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La taxe sur les enseignes crée la polémique

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Votée dans le cadre de la loi de modernisation de l'économie, la taxe locale sur la publicité extérieure, applicable depuis septembre, varie beaucoup selon les communes où elle est perçue.

Vous avez peut-être eu la (mauvaise) surprise de vous voir assujetti, il y a deux mois, à une nouvelle taxe: la taxe locale sur la publicité extérieure (TLPE), dont le but est de lutter contre la pollution visuelle. Votée en août 2008 dans le cadre de la loi de modernisation de l'économie (LME) et applicable depuis début 2009, cette taxe tient compte de la superficie des enseignes et des supports publicitaires fixes, visibles de toute voie ouverte à la circulation publique. Elle remplace trois taxes: la taxe sur la publicité frappant les affiches, réclames et enseignes lumineuses, la taxe sur les emplacements publicitaires et la taxe sur les véhicules publicitaires. Dans les faits, ces impôts étaient peu appliqués aux enseignes, se concentrant sur la publicité, selon le Syndicat national de l'enseigne et de la signalétique (Synafel). Aujourd'hui, ce sont les municipalités, qui perçoivent la TLPE, qui décident de l'application ou non de cette taxe facultative et de son taux de calcul, après délibération du conseil municipal. Le taux maximal est fixé par la LME. La situation des commerçants vis-à-vis de la taxe dépend largement de leur commune: à Paris, toutes les enseignes sont concernées (l'exonération prévue par la TLPE pour les surfaces inférieures à 7m2 n'étant ici pas appliquée par le conseil municipal), tandis qu'à Angers, la taxe est de 1€ seulement par m2. Mais selon le Synafel, la majorité des communes ont choisi d'appliquer le taux maximum prévu par la loi. Le Synafel déplore également la complexité de la taxe: que comptabiliser dans la notion, assez vague, de publicité extérieure? Les éléments de publicité sur le lieu de vente, amovibles, en font-ils partie? Gérard Atlan, président du Conseil du commerce de France, estime que le moment est mal choisi: «Dans un contexte économique difficile, les commerçants découvrent l'existence de cette nouvelle taxe, qu'ils n'ont pas anticipée.»