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Retards de paiement des entreprises européennes en hausse sur le 3e trimestre !

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Selon l'analyse d'Altares, spécialiste de la connaissance inter-entreprises, la dégradation des comportements de paiement des entreprises européennes se poursuit au 3e trimestre 2008.

Observés au travers du programme DunTrade qui depuis 25 ans en Europe analyse les informations provenant directement de la comptabilité client de milliers de sociétés participantes, les comportements de paiement des entreprises européennes se détériorent ce trimestre encore. C'est ce qui ressort de l'analyse trimestrielle d'Altares, spécialiste de la connaissance inter-entreprises, publiée jeudi 20 novembre. Les retards de paiement sont à un niveau jamais atteint depuis 4 ans en Europe, 10 ans au Royaume-Uni et 13 ans en Italie. Les comportements de paiement se dégradent également en Espagne tandis qu'ils demeurent relativement stables en Allemagne, en France et  au Pays-Bas. À moins de 12,6 jours en fin d'année 2007, ils ont été portés à 12,7 jours au 1er trimestre 2008, 13,6 jours au 2e et atteignent 14,1 jours sur le 3e, soit 1,5 jour de plus en seulement 12 mois. Altares n'avait plus constaté de retards aussi longs depuis le printemps 2004. À cette époque, les comportements de paiement des entreprises européennes s'inscrivaient sur une tendance favorable après de fortes perturbations observées depuis les événements de septembre 2001. La détérioration des paiements est sensible et régulière au Royaume-Uni depuis début 2007. Les retards de paiement des entreprises britanniques étaient alors de 12,3 jours. Ils s'approchent désormais des 16 jours à 15,8 jours. Jamais depuis 10 ans, les comportements de paiement des entreprises du Royaume-Uni n'ont été aussi tendus. En Italie, le retournement est particulièrement rapide. Les retards de paiement se situent à 18,6 jours. Il faut remonter à 1995 pour constater des paiements aussi tardifs. Ceux-ci étaient de 20 jours au deuxième trimestre 1995. Sur une période plus récente, la dégradation des paiements s'accélère. Les retards de paiement ont augmenté de 6 jours en seulement 12 mois. Ces comportements sont d'autant plus sévères que ces reports longs s'ajoutent à des délais contractuels déjà importants pouvant atteindre 120 jours. Les entreprises espagnoles tendent elles aussi à durcir leurs paiements. En Espagne, les retards dépassent à nouveau 15 jours (15,1 jours), mais ils se stabilisent voire s'améliorent en Irlande et au Portugal à des niveaux qui restent cependant élevés. Les reports sont encore de 19 jours en Irlande et 22,9 jours au Portugal. En Belgique, les retards de paiement sont moins importants que la moyenne européenne, mais demeurent mal orientés sur 12 mois. Ils se situent à 13,8 jours au troisième trimestre 2008 contre 13,4 jours trois mois plus tôt et 13,1 jours en début d'année. Dans ce contexte difficile, les comportements de paiement des entreprises allemandes, françaises et néerlandaises apparaissent méritoires.

En Allemagne, les retards de paiement sont encore supérieurs de près d'une journée à ceux calculés un an plus tôt. Néanmoins, ils s'améliorent d'une journée sur trois mois. Ils tombent ainsi à 10,1 jours au troisième trimestre 2008 contre 11,1 au deuxième. Les paiements allemands demeurent les plus vertueux en Europe. En France comme aux Pays-Bas, les reports de règlement restent contenus en dessous de 12 jours, à respectivement 11,9 et 11,7 jours. Depuis 2 ans, les entreprises françaises et néerlandaises tentent de contenir leurs retards de paiement aux environs de 12 jours.

En France, à quelques semaines de l'entrée en application de la loi LME et de ses dispositions relatives aux délais de règlement, l'effort des entreprises à respecter les conditions de paiement est encourageant. Altares constate une dégradation des paiements dans la plupart des secteurs d'activités au cours des trois derniers mois. C'est dans l'immobilier que les retards sont les plus lourds à 17,2 jours, soit environ un jour de plus qu'il y a trois mois. Dans le bâtiment, les retards sont exactement dans la moyenne européenne, toute activité confondue, à 14,1 jours. Cela traduit une dégradation sensible puisque ce délai n'avait pas été atteint depuis le printemps 2004. Sur trois mois, les reports s'allongent d'une demi-journée. La France est, dans ce secteur, le meilleur élève de l'Europe. Dans le commerce, comme dans le bâtiment, les retards atteignent des valeurs non enregistrées depuis le printemps 2004. Dans le commerce de gros, les reports de règlement approchent les 14 jours (13,9 jours). C'est dans le commerce de détail que les retards sont les plus longs en Europe après ceux observés dans l'immobilier. Le report moyen se situe à 15,7 jours soit 0,6 jour de plus qu'au deuxième trimestre 2008. Ce délai approche donc les 16 jours, niveau qui n'a plus été dépassé depuis juin 2004. Les comportements de paiement des transporteurs européens sont stables sur trois mois. Les retards de paiement demeurent supérieurs à 15 jours (15,1 jours). Les comportements de paiement des sociétés de services se dégradent depuis le début de l'année. Le retard de paiement moyen se situe à 13,5 jours ce troisième trimestre contre 13 jours au deuxième et 12,5 jours au premier. Il s'approche ainsi de 13,6 jours, valeur qui n'avait plus été atteinte depuis juin 2004. Dans l'industrie, les retards de paiement retrouvent leur niveau de fin 2004 et dépassent désormais les 13 jours (13,3 jours).

« La crise financière, puis économique, laissait craindre que le durcissement des conditions de paiement inter-entreprises, observé lors de l'étude Altares du premier semestre 2008, ne se poursuive sur l'été 2008, note Thierry Million, responsable des études Altares. La dégradation observée aujourd'hui ramène les comportements de paiement des entreprises européennes à des valeurs souvent comparables à celles relevées début des années 2000 et plus particulièrement après les événements de 2001. Dans une période de resserrement des conditions d'accès au crédit, la recherche des financements nécessaires au besoin d'exploitation conduit les directions financières à avoir davantage recours au crédit fournisseur. Les retards de paiement tendent alors à s'allonger. Pourtant, ceux-ci sont à l'origine d'une défaillance sur quatre. Les études statistiques réalisées depuis deux décades par Altares montrent que lorsque les retards de paiement d'une entreprise dépassent 30 jours, sa probabilité de défaillance est multipliée par 6 ! Des initiatives locales, comme la loi LME en France, ou européennes, comme la modification de la directive sur les retards de paiement prévue en 2009, tentent de répondre à ces problématiques. Pourtant, en parallèle de ces réponses réglementaires, des solutions pratiques existent. Connaître ses partenaires commerciaux, c'est-à-dire mesurer les opportunités de développement tout autant que les risques de défaillance, permet de gérer au mieux sa trésorerie, optimiser son BFR et pérenniser sa croissance. »