Mon compte Devenir membre Newsletters

Les Atelières croient à la lingerie made in France

Publié le par

Muriel Pernin, émue par le sort réservé aux couturières de Lejaby et convaincue qu'il faut préserver des savoir-faire made in France, a eu le projet de créer un atelier de confection de lingerie de luxe. Rejointe par des ex-Lejaby, elle lance Les Atelières. La production a démarré le 14 janvier 2013.

Muriel Pernin, fondatrice des Atelières

© DR

Muriel Pernin, fondatrice des Atelières

L'entreprise Les Atelières, un atelier de lingerie haut de gamme 100 % made in France, c’est avant tout l’histoire d’une rencontre en janvier 2012. Celle de Muriel Pernin, directrice d’une agence de communication, et de Nicole Mendez, déléguée syndicale au sein de la maison Lejaby. Les Atelières, c’est aussi l’espoir de neuf associés fondateurs qui ont cru dans ce projet un peu fou. « Parmi eux, six sont issus du monde ouvrier et ont, ou ont eu, un lien avec la Maison Lejaby. Et tous sont persuadés qu’il faut préserver les savoir-faire français », explique Muriel Pernin.

Le projet germe peu à peu. Une association est créée, mais la belle idée doit être financée. Les neuf associés fondateurs réunissent 50 000 euros, une somme insuffisante pour se lancer. Alors, le 18 juin 2012, Les Atelières lance une souscription nationale. Au total, 85 000 euros sont récoltés, généreusement donnés par 7 500 Français, parfois à coup de 10 euros. D’autres entrent au capital de l’entreprise. "À chacun j’ai expliqué qu’il prenait un risque", raconte Muriel Pernin. Elle limite donc les mises à 20 000 euros par investisseurs. 185 000 euros sont finalement trouvés auprès de 19 nouveaux actionnaires. Les Atelières reçoivent également d’autres soutiens (80 000 euros de la Caisse des dépôts, 60 000 d’un fond de revalorisation de la région Rhône-Alpes).

Une solidarité financière qui permet à l'entreprise d'être assise sur une trésorerie solide et qui n’aurait pas vue le jour sans un gros travail de communication. Les Atelières sont partout : radio, télé, presse écrite, Internet. Son site web est régulièrement alimenté sur les développements de l'entreprise et la page Facebook relate l’aventure au jour le jour.

Son business model

Le grand défi des maisons de couture hexagonales est de pouvoir proposer du 100% français à une clientèle souvent internationale friande de luxe estampillé Made in France. L’entreprise doit donc s’organiser pour répondre à de telles exigences. Les parures luxe sont vendues en moyenne à 450 euros en magasin et peuvent atteindre 10 000 euros. La qualité d’exécution doit alors être irréprochable. Pour atteindre ce niveau, un plan de formation a été mis en œuvre et suivi par les ouvriers pour que chacun maîtrise les techniques les plus pointues.

L'équipe des Atelières.

Si le modèle de financement de Les Atelières est original, le modèle de management, participatif, ne l’est pas moins. Le salaire mensuel net le plus bas est de 1 300 euros (davantage que prévu par la convention collective du secteur). Par ailleurs, il y a un ratio inférieur à trois entre le salaire le plus bas et le plus élevé des 26 salariés de l’entreprise. Muriel Pernin, quant à elle, ne percevra pas son salaire de p-dg la première année. Un parti pris qui devrait permettre à l’entreprise d’avoir une plus grande marge de manœuvre, et de se concentrer ainsi sur l’essentiel : la production.

Les Atelières aujourd'hui

La production a démarré le 14 janvier 2013. Les Atelières cousent pour la Maison Lejaby. Issue de la reprise, en janvier 2012, de l’entreprise Lejaby, cette nouvelle société est résolument tournée vers le luxe. Convaincu par le projet de Muriel Pernin, son patron, Alain Prost, a signé un partenariat avec Les Atelières pour sous-traiter une partie de ses pièces haut de gamme. Deux autres contrats fermes sont venus compléter le carnet de commandes.

Malgré l’euphorie des premiers jours, les objectifs de la première semaine ont été atteints. "C’est d’ailleurs un point caractéristique des Atelières, car depuis le lancement du projet, nous avons atteint tous les objectifs que nous nous étions fixés", précise Muriel Pernin. Un gage de réussite future.

Ses projets

En janvier 2013, Muriel Pernin a plus de 40 propositions de collaborations à analyser. Des indicateurs favorables pour espérer atteindre le chiffre d’affaires prévisionnel de 1,1 million d'euros, prévu par le business plan. La p-dg garde toutefois à l’esprit que le projet est ambitieux. En 2013, les équipes devraient être de nouveau formées afin de monter encore en compétence. Et répondre, un peu plus encore, aux nécessités d’excellence du luxe à la française. Les Atelières auront ainsi toutes les armes pour démontrer que la qualité du luxe made in France a encore de beaux jours devant elle.

Les Atelières - carte d'identité

  • ACTIVITÉ: Fabrication de vêtements de dessous
  • VILLE: Villeurbanne (Rhône)
  • FORME JURIDIQUE: SA coopérative à conseil d'administration
  • DIRIGEANTE: Muriel Pernin
  • EFFECTIF : 26 salariés
  • DATE DE CRÉATION: octobre 2012
  • CA prévisionnel 2013: 1,1 million d'euros

Découvrez Les Atelières en vidéo :