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La Bourse des PME : il est urgent d'attendre !

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NYSE-Euronext vient de livrer les grandes lignes de son projet de " bourse de l'entreprise ". Les PME n'y sont pas conviées.

En regroupant 3 marchés : Euronext B et C avec Alternext, la bourse de Paris propose une simplification des marchés susceptibles d’accueillir des ETI. Mais des capitalisations de 20 millions d’€ à 1 milliard d’€ sont-elles représentatives des PME ?

Une PME, pour l’Union Européenne, c’est : - de 250 salariés, - de 50 millions d’€ de chiffre d’affaires, - de 43 millions d’€ de total de bilan. Ce sont d’ailleurs les seuils qui permettent les souscriptions en capital déductibles de l’IRPP ou de l’ISF. Et les entreprises qui emploient de 50 à 500 salariés sont 12 fois plus nombreuses que celles qui emploient plus de 500 salariés (30.000 contre 2.500).

Ces PME font aujourd’hui face à de grandes difficultés. Il faut donc leur donner les moyens de financer leur développement car, alors que les PME du nord de l’Europe, en Allemagne en particulier, sont libérées de l’essentiel de leurs soucis de financement grâce aux liens très forts qui les unissent à la « banque maison », les nôtres souffrent de deux handicaps : des marges insuffisantes dues à la faible compétitivité de notre pays et des relations bancaires médiocres, séquelles historiques d’un climat de méfiance réciproque. Et l’application progressive de Bâle III n’est pas faite pour améliorer cette situation.

Pour pallier à leurs difficultés de trésorerie, un seul moyen : les marchés ! Des marchés effectivement ouverts aux PME.

NYSE-Euronext organise, à Paris le Marché Libre et Alternext, marchés non réglementés répondant parfaitement aux besoins des PME. Il ne leur manque que l’essentiel : des investisseurs.

Si le Marché Libre traîne encore une réputation sulfureuse due au taux de défaillances élevé de ses émetteurs, Alternext n’a pas ce handicap. Pourtant la liquidité y fait également défaut. La raison en est que tous les fonds viennent sur Alternext quand le contexte est favorable et désertent dès que les marchés se retournent.

L’enjeu d’une véritable Bourse des PME n’est pas de regrouper Alternext avec Euronext mais de pouvoir accueillir des capitalisations modestes sur des marchés liquides.

Il faut drainer l’épargne vers une vraie Bourse des PME et, pour y parvenir, lier la défiscalisation d’un certain nombre de produits à un quota de détention. FCPI, FIP, Holding ISF, pourraient ainsi se voir imposer un quota d’1/3 sur les marchés pour 2/3 en private equity, par exemple. Ceci constituerait le début d’un cercle vertueux car la liquidité retrouvée de ces marchés y amènerait alors aussi les grands investisseurs institutionnels.

Pour permettre à nos PME de se développer, il faut améliorer leur compétitivité – on en parle –, assouplir le carcan social – on négocie – et leur permettre de se financer sur des marchés ouverts – on ne fait rien. Ces mesures auraient pourtant pour avantage de ne pas alourdir les dépenses de l’Etat tout en transformant une partie de nos rentiers en co-entrepreneurs. Il en sortirait forcément une dynamique de croissance.