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Payer en retard, une spécialité des grandes entreprises françaises

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La dernière étude du cabinet Altares révèle qu'un tiers des entreprises seulement règlent leurs factures dans les délais prévus. Une proportion qui se dégrade lentement depuis quatre trimestres, confirmant ainsi les tensions de trésorerie des TPE et des PME.

36,6 % des entreprises décalent leurs paiements jusqu'à 15 jours après la date prévue sur la facture

36,6 % des entreprises décalent leurs paiements jusqu'à 15 jours après la date prévue sur la facture

Les bons élèves, à savoir les entreprises qui règlent leurs factures dans les délais prévus (moins de 30 jours), existent mais elles ne représentent que 31,2 % des entreprises françaises sur le premier trimestre 2013. Pour conforter leur trésorerie, les dirigeants utilisent toujours le système D, à savoir différer le paiement de leurs factures. Ce taux se dégrade lentement mais régulièrement depuis quatre trimestres. Il s'établissait, un an plus tôt, à 33,2%, selon une étude publiée par Altares le 23 mai.

Dans le détail, 36,6 % décalent leurs paiements jusqu'à 15 jours après la date prévue sur la facture, soit 10 % de plus que la moyenne européenne (27,4 %). 26,4 % payent leurs fournisseurs avec des retards de 16 à 30 jours. Un taux supérieur de plus de 5 % à la moyenne européenne et au plus haut depuis le printemps 2011.

Les TPE et PME plus vertueuses que les ETI

À peine une Entreprise de Taille Intermédiaire sur dix paye ses fournisseurs sans retard (9,6 %) sur le premier trimestre 2013. Ces grands acteurs économiques règlent leurs fournisseurs (55,2 %) avec des retards majoritairement compris entre 1 et 15 jours. Moins d'une PME (10 à 249 salariés) sur quatre (23,6 %) respecte les dates d'échéance et 28,9 % (+ 0,4 %) reportent les règlements de 15 à 30 jours, confirmation des tensions de trésorerie des PME.

La dégradation de la conjoncture économique semble davantage peser sur les micro-entreprises (moins de 10 salariés). Ces petites entreprises sont désormais moins de 37 % à pouvoir encore respecter les dates de facture. Ce taux s'érode régulièrement depuis le printemps 2012. Il était de 39 % au 2e trimestre 2012, de 38,1 % au 3e trimestre 2012, de 37 % au dernier trimestre 2012 et tombe à 36,7 % ce premier trimestre 2013.

Plus de difficultés dans la restauration

Le transport et la logistique présentent des comportements de paiement moins vertueux que l'ensemble des entreprises. 18,2 % (31,2 % pour l'ensemble des activités) des acteurs règlent leurs fournisseurs sans retard et 35,4 % avec un retard de 15 à 30 jours (26,4 % pour l'ensemble des activités). Dans l'hébergement, la restauration et les débits de boisson, 22,4 % des acteurs payent leurs fournisseurs sans retard, c'est 0,6 % de moins que fin 2012. Les retards supérieurs à 15 jours augmentent (44,5 % soit + 1 % en trois mois). Les tensions sont fortes en particulier dans la restauration où plus d'un restaurateur sur dix reporte ses règlements de plus de 30 jours.

Dans l'industrie, le taux de règlements effectués sans retard est quasi stable à 26,2 %. Les services aux entreprises présentent, comme l'industrie, un taux de paiement effectués sans retard à 26,2 % mais en recul de 0,3 % sur trois mois. Le commerce se situe dans la moyenne de l'ensemble des activités avec 31,2 % d'entreprises respectant les dates d'échéance ; ce taux est en baisse de 0,3 % sur trois mois.

La construction reste le secteur le plus respectueux

La construction reste globalement le secteur le plus respectueux des délais de règlement. 40,1 % des entreprises de ce secteur payent leurs fournisseurs sans retard ce premier trimestre 2013. Ce taux est, toutefois, en baisse de 0,6 % sur trois mois et 3,7 % sur un an. Le bâtiment, en particulier, est sous tension. 25 % des acteurs reportent désormais le paiement de leurs factures de plus de 15 jours (+ 0,6 % sur trois mois).

L'administration présente elle aussi des comportements de paiements moins favorables. Les organismes administratifs sont 35,6 % à respecter les dates d'échéance contre 36,6 % il y a trois mois. Les retards de moins de 15 jours sont en hausse (38,1 % contre 37,4 %) mais également ceux de 15 à 30 jours (22,9 % contre 22,4 %).

"Nous le vérifions en permanence, le seuil des 30 jours de retard est révélateur de tensions financières fortes. Si les entreprises qui "jouent la montre" décident de décaler leurs règlements de quelques jours, celles en plus sérieuses difficultés n'ont, en revanche, plus d'alternative", explique Thierry Millon, responsable des analyses Altares. "Elles doivent repousser davantage le paiement des factures. Le risque de voir ces entreprises déposer le bilan augmente alors brutalement. Le rythme des défaillances d'entreprises pourrait donc bien s'accélérer en Europe".

Il semble donc essentiel de redoubler d'attention sur la qualité des paiements de vos clients. Organisez en premier lieu vos bases métiers fin de vous assurer de disposer d'une information précise, à jour et exploitable sur chaque compte client. Recrutez des partenaires commerciaux non seulement solides mais surtout bons payeurs et n'oubliez pas enfin de gérer les risques financiers liés à ces partenaires. Rappelons le, une défaillance sur quatre est due à des retards de paiement.