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En Allemagne, les PME éditent des chartes de bonne conduite anti-corruption

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Éclaboussées par des scandales de corruption, les PME allemandes ne sont pas épargnées par la justice. De plus en plus de petites et moyennes entreprises prennent les devant outre-Rhin et instaurent des règles de bonne conduite.

Les entreprises allemandes cherchent à se racheter une conduite. Les grandes entreprises, dont certaines comme Siemens ou Daimler ont dû essuyer de grands scandales de corruption dans les années quatre-vingt-dix, montrent l'exemple. Selon une enquête du cabinet PwC, 52 % des 830 entreprises allemandes de plus de 500 salariés interrogées possèdent une charte de bonne conduite.

Et les PME ne sont pas en reste. Selon Malte Passarge, directeur de l'institut ICM de promotion de la "compliance" (règle de bonne conduite) dans ces entreprises, "deux tiers" d'entre elles ont déjà mis en place des programmes de bonne conduite ou songent à le faire.

Deux PME condamnées en 2010 et 2011

En effet, la justice allemande ne s'intéresse pas qu'aux gros poissons. Deux PME en ont fait les frais en 2010 et 2011. Eginhard Vietz confiait ainsi à la presse en 2010 que dans son secteur - la construction de pipeline, la corruption était inévitable. Résultat, après une enquête de la justice, il est condamné à 50 000 euros d'amende.

En 2011, le fabricant de camions de pompiers Ziegler a dû déposer le bilan après une amende de 8 millions d'euros de l'Office allemand anticartel. Désormais sous administration judiciaire, il a instauré des règles rigoureuses de bonne conduite et lutte pour sa réhabilitation. Mais il pâtit toujours de sa mauvaise réputation, certaines communes ayant décidé de boycotter le fabricant.

Les fortes sommes à verser en cas d'amendes et l'atteinte de l'image de l'entreprise poussent donc les entreprises à adopter un comportement exemplaire et à sensibiliser leurs collaborateurs avec des chartes de bonne conduite. Mais le coût de la corruption pour l'économie allemande représenterait toujours 250 milliards d'euros en 2012 , selon les estimations de Friedrich Schneider, économiste de l'université de Linz (Autriche), interrogé par l'AFP.