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Pierre Gattaz demande une baisse des charges de 100 milliards d'euros pour les entreprises

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Réforme des retraites, loi de finances 2014... Le Medef entame sa rentrée en fanfare. Mercredi 28 août 2013, son président Pierre Gattaz a inauguré l'Université d'été de l'organisation patronale à Jouy-en-Josas. Avec en mots d'ordre : unité, mobilisation et baisse du coût du travail.

Pierre Gattaz demande une baisse des charges de 100 milliards d'euros pour les entreprises

© Delphine Jouandeau

C'est un Pierre Gattaz très déterminé et rassembleur, qui a inauguré sa première Université d'été du Medef, mercredi 28 août 2013, sur le campus d'HEC à Jouy-en-Josas (Yvelines). Face au parterre de chefs d'entreprise et de journalistes attroupés sous la tente plénière, le nouveau chef de file de l'organisation patronale l'a assuré à ceux qui pourrait en douter, "le Medef est en ordre de marche aujourd'hui".

Et ce, d'autant plus après l'annonce du Premier ministre, mardi soir, concernant la future réforme des retraites, qui prévoit, outre un allongement de la durée de cotisation, une augmentation des cotisations salariales et patronales, et la création d'un compte personnel de prévention de la pénibilité financé par les entreprises. Une mauvaise nouvelle pour le Medef, qui attendait un engagement fort du gouvernement en faveur d'une baisse significative du coût du travail pour les entreprises en France.

"Taxer n'est pas réformer. Surtaxer, c'est créer des chômeurs", a martelé le nouveau patron des patrons qui s'est déclaré "choqué" par les arbitrages gouvernementaux nouvellement dévoilés sur le dossier des retraites. "En faisant le choix d'une non-réforme, en refusant d'avoir un discours de réalité et de clarté vis-à-vis des Français, le gouvernement ne répond pas à l'urgence de la situation alors que le déficit cumulé du système de retraite sera de 200 milliards d'euros en 2020."

Faire le choix de l'entreprise

Pour le président du Medef, "il est temps d'accepter enfin sans retenue et sans complexe, les règles de l'économie de marché, et tirer profit de la mondialisation en modernisant et réformant notre pays." Sa solution : que le gouvernement "fasse le choix de l'entreprise et des entrepreneurs" pour relancer la croissance durablement et renouer avec la compétitivité. "Mon obsession : l'emploi, l'emploi, l'emploi !"

Cela commence selon lui par baisser de 100 milliards d'euros les charges pesant sur les entreprises sur cinq ans ; soit 20 milliards d'euros par an dès 2014.

Cette baisse de charges doit être décidée "en septembre 2013" et être déployée "dès 2014". Elle doit selon lui s'articuler autour de deux priorités :

1/ L'allègement de 50 milliards d'euros de la fiscalité des entreprises. "Supprimons les impôts "symboles" et "dogmatiques" qui ne servent à rien sauf à décourager les investisseurs et les actionnaires, qu'ils soient français ou étrangers. Supprimons l'ISF, supprimons la taxe à 75 % sur les hauts revenus qui font tant de dégâts en France, en Europe et à l'international pour l'attractivité de notre pays...", a appuyé Pierre Gattaz.

2/ Une baisse de 50 milliards d'euros des cotisations sociales, "par un transfert de charges vers des mécanismes type CSG et TVA, pour alléger notre coût du travail".

Enfin, le patron des patrons a appelé à une simplification de l'environnement règlementaire et législatif des entreprises. "Si déjà, ces trois actions sont enclenchées, les entreprises et les entrepreneurs seront au rendez-vous de notre histoire."

Cap sur 2020

Renouvelant son désir de porter un "Medef de combat", le nouveau président en a aussi appelé à la mobilisation des entrepreneurs. "Il est fondamental que vous, chefs d'entreprise, puissiez-vous impliquer dans l'action collective du Medef comme vous le faites dans les territoires et les Fédérations. Car vous êtes l'esprit et la force de notre mouvement, à la fois son inspiration et son bras armé. Et si nous souhaitons que les choses bougent dans notre pays, il faut que nous soyons ensemble, unis, regroupés, engagés comme une armée d'ambassadeur de l'économie."

Il a ainsi présenté le projet "2020 : faire gagner la France", lancé à l'occasion de l'Université d'été. Le projet a pour ambition de collecter, de rassembler et de présenter d'ici un an la " vision des entreprises et des entrepreneurs " via un forum électronique de proposition et de débat collaboratif ouvert à tous.

Le dialogue, Pierre Gattaz assure ne pas l'avoir perdu avec le gouvernement. "Mais je ne compte pas rester comme l'observateur passif d'un pays qui sombre."

"Dommage qu'aucun ministre ne se soit déplacé à l'inauguration", lâche en partant l'un des participants à l'événement.