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Thibault Lanxade (président du think tank Positive Entreprise) : “Les organisations patronales doivent se réformer”

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Thibault Lanxade, dirigeant d'Aqoba et président du think tank Positive Entreprise, publie “Un patronat pour quoi faire, treize regards croisés” aux éditions Nuvis, avec la volonté d'amorcer un débat autour de six propositions pour réformer le patronat. Interview.

Thibault Lanxade, auteur du livre 'Un patronat pour quoi faire, treize regards croisés'.

Thibault Lanxade, auteur du livre "Un patronat pour quoi faire, treize regards croisés".

À quoi sert le patronat en 2013 ? Conférence sociale de juillet 2012, négociation sur le marché du travail, fronde contre les arbitrages de la loi de finances, débat autour du pacte de compétitivité... Les chefs d’entreprise agissent et s’expriment sur bon nombre de dossiers à travers les organisations qui les représentent.

Dans un paysage économique et social en pleine mutation, Thibault Lanxade a choisi de relancer le débat sur le rôle du patronat, ses missions, sa représentativité, en proposant l'ouvrage Un patronat pour quoi faire, treize regards croisés. À 41 ans, ce chef d'entreprise est à la tête d’Aqoba et préside l’association Positive entreprise, un think tank qui milite pour le rapprochement des jeunes et de l'entreprise.

Trois questions à Thibault Lanxade :

> Comment vous est venue l'idée de cet ouvrage ?

Ce livre était un moyen d'ouvrir le débat. Nous entrons dans une phase de profonds changements, entre les dernières élections présidentielles, les accords sur la modernisation du travail, la crise économique bien sûr, et un paysage syndical en pleine mutation, à l'image François Chérèque qui a quitté la tête de la CFDT. Le patronat aussi évolue, si l'on regarde les différents mouvements qui se sont organisés ces derniers temps. Même si je constate à ce sujet que les mouvements qui ont le mieux marché sont ceux qui agissaient pour la défense d'une cause en prise directe avec l'économique, comme les Pigeons, et non pour la défense d'un avantage ou d'une niche.

Et puis, d'autre part, en juillet 2013 auront lieux les élections pour choisir le nouveau président du Medef. Or, si nous voulons parler du patronat, le mieux est encore de faire s'exprimer des personnalités de divers horizons, plus ou moins proches du patronat, comme des chefs d'entreprise, des syndicalistes, ou encore des politiques, et de croiser leurs regards. C'est ce que j'ai fait avec des personnalités comme Sophie de Menthon, présidente d’Ethic, Sandra Le Grand, p-dg de Kalidea et vice-présidente de CroissancePlus, ou encore Gérard Larcher, ancien président du Sénat et ex-ministre. J'ai constaté de nombreux points de convergences sur la situation économique actuelle et l'avenir du patronat.

> Justement, de ces entretiens vous avez tiré six propositions pour réformer les organisations patronales. Quelles sont-elles ?

Au fil des échanges, le débat a fait effectivement émerger des grands points concernant le rôle des organisations professionnelles, la représentativité patronale, le fonctionnement du paritarisme et la relation avec le monde politique.
Six pistes de réflexion ont émergé pour réformer une organisation patronale, qui se doit d'être, d'après les différentes personnalités que j'ai rencontrées :

  1. Plus recentrée sur ses missions essentielles ;
  2. Plus ouverte au dialogue et à la coopération avec les autres organisations interprofessionnelles et mouvements d’entrepreneurs ;
  3. Plus démocratique ;
  4. Plus ouverte à un dialogue social actif au plus près des préoccupations des entreprises ;
  5. Indépendante vis-à-vis du monde politique ;
  6. À même de porter des idées novatrices et afficher une lisibilité permanente de ses ambitions et propositions.

> D'après votre propre expérience et après ces entretiens, de quoi le patronat a-t-il besoin aujourd'hui ?

Les entreprises ont besoin d'un Medef fort, en phase avec leurs préoccupations profondes. Elles sont nombreuses à souffrir, avec des difficultés encore devant elles. Le Medef doit donc plus que jamais être tourné vers sa base et le patronat doit se recentrer sur les réalités économiques, en créant une vraie dynamique sur des questions d'export et d'innovation notamment. Bien sûr, la parité, le développement durable ou encore la responsabilité sociétale des entreprises sont des thèmes importants. Mais les besoins prioritaires ne sont pas là. D'autre part, une nouvelle génération d'entrepreneurs émerge. Le Medef doit faire comprendre à ces chefs d'entreprise qu'une organisation patronale n'est pas uniquement une affaire de réseau. Ce sont aussi des missions importantes pour l'ensemble de l'entreprise, comme une représentation au sein des conseils des prud'hommes.

Au final, avec la publication de son livre, Thibault Lanxade ambitionne d' ouvrir un réel débat, en perspective des élections du Medef de juillet 2013. Sa volonté étant de démontrer aux entrepreneurs que la variété des opinions et la force des idées sont là pour favoriser un débat fertile, qui dépasse les frontières des seules organisations patronales.

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