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Regards croisés des 20-30 ans et des DRH sur le monde du travail

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La Cegos a réalisé une enquête auprès de jeunes salariés. Résultats : ils rejoignent une entreprise pour la rémunération qu'elle leur propose. Ils la quittent quand l'ambiance de travail se déteriore.

Pour les 20/30 ans, le travail et l'argent font toujours partie des éléments clés de la vie. C'est ce qui ressort d'une étude menée par l’Observatoire Cegos en avril 2009 auprès de 1001 jeunes salariés âgés de 20 à 30 ans et de 120 DRH. L’objectif de cette enquête était double : mieux comprendre les attentes des jeunes vis-à-vis du monde de l’entreprise et connaître les politiques RH mises en place vis-à-vis de cette population. Voici ce qui en ressort.
Si la famille remporte, comme on s'y attendait, tous les suffrages (1ère priorité pour 78% d’entre eux), le travail et l’argent passent bien avant le temps libre et les amis. L’argent est d’ailleurs LE critère décisif dans le choix d'un travail : que ce soit au niveau de la rémunération à l’embauche (principal critère d’importance à 62%) ou des perspectives d’évolution (principal critère à 35%). Des critères tels que l’intérêt du travail ou l’image de l’entreprise arrivent aux 4e et 5e rang. Contrairement à ce que l'on pouvait attendre, la flexibilité des horaires et les missions internationales semblent  négligées : ils n’arrivent qu’en 18e et 20e rang… sur les 20 critères proposés !
Les ¾ des jeunes sont prêts à rester dans la même entreprise si cette dernière répond à leurs attentes et leur permet d’évoluer. La mobilité, ils l’envisagent d’abord en interne afin notamment de changer de poste au sein de la même filière métier, comme le proclament 58% d’entre eux. Les 20/30 ans affirment d’ailleurs être globalement satisfaits de leur travail. Ils apprécient l’ambiance (à 73%) et la confiance que leur porte leur manager (à 72%) même s’ils sont 54% à penser que ce dernier ne leur a pas donné de retour régulier sur leur travail.
Avant leur entrée dans le monde du travail, la plupart des jeunes actifs étaient inquiets (à 84%), méfiants (à 77%) et exigeants (à 77%) vis-à-vis de l’entreprise. S’ils sont moins inquiets (-23 points) et moins méfiants (-7 points) après leur première expérience, le niveau d’exigence, lui, augmente encore pour atteindre 81%.
Annick Cohen-Haegel, manager de l’offre ressources humaines de Cegos, commente : « Les jeunes ne changent pas pour changer, s’ils sont heureux dans leur poste, ils y restent et cherchent à évoluer rapidement en interne. En revanche, ils n’hésiteront pas à quitter l’entreprise si celle-ci ne satisfait pas leurs exigences dès que des opportunités externes se présentent. Le lien “affectif” avec l’entreprise n’est pas perceptible, on est beaucoup plus dans une philosophie du donnant-donnant. C’est une génération du contrat individualisé et négocié dans laquelle se retrouvent aussi bien les ouvriers que les cadres, les femmes que les hommes, le secteur de l’industrie que celui des services ».
Parmi les valeurs d’entreprises les plus importantes aux yeux des salariés, on trouve d’abord le respect de la personne (46%), la convivialité sur le lieu de travail (43%) et la reconnaissance du travail accompli (37%).
Ils attendent de leur manager qu’il soit à leur écoute (principale attente à 29%) et qu’il les respecte (principale attente à 17%). Le manager direct est d’ailleurs proche de leurs besoins : c’est lui qui suit leur intégration à leur entrée dans l’entreprise (pour 59% des jeunes), qui développe les compétences professionnelles (59%) et qui aide en cas de difficultés (54%). Les collègues, les N+2, les DRH et les partenaires sociaux arrivent très loin derrière. Si l’ambiance de travail est mise à mal, alors les 20/30 ans quittent l’entreprise. C’est le premier critère motivant un départ. Le manque d’intérêt de la mission arrive en 2e position.
Si les DRH reconnaissent aux jeunes des qualités de dynamisme, relationnelles et d’ambition, ils nourrissent certaines craintes quant à leurs trop grandes exigences vis-à-vis de l’entreprise et à leur esprit “frondeur”. Ce qui, selon eux, peut se matérialiser par du micro-absentéisme (un jour ou deux), le non respect des règles de confidentialité et des litiges plus fréquents.
Annick Allégret, directrice de l’unité RH & Management de Cegos, conclut : « Les DRH ont encore du mal à gérer la population des 20/30 ans. Leur niveau d’exigence fait peur, or il devrait être considéré comme un atout pour l’entreprise. Le jeune salarié a besoin d’un management et d’une GRH plus individualisés, avec des objectifs à court terme, explicites et précis reposant sur un contrat clairement défini entre son manager et lui. Il y a beaucoup à créer, mais quel défi passionnant pour les DRH ! ».