Social learning, nouvelle brique de la formation 2.0

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"Comment former en maximisant l'interactivité ?" Une question qui hante les formateurs en entreprise, à l'heure où le modèle du présentiel montre ses limites. Après avoir titillé le ludisme avec les serious games, les formateurs s'appuient désormais sur le web social pour développer une nouvelle technique : le social learning.

Cette technique d’apprentissage collaboratif se caractérise par l’utilisation d’outils de partage sur une plateforme permettant aux apprenants d’échanger autour d’un sujet prédéfini. Les entreprises l’ayant adoptée sont de plus en plus nombreuses en Hexagone : EDF, Cételem, LCL, Adecco, les 3 Suisses … Focus sur une technique phare de la formation 2.0.

Enseignement 2.0 pour l’entreprise connectée

Issue de l’enseignement, cette pratique permet à l’apprenant de sortir de sa condition passive de stagiaire et de mettre en place un véritable échange avec le professeur et les autres apprenants, se basant sur la recherche de connaissances sur le web et le partage de celles-ci aux autres collaborateurs. Cette technique de co-création de contenu permet à chacun de découvrir des travaux d’approfondissements et d’experts et de relayer ses points de vue auprès de la communauté. L’enseignant n’est plus le passeur de savoir, mais devient animateur.

Le social learning doit son succès croissant à la réalité du monde professionnel. En effet, en entreprise, la majorité du savoir est transmis de manière informelle, directement entre collaborateurs.
En remettant au sein de la formation la valeur du partage, ce type d’apprentissage permet une mutualisation et une capitalisation de l’expérience de chacun. « Les salariés ne travaillent plus en silo, mais les uns avec les autres. » déclare Alexis Harmel, DRH de Fujitsu France.

Social learning : de solides arguments

Evolution du blended learning - qui mélange formation présentielle et elearning -, le social learning offre pour l’entreprise connectée de nombreux avantages :
1) Il favorise le travail communautaire, en impliquant davantage les collaborateurs. En effet, si d’autres types de formation (présentiel, elearning, …) isolent l’apprenant, favorisant ainsi l’abandon de la formation ou le manque d’implication, le social learning remet le groupe au centre de la transmission de savoir.
2) Il réduit le temps de formation des employés, fusionnant le temps de travail avec le temps d’apprentissage. Les sessions de social learning ne sont pas bloquées dans le temps, et l’apprentissage se fait en continu, s’adaptant aux capacités et aux besoins.
3) Il permet de capitaliser le savoir informel à faible coût : l’expérience est plus facilement partagée entre les différents acteurs. L’entreprise utilise la formation comme prétexte pour mettre en place une démarche de gestion des connaissances. (cf schéma plus haut)

La bonne maîtrise des outils SI essentielle

Le déploiement d’un service de social learning se fait à travers la mise en ligne d’un service web dédié. Si le réseau social d’entreprise est la plateforme privilégiée et emblématique pour ce type d’apprentissage (70% des entreprises du CAC 40 en disposent), d’autres outils reviennent à la mode, comme les forums, les blogs ou les chats.
Une bonne gestion de ces services sociaux est la clé de la réussite d’une stratégie de formation basée sur le social learning. A l’heure où les DSI ont tendance à sécuriser un maximum l’information et l’échange entre les individus, le social learning requièrt spontanéité et ouverture. Et si, pour être plus productif, il fallait être connecté en permanence sur Twitter et Facebook ?

Le social learning, la formation de demain ?

Si le social learning connait un succès croissant (66% des entreprises envisageaient de le mettre en pratique en 2012), les responsables de formation peinent à abandonner les techniques de formation classique. « Même si j’en avais la possibilité, jamais je ne validerai une formation 100 % social learning », prévient Alexis Harmel. « Je ne veux pas en arriver à des situations où les gens ne se parlent plus que par mails ou chat interposés alors qu’ils sont à deux mètres les uns des autres. On ne peut pas tout faire passer via des machines. »

Mais avant de l’adopter, la première étape pour mettre en place une formation social learning est de développer les outils communautaires de l’entreprise – aujourd’hui plus tournés vers la communication que vers la formation.

Sources :

http://www.socialearning.fr/nos-actualites/148-social-learning-et-pratiques-collaboratives
http://cdn.streamlike.com/hosting/orange-business/embedPlayer.php?med_id=ef4ab471dbeaa5e9
http://www.lenouveleconomiste.fr/lesdossiers/revolution-du-social-learning-9351/#.UP_q2idvoqI
http://www.elearning-actu.org/le-social-learning/
http://www.innovativelearningtechnologies.fr/tendances/bilan-2011-de-la-formation-positif-pour-le-e-learning-191
Schéma issu de l'ouvrage de Jean-Yves Prax : Le Manuel du Knowledge Management - "Mettre en réseau les hommes et les savoirs pour créer de la valeur "