de mi-2008. Les demandes de garanties –en montant– faites auprès d’Euler Hermes SFAC sont en baisse de 21% à fin février 2010 sur 12 mois glissants, ce qui est en ligne avec la baisse moyenne du chiffre d’affaires des entreprises constatée par notre réseau de délégations", commente Ludovic Sénécaut, président du directoire d’Euler Hermes SFAC.

Perspectives sectorielles: les fondamentaux restent fragiles et préfigurent une reprise molle

Que ce soit au niveau des entreprises, pour les biens d’équipement, ou au niveau des particuliers avec la construction, l’investissement reste en berne, ceci malgré un coût du crédit historiquement bas. Ces deux secteurs demeurent donc en récession. Le début du restockage devrait profiter dans un premier temps aux biens intermédiaires. Corollairement, le début de la reprise alimente l’activité transport qui repasse en positif en 2010.

Les besoins d’intérim, qui peuvent constituer un indicateur avancé de l’économie, sont au point mort. L’emploi devrait continuer à se dégrader, pesant sur le moral des ménages et donc sur la consommation. Certes, la crise est passée mais ses effets, notamment sur la demande interne, avec un taux de chômage qui dépassera 10% de la population active en 2010, vont perdurer encore de nombreux mois. Dès lors, les ressorts de la reprise paraissent bien fragiles.

"Une période de convalescence d’environ un an s’est engagée pour la France pendant laquelle il faut espérer que les déséquilibres générés par le choc de la récession vont pouvoir lentement se résorber. La croissance en 2010 resterait ainsi décevante, autour de 1 %", commente Karine Berger, directrice marchés et marketing Groupe Euler Hermes.

La situation des entreprises reste délicate, après la forte sinistralité 2009 atténuée par les mesures de soutien

Le bilan 2009 des défaillances en France est sans appel: aucun secteur, aucune région, aucune taille d’entreprise n’a été épargnée. Avec 64.661 défaillances, la France a retrouvé les niveaux record de défaillances atteints en 1993.

Cette augmentation a touché l’ensemble des régions de l’Hexagone, avec des progressions supérieures à 15% dans huit régions avec en tête : Basse-Normandie (+37%), Rhône-Alpes (+30%) et Alsace (+29%).

Dans tous les secteurs, la sinistralité est restée orientée à la hausse, proche de 30% dans l’immobilier et de l’ordre de 15 à 20% dans l’industrie, la construction et les transports. Les entreprises employant de 50 à 100 salariés ont été les plus fragilisées avec une augmentation de +59% des défaillances.

"Le bilan 2009 aurait pu être plus lourd: on estime qu’au moins 6.000 entreprises ont été «sauvées» par les mesures prises par l'Etat. Mais il y a un risque de report sur 2010 de ces défaillances qui auraient dû intervenir en 2009. Nous prévoyons donc cette année un maintien de la sinistralité à un niveau élevé avec une augmentation des défaillances estimée entre 0% et 5%", estime Karine Berger.