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Un nouveau modèle social au service de la compétitivité et de l'emploi

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La culture du compromis que nous pratiquons quotidiennement dans nos entreprises, a su s'imposer au niveau national aux partenaires sociaux et permettre l'instauration, à la faveur de la négociation sur la sécurisation de l'emploi, d'une " flexisécurité ", indispensable pour répondre aux aléas d'une crise qui n'en finit plus.

La négociation fût âpre, car l’enjeu était de taille. Il s’agissait de permettre aux entreprises de s’adapter plus facilement à une conjoncture de plus en plus aléatoire et ainsi de répondre plus efficacement aux attentes de leurs clientèles, tout en sécurisant des salariés de plus en plus inquiets pour leur avenir. L’accord auquel sont parvenus les organisations syndicales et patronales, répond me semble-t-il à cette double exigence. En introduisant des mécanismes qui facilitent la conciliation, qui raccourcissent les délais de procédure en cas de licenciement et qui réduisent l'incertitude juridique, il contribuera à diminuer la peur de l'embauche, notamment dans les PME et les TPE. En créant des droits rechargeables à l’assurance chômage, un compte personnel de formation, un droit à une période de mobilité volontaire sécurisée, une représentation des salariés au Conseil d’Administration et en généralisant les complémentaires santé, il assure aux salariés un environnement de travail qui leur offre de nouvelles perspectives qui préservent notre modèle social. Il pose ainsi les bases d’un nouveau modèle économique et social au service de la compétitivité et de l’emploi.

Un modèle, que nous devons nous employer à mettre en œuvre au travers d’une reconnaissance de l’investissement personnel du salarié, une politique de formations diplômantes, une égalité homme/femme, une insertion des personnels handicapés, un système de tutorat pour faciliter l’intégration des jeunes dans l’entreprise et le maintien des seniors dans l’emploi… Autant d’exemples des fruits d’un dialogue permanent mis au service de la réussite de l’entreprise donc de ses salariés.

Instaurer durablement un consensus social

Ce succès du dialogue social, démontre la capacité des acteurs économiques responsables, à apporter des réponses concrètes aux enjeux cruciaux du moment et à anticiper les évolutions du cadre économique et social dans lequel évoluent les entreprises. Cette faculté d’adaptation est le propre de tout entrepreneur et souligne avec force la nécessité d’assouplir les contraintes qui brident leurs initiatives et le développement de leurs activités. L’absolue nécessité de faire évoluer notre droit du travail, tout comme les règles législatives et administratives qui encadrent l’action d’une entreprise, afin qu’ils soient mieux adaptés aux réalités du terrain, peut ainsi trouver une réponse partagée dans ce dialogue, au niveau des branches et des entreprises. Encore faut-il que les politiques sachent saisir la formidable occasion qui leur est offerte d’instaurer durablement un consensus social, fait de réalisme, de pragmatisme et de sens des responsabilités.

Les semaines qui viennent seront cruciales à cet égard, avec la transposition de cet accord dans le projet de loi qui sera soumis à l’examen du Parlement. S’il est ratifié en l’état par les deux assemblées, alors nous aurons fait un grand pas vers davantage d’efficacité économique et de reconnaissance du rôle des partenaires sociaux. En revanche, s’il devait être rogné ou modifié en profondeur au nom de je ne sais quel dogme, alors les réelles avancées obtenues au cours de ces dernières semaines, seraient à reléguer au Panthéon des illusions perdues.