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La situation financière des PME pourrait se dégrader en 2012

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Les ouvertures de procédures de redressement, de liquidations judiciaires et de sauvegarde des entreprises françaises ne cessent d'augmenter depuis le début de l'année. Les PME sont particulièrement concernées par ces actions en justice. Une tendance qui ne devrait pas s'améliorer.

La situation financière des PME pourrait se dégrader en 2012

10 900. C’est le nombre de procédures de redressement judiciaire, de liquidation judiciaire ou de sauvegardes ouvertes en France, en janvier et février 2012. Soit une hausse de 6 % par rapport à la même période en 2011. À noter une augmentation de 42 % des procédures uniquement pour les entreprises de plus de 50 salariés, et de 16 % pour les PME de 10 à 49 salariés. Une tendance qui pourrait s’accélérer d’ici à la fin de l’année, selon les cabinets Deloitte et Altares, qui présentaient leur étude(1) sur la question, mardi 13 mars 2012.

Du trou de trésorerie à la cessation de paiement
Intitulée "L’entreprise en difficulté en France, dessiner la sortie de crise", l'enquête revient sur l’évolution des "défaillances" des sociétés françaises entre 2007 et 2011.

Résultat, si le nombre des procédures se stabilise en 2011 par rapport à 2010 (hausse de 1 %), la tendance est plus préoccupante pour les PME de plus de 50 salariés. Elles enregistrent en effet une hausse de 10 % de ces procédures, dont près d'un quart aboutit à une liquidation judiciaire directe.

"Bien souvent, pour les petites entreprises, le problème ne vient pas tellement de la difficulté à trouver des clients mais à se faire payer par eux, avance Thierry Asmar, président du directoire d’Altares. Cette question est d’autant plus cruciale lorsque les banquiers font preuve de davantage de prudence."

Des banques plus méfiantes ?
L’accession au crédit aurait d’ailleurs été plutôt facilitée en 2011, d’après les données collectées auprès de la Banque de France. Ainsi, on note pour les PME une augmentation de près de 5 % sur un an des encours de crédit mobilisés.

Selon Me Claude-Maxime Weil, administrateur judiciaire à Strasbourg interrogé par le cabinet Deloitte, "les établissements financiers jouent globalement le jeu quand il s’agit de donner de l’oxygène à une société, en négociant des gels de remboursement". Néanmoins, souligne Jean-Jacques Politano, président du tribunal de commerce d’Aix-en-Provence, "si les banques assurent maintenir leurs engagements au service des petites entreprises, leur comportement sur le terrain traduit un examen beaucoup plus attentif de la situation des entreprises".

Des dispositifs efficaces pour soutenir les entreprises en difficulté
D’autres pistes peuvent expliquer la détérioration des finances des entreprises, telles que la baisse de compétitivité des grands groupes, la fragilisation financière suite à la crise de 2008, le manque d’adaptation aux habitudes de consommation, des difficultés structurelles ou la diminution des investissements dans l’innovation.

Dans ce contexte, l’étude souligne l’efficacité des dispositifs de conciliation et des procédures de sauvegardes. Ces dernières, qui permettent, depuis 2005, de suspendre le paiement des dettes le temps de la procédure, ont débouché, pour moitié, sur un plan de sauvegarde de l’entreprise entre 2007 et 2009. Sur cette même période, plus des trois quarts des plans de sauvegarde arrêtés ont permis aux entreprises de poursuivre leur activité. Des données à mettre néanmoins en perspectives : les sauvegardes ne représentent que 2 % des procédures collectives ouvertes.

(1) Étude réalisée en janvier-février 2012, sur la base des ouvertures de procédures amiables et collectives sur la période 2007-2011 dans les tribunaux de commerce ou de chambres commerciales des tribunaux d’instance ou de grande instance. Les deux cabinets se sont essentiellement intéressés aux entreprises de plus de 50 salariés. Deloitte Finance a par ailleurs interrogé 13 tribunaux sur leur activité en matière de traitement amiable et 12 experts (administrateurs judiciaires, présidents de tribunaux de commerce, etc.).