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Les fraudes sont en hausse dans les entreprises européennes

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Selon l'étude* d''Ernst & Young sur la fraude en entreprise, près de 6 salariés européens sur 10 appellent à un contrôle renforcé de la part des gouvernements afin de diminuer les risques.

Ernst & Young a publié le 20 mai son étude* sur la fraude en entreprises en Europe. Voici ce qu'on y apprend.

Une tolérance accrue des pratiques non éthiques en temps de crise

L’étude 2009 révèle que les perceptions sur la fraude sont relativement similaires au niveau européen même si on décèle aussi quelques appréciations culturelles. Ainsi, 25% des personnes interrogées au niveau européen affirment que des règlements en liquide sont des moyens acceptables quand il faut retenir un client (contre 20% au niveau français).

Par contre, 24% des répondants européens pensent qu’offrir des cadeaux personnels pour remporter un appel d'offres ou retenir un client pourrait être justifié dans l'objectif d'aider leur entreprise à traverser la crise, contre presque la moitié (48%) des répondants en France.

Il y aura une augmentation des cas de fraude selon les salariés interrogés

Presque la moitié des personnes interrogées en France (47% contre 55% pour l’Europe) s'attendent à ce que la fraude en entreprise augmente dans les quelques années à venir. Parmi elles, 57% affirment que si elles croient à l’augmentation des risques de fraude, c'est parce qu'elles ne font pas confiance au management. Le pessimisme semble assez général et ceux qui croient à une diminution de la fraude dans les années à venir ne sont que 5% en France et 8% en Europe.

Les réductions d’effectifs augmentent les risques de fraude

Un peu plus que la moitié du panel interrogé en France (51%) pense que les réductions d'effectifs entraînent une surcharge de travail pour les salariés qui restent dans l'entreprise et 83% déplorent l’impact de ces changements sur le moral de ceux qui ont réussi à sauvegarder leur emploi. Pour 34%, les réductions d'effectifs ont pour conséquence la négligence ou le non-respect des procédures anti-fraude.

Le management n’est pas jugé fiable dans la lutte anti-fraude

Si la moitié des personnes interrogées en France s’accordent pour affirmer que leur entreprise a augmenté ses efforts dans la lutte contre la fraude ces dernières années, l’étude montre que ceci ne semble pas contribuer à créditer le management d’une image positive.

Au contraire, quand on leur demande à quel niveau se situe le risque le plus élevé de fraude au sein de l’entreprise, la majorité des salariés en France (54%) désigne le niveau du haut management. Ce chiffre, supérieur à la moyenne pour Europe de l’Ouest (39%) et même pour l’Europe Centrale et de l’Est (46%), met en lumière un défaut de confiance particulièrement fort en France vis-à-vis de la direction. Ainsi, plus que la moitié (58%) des personnes interrogées en France appellent à un contrôle renforcé de la part des gouvernements/organes de régulation afin de diminuer les risques de fraude.

"Les résultats de l’étude semblent une fois de plus inquiétants car un pourcentage très élevé de personnes se déclare prêt à faire des concessions avec les règles éthiques au nom de la survie de l’entreprise, alerte Jean-Michel Arlandis, associé en charge du département Fraud Investigation and Dispute Services (FIDS) chez Ernst & Young. Ainsi, au lieu d’accroître la vigilance dans l’entreprise, la crise actuelle a pour effet d’augmenter les risques de fraude", précise-t-il avant de conclure :"Et rappelons que les traductions de ce risque accru en fraudes réelles commises ne seront visibles que dans quelques années."

*L’enquête européenne "Is integrity a casuality of the downturn?" sur la fraude en entreprise a été réalisée dans le cadre du volet "Protéger vos actifs" de la campagne mondiale d’Ernst &Young "Opportunités en temps de crise". 2246 interviews téléphoniques ou par mail ont été réalisées aux mois de janvier et février 2009 avec des salariés de grandes entreprises (plus de 1000 employés) dans 22 pays européens.