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Delphine Remy-Boutang : le digital comme passion, l'entrepreneuriat comme vocation

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Avec The social bureau, Delphine Remy-Boutang s'est lancée dans la création d'entreprise sur le tard. Pourtant, une chose est sûre, cette self-made woman passionnée par les médias sociaux est une entrepreneuse née qui n'a pas froid aux yeux. Portrait.

Delphine Remy-Boutang : le digital comme passion, l'entrepreneuriat comme vocation

Elle s'est à peine assise, qu'armée de son smartphone, elle photographie le dernier numéro du magazine Chef d'entreprise, le tweete, relaie l'"événement" de notre rencontre sur le réseau social Foursquare. "Promis, après ça, je le lâche", assure-t-elle entre deux rapides manipulations. Pas de doute, Delphine Remy-Boutang est, de son propre aveu, une "cyber addict". Elle a d'ailleurs fait de cette passion pour les réseaux sociaux, son business. Début 2012, elle a fondé The social bureau, une agence spécialisée dans le conseil stratégique digital des entreprises. Si Delphine Remy-Boutang s'est lancée dans l'entrepreneuriat sur le tard, à quarante ans passés, difficile de l'imaginer dans une autre carrière que celle d'entrepreneuse. "C'est une fonceuse, hyper créative et audacieuse", apprécie son amie et associée Donatienne Lefort.

À tel point qu'il est parfois difficile de la suivre. Au cours de l'entretien, les idées s'enchaînent, les mains s'agitent, énergiques, au fur et à mesure que le débit s'accélère. Des expressions anglaises - héritées des 14 années passées à Londres - ne cessent de se glisser dans la conversation. "J'ai parfois l'impression d'être Jean-Claude Van Damme, c'est insupportable !", lâche-t-elle en riant, tout en replaçant mécaniquement des mèches de ses cheveux bruns mi-longs derrière les oreilles, comme pour se reconcentrer. Dynamique et enthousiaste oui, mais pas "fofolle" pour autant. On sent se dessiner, derrière ce regard noisette direct et franc, une ambition sans faille et une solide assurance. "Je n'ai pas peur du risque ni de l'échec. Quand je veux quelque chose, j'y vais au culot. Et ça a plutôt bien fonctionné jusqu'à présent", résume-t-elle.

Une self-made woman accomplie

Une force de caractère qu'elle tient, selon elle, de son père, militaire de carrière. Du côté de sa mère, artiste-peintre, elle a hérité de l'esprit créatif. Née dans le Morbihan, dans le petit bourg de Coëtquidan, elle a grandi au milieu de trois frères et soeur. Sur son enfance et son adolescence, elle ne s'attarde pas : "Ce qui compte, ce n'est pas d'où l'on vient mais où l'on va", insiste-t-elle. À l'école, Delphine est une élève moyenne. Exceptée le français et la philosophie -matière pour laquelle elle obtiendra un 18/20 au bac-, les cours l'ennuient. "Après le lycée, je n'avais aucune idée de ce que je voulais faire. Deux métiers m'intéressaient : être comédienne ou avocate", avoue-t-elle.

C'est finalement la deuxième voie qu'elle privilégie et s'inscrit en Droit. Cursus qu'elle abandonne rapidement pour se lancer dans le monde du travail. "Les études ne sont pas faites pour moi", affirme-t-elle C'est d'abord dans la communication, en 1991, qu'elle fait ses premières armes comme attachée de presse chez Euro RSCG, puis pour l'agence Alain Carré design. Elle part ensuite deux ans au Maroc et travaille pour l'Alliance française à Rabat. De retour en France, elle postule à diverses offres, est repérée par une agence de communication qui lui donne quelques mois pour apprendre l'anglais avant de la recruter. "J'hésitais entre deux destinations : Chicago ou Londres. Pour choisir, j'ai tiré à pile ou face", raconte Delphine Remy-Boutang. Ce sera Londres.

Elle devait y rester trois mois. Elle pose ses valises 14 ans. Sur place, elle rencontre son mari et est rapidement embauchée par IBM. "Ce groupe mise beaucoup sur l'intrapreneuriat. Ils ont cru en moi et j'ai gravi échelon après échelon." À partir de ce moment, celle qui boudait les bancs de la fac, débute en quelque sorte l'école de sa vie. De marketing manager, elle passe directrice du pôle marketing Europe, directrice executive du social business, puis directrice de la communication. Elle suit pour cela de nombreuses formations internes à travers le monde, valide notamment un MBA en marketing international à New York.

En 2008, elle est désignée première directrice Marketing et communication numérique du groupe à l'heure du boom des réseaux sociaux. Un département qu'elle développe de A à Z. À force de conseiller et de convaincre de grands groupes de rejoindre le mouvement du "social business", cette self-made woman accomplie voit l'opportunité de devenir sa propre patronne. "Je n'ai qu'un regret : ne pas l'avoir fait plus tôt", dévoile-t-elle. Elle franchit le cap, fin 2011, et s'installe dans la foulée en France.

Aujourd'hui, Delphine, mère d'un garçon âgé de 11 ans, partage sa vie entre Paris et Londres. Ce retour aux sources n'a pas été si facile, Delphine Remy-Boutang étant particulièrement marquée par le manque d'ouverture de la société française sur le monde. C'est justement pour faire évoluer les mentalités à son échelle qu'elle a lancé le 8 mars dernier, aux côtés de Catherine Barba, une autre entrepreneuse, la première journée de la femme digitale, persuadée que les femmes ont une réelle opportunité à prendre dans cet univers encore trop masculin (lire l'encadré). Ou comment le virtuel peut renverser les codes du réel.

Bio express

28 octobre 1970 : Naissance à Coëtquidan (Morbihan)
1991 : Embauche chez l'agence de communication Euro RSCG
1996 - 1997 : Travaille pour l'Alliance française à Rabat, au Maroc
Juillet 1997 : Départ pour la Grande-Bretagne
1999 : Embauche chez IBM, à Londres
2005 : Obtient un MBA en marketing international à New York
2008 : Directrice Social Media IBM
Décembre 2011 : Création de The social bureau
2013 : Création de The bureau, l'agence de communication digitale française de The social bureau
8 mars 2013 : Lancement de la première journée de la femme digitale avec Catherine Barba

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