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Malgré les réformes, les inégalités perdurent

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Selon une enquête* de l'Observatoire Cegos sur les évolutions de la formation professionnelle, l'accès à la formation est toujours très inégal.

Selon une enquête* de l'Observatoire Cegos sur les évolutions de la formation professionnelle, l'accès à la formation est toujours très inégal. La réforme de 2004 avait notamment pour objectif de démocratiser l'accès à la formation professionnelle. Cependant, aujourd'hui encore, plus d'un salarié sur deux (52%) affirme n'avoir bénéficié d'aucune formation au cours des trois dernières années. Les plus touchés sont ceux des petites entreprises (67% des salariés non formés depuis trois ans dans les PME de moins de 50 personnes) et les ouvriers (68%). On notera en revanche qu'il n'y a pas d'inégalités hommes/femmes sur ce sujet.

Mathilde Bourdat, responsable de l'offre “management de la formation” au sein de Cegos souligne que «la confiance dans la formation n'est pas liée au fait qu'on y accède ou non. Les salariés des PME et les ouvriers sont aussi confiants dans la formation que les cadres, et la perçoivent comme un moyen pour eux d'assurer leur développement professionnel». Si les salariés français se forment, c'est avant tout dans l'optique d'évoluer professionnellement (93%) et, conséquence directe, d'améliorer leurs revenus (90%).

De leur côté, les DRH voient avant tout dans la formation la possibilité d'adapter les salariés aux exigences de leur poste (95%) et un moyen de maintenir leur employabilité (94%). DRH et salariés n'ont pas le même avis sur les domaines de formation prioritaires. Les responsables des ressources humaines souhaitent avant tout que les collaborateurs se forment aux compétences transverses (67%) alors que les salariés se focalisent sur les savoir-faire métier (55%).
Un salarié sur deux dit connaître le Droit individuel à la formation (Dif), au moins dans ses grandes lignes (+6 points vs 2008), et deux fois plus de salariés ont l'intention de demander à utiliser leur Dif qu'en 2008 (32% vs 16%). D'ailleurs, les salariés apprécient ce dispositif. Il s'agit pour 71% d'entre eux d'une opportunité pour évoluer personnellement ; c'est un droit qualifié d'“intéressant” voire de “très intéressant” par 82% des collaborateurs. Les DRH abondent dans ce sens. Le Dif représente pour eux, à 73%, un levier de dialogue constructif avec les salariés. Cependant, peu l'ont véritablement intégré à leur politique de formation : 45% des décisions sont prises au cas par cas. Un malentendu persiste dans les usages potentiels du Dif. Les DRH étant persuadés, à 62%, que les salariés veulent utiliser leur Dif pour développer des compétences transverses, alors que pour les salariés, il s'agit avant tout de développer ses compétences sur son métier actuel ou futur.

Au-delà du Dif, salariés et DRH semblent toujours autant apprécier le système de formation “à la française”. 90% des salariés, et autant de DRH, pensent que les différents dispositifs mis en place favorisent le développement des compétences. À noter, concernant la réforme récemment votée, un enthousiasme plus fort chez les salariés que chez les DRH. Mathilde Bourdat estime que «cette réforme est avant tout tournée vers le financement de la formation des publics les plus fragiles, qu'ils soient salariés, demandeurs d'emploi, bénéficiaires des minima sociaux. Ses effets pour les entreprises seront indirects, et c'est surtout du côté des TPE-PME que les bénéfices des dispositions sont attendus. Il est donc logique que l'ensemble des DRH ou des responsables de formation (RF) ne se sentent pas pleinement et directement concernés».

Les DRH et RF sont de plus en plus exigeants vis-à-vis des programmes mis en place. Ils affirment très largement (à 83%) prêter une plus grande attention à la maîtrise du budget formation ces dernières années. Le budget alloué à la formation a, semble-t-il, été particulièrement bouleversé en 2009. Alors que les études Cegos montrent habituellement un taux de stabilité des budgets de l'ordre de 70%, les résultats sont bien plus contrastés cette année. Si près de 40% des entreprises ont fait des économies sur leur budget formation, d'autres (30%) ont au contraire choisi d'investir encore davantage dans ce domaine. C'est notamment le cas dans les PME de moins de 250 personnes, du secteur du BTP et de celui de la banque/assurance. Mathilde Bourdat conclut que «dans tous les secteurs, quelle que soit l'évolution du budget formation, on constate une plus grande attention des entreprises à l'investissement formation. Notamment, DRH et RF cherchent à renforcer le lien entre la politique formation et la stratégie de l'entreprise, à mieux articuler formation et management, et à renforcer le suivi terrain des formations».

*320 DRH et responsables de formation issus de différents secteurs d'activité et un échantillon national représentatif de 801 salariés ont été interrogés entre septembre et octobre 2009.