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Manchester : opération séduction auprès des PME étrangères

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La ville, ancien bastion de l'industrie textile ravagé par la désindustrialisation des années soixante-dix, entame sa réhabilitation il y a une quinzaine d'années et veut aujourd'hui rivaliser avec Londres. Pour attirer les entreprises étrangères, elle met en avant des coûts réduits. Visite guidée.

Welcome to Manchester

Welcome to Manchester

Manchester, ville du football et du rock, cherche aujourd’hui à s’imposer comme la rivale de Londres en termes de business. Après les heures noires de la désindustrialisation, dévastatrices pour cet ancien bastion de l’industrie textile, la ville a entamé sa réhabilitation au milieu des années quatre-vingt-dix et veut attirer les capitaux étrangers pour soutenir sa croissance.

Le town-hall de Manchester

Il faut dire que la ville peut mettre en avant quelques arguments :

  1. Le niveau de salaire y est  globalement plus bas que dans le reste de l’Angleterre et bien inférieur à celui pratiqué à Londres. Selon des chiffres datant de 2007 de Nomis, service de l’Office national anglais des statistiques, le salaire moyen annuel atteint 22 475 euros à Manchester et sa banlieue, contre 33 443 euros à Londres et 23 937 euros pour l’Angleterre.
  2. L'immobilier : Par rapport à Londres, où les loyers peuvent être prohibitifs, Manchester offre des tarifs immobiliers plutôt attrayants, aussi bien pour les habitants que pour les entreprises. D’autant que Midas, cabinet mandaté par le gouvernement pour promouvoir la ville de Manchester, offre la possibilité aux entreprises étrangères qui envisagent de s’y installer de louer pendant 12 mois un bureau tout équipé gratuitement. Un service dont a bénéficié Protime, une entreprise belge venue s’installer en 2010. « Nos bureaux tout équipés pour deux personnes nous coûtent 1 100 euros par mois, se réjouit Kris Van Hellemond, responsable des bureaux de Manchester et Paris. Cela fait peu comparé aux 1 700 euros que nous coûte la même superficie à la Défense à Paris… »
  3. Une “Enterprise Zone” vient par ailleurs d’être mise en place autour de l’aéroport. Comme pour les 20 autres zones du pays, les entreprises y bénéficient d’avantages fiscaux allant jusqu’à 330 000 euros sur cinq ans.

Autre avantage, lié à la fiscalité anglaise cette fois mais qui pourrait intéresser les entreprises étrangères et notamment françaises : le faible taux d'imposition sur les sociétés, actuellement de 28 %. Le gouvernement vient d'ailleurs d'annoncer la baisse de cet impôt, malgré les plans de rigueur, à 26 % en avril et 23 % en 2015. 

Une ville en pleine réhabilitation

Au-delà des considérations financières, la ville de Manchester a entamé un vaste plan de réhabilitation, qui donne le sentiment d’une cité dynamique et d’un climat propice aux affaires. Après les attentats de 1996, qui ravagèrent le centre-ville, la mairie a investi près de 2,4 milliards d’euros pour la reconstruction (voir photo).

Le nouveau centre-ville de Manchester reconstruit après les attentats de 1996.

La modernisation a transformé le visage de Manchester, où se mêlent aujourd’hui les briques rouges des anciennes maisons d’ouvriers et les lignes brisées des nouveaux buildings de verre.

Le dynamisme de la ville se couple avec celui des entreprises implantées localement, à l’image de The Co-operative, la plus ancienne et importante coopérative du Nord de l’Angleterre qui emploie plus de 100 000 personnes. Elle a ainsi investi 215 millions d’euros dans la construction de son nouveau siège social dans le nord de Manchester, qui sera le bâtiment le plus efficace énergétiquement du pays avec son propre centre énergétique. Le siège social, qui devrait être fini d’ici à septembre 2012, sera au centre d’un nouveau quartier d’affaires que développe The Co-operative, Noma (pour North Manchester), en partenariat avec la ville de Manchester, qui s’étendra sur un peu plus de 8 hectares.

2 000 entreprises étrangères, dont 75 françaises, sont aujourd’hui implantées à Manchester.

Malgré tout, Manchester et le nord-ouest de l’Angleterre affichent encore des taux de chômage supérieurs au reste du Royaume-Uni à 9,3 % (contre une moyenne nationale de 8,4 %).
Rivaliser avec la City restera encore difficile pour la dynamique Manchester, d'autant que Londres profite de la tenue des Jeux Olympiques dans la ville cet été.