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Les salariés impliqués dans leur travail mais inquiets pour l'avenir

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L'Observatoire Cegos vient de publier une enquête sur le climat social dans les entreprises françaises.

L’Observatoire Cegos vient de publier sa nouvelle enquête sur le climat social dans les entreprises françaises : 172 DRH issus des différents secteurs d’activités et un échantillon national représentatif de 2 000 salariés ont ainsi été interrogés en septembre 2009 sur ce sujet.
Premier enseignement de cette étude : 68 % des salariés se déclarent globalement satisfaits de leur travail. Ils sont autant impliqués (77 %) et motivés (61 %) qu’en 2008. Une majorité (53 %) affirme être satisfaite de sa situation professionnelle, seul un salarié sur cinq en est mécontent. Il est intéressant de noter que les DRH ont une vision un peu plus pessimiste. Ils ne sont que 52 % à penser que les salariés sont satisfaits de leur travail. De même, ils ne sont qu’une petite majorité (52 % également) à affirmer que les collaborateurs sont impliqués et motivés par leur travail.
Si les salariés semblent personnellement satisfaits de leur situation, ils sont plus mitigés sur le climat général de leur entreprise. Ils ne sont que 45 % à trouver le climat social interne bon, 31 % sont partagés et 25 % le trouvent même carrément mauvais. Comment expliquer ce décalage entre satisfaction au travail et climat social médiocre ? On remarque tout d’abord qu’à peine plus d’un salarié sur deux a confiance dans l’avenir de son entreprise. Les autres sont soit partagés (26 %), soit craignent réellement pour leur emploi (19 %). Outre la peur de l’avenir pour certains, la politique salariale de l’entreprise est un autre facteur important de détérioration du climat social. Seuls 39 % des salariés sont satisfaits de leur système de rémunération. Mais le plus grand motif de mécontentement reste l’équité des systèmes de rémunération qui ne satisfait qu’un tiers des salariés. Troisième source de tension au sein de l’entreprise : la charge de travail. 56 % des salariés trouvent l’effectif de leur service globalement inadapté aux tâches qui leur sont assignées. Un sur deux ajoute que la charge de travail n’est pas efficacement distribuée au sein de l’équipe. De plus, les salariés reprochent à leur manager de ne pas traiter tous les collaborateurs sur un pied d’égalité. Ils sont 52 % à l’affirmer. Enfin, les salariés soulignent que le manager ne régule pas les conflits au sein de l’équipe (55 %), n’est pas assez à l’écoute de ses collaborateurs (51 %) et ne les soutient pas (50 %).
Annick Allégret, directrice de l’unité Ressources Humaines & Management de Cegos, souligne ceci : "Tant les DRH que les salariés constatent la médiocrité du climat social actuel. En revanche, l’analyse des causes de ce climat est différente. Les DRH fustigent le manque d’anticipation des managers pour aplanir les tensions, quand les salariés se plaignent surtout de l’iniquité salariale et de la répartition de la charge de travail. Cette différence d’interprétation pourrait, à terme, cristalliser les dissensions internes."
Malgré tous ces reproches, 53 % des salariés font malgré tout confiance à leur manager. D’ailleurs, en cas de problème au travail, c’est d’abord vers lui que l’on se tourne (53 %), avant d’entamer toute autre action. On remarque que par rapport à 2008, les salariés ont de plus en plus tendance à lever le pied s’ils ne sont pas satisfaits (34 % en 2009 vs 31 % en 2008). L’an passé, 38 % d’entre eux affirmaient continuer à travailler avec toujours la même énergie, même en cas de mécontentement. Cette année, ils ne sont plus que 29 % dans ce cas (-8 points).

La crise économique et le cortège de plans sociaux qui l’accompagne depuis un an ont bien entendu eu un impact sur les salariés. Ils sont 66 % à comprendre les actions extrêmes qui se sont déroulées chez Caterpillar, Molex et autre New Fabris. Plus surprenant peut-être, un DRH sur deux dit également comprendre la nature radicale de ces conflits. Un tiers des salariés pense même que ce type de conflit est envisageable dans leur entreprise ! Mais pour le moment, seule une minorité croit possible un plan social dans son entreprise (34 %) ou le recours au chômage partiel (29 %). En revanche, ils envisagent fermement (à 64 %) un blocage des salaires pour 2010. Les DRH sont, eux, plus optimistes : 54 % d’entre eux ne croient pas au gel des rémunérations.

Annick Allégret conclut ainsi : "Je trouve les salariés très lucides dans leur approche de la crise. Ils ont
conscience des difficultés économiques actuelles et sont prêts à accepter certains compromis, si
cela peut aider l’entreprise à traverser cette mauvaise passe. Néanmoins, ils restent vigilants et
accepteront de voir leurs salaires bloqués, voire réduits, si et seulement si l’entreprise met en
place des dispositifs concrets de sortie de crise. S’ils sentent que tous leurs efforts ne seront pas récompensés une fois la croissance revenue, on verra certainement réapparaître des actions
radicales."