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Murmurer à l'oreille d'un business angel, tout un art!

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Comment séduire un investisseur ? Sur quels critères décide-t-il de financer ou non un projet ? Quelles sont les précautions à prendre et les erreurs à éviter lors du premier contact ? Regards croisés à l'occasion des speed meetings de l'IT Tuesday, le 13 novembre à Paris.

Murmurer à l'oreille d'un business angel, tout un art!

À 28 ans, Vincent Péré est le cofondateur de Flipmylook, une nouvelle application mobile pour tester et acheter des vêtements en ligne. Mardi 13 novembre, il s’est déplacé à la Bourse de commerce de Paris (Ier arr.) pour une raison principale: dénicher un business angel. Parmi les quelque 300 participants, il est venu tenter sa chance aux speed meetings de l’IT Tuesday entre entrepreneurs IT et business angels, organisés par la Chambre de commerce et d’industrie de Paris. Lui, souhaite dans les prochains mois lever environ 500 k€ afin notamment de commercialiser son concept à l’international. “Au-delà de l’aspect purement financier, nous recherchons une sorte de mentor capable de nous accompagner dans nos différentes phases de développement”, explique le jeune entrepreneur.


L'IT Tuesday a rassemblé plus de 300 participants le 13 novembre à Paris.

“En tant normal, il est très difficile de rencontrer des investisseurs. Ce genre d’événement représente une bonne opportunité de nous faire connaître et d’élargir notre réseau”, souligne Arnaud Molin, à la tête de Champ’market, start-up spécialisée dans la vente de champagne en ligne. “L’exercice est quand même assez ardu. Nous disposons de moins d’une minute pour nous présenter. Ce qui est très court pour convaincre”, remarque François-Xavier Rousselot, président de Scan&Trust, service en ligne anti-arnaque lancé cette année.

Difficile mais pas impossible selon Geneviève Bouché, Bernard Lorig et Morgane Rollando. Tous trois business angels, ils livrent quelques conseils pour que votre projet retienne l'attention – et le porte-monnaie – des investisseurs les plus frileux.

Geneviève Bouché, vice-présidente de Dauphine Business Angels

« Faites preuve de bon sens »

“Nous investissons dans des start-up pour vivre des aventures entrepreneuriales par procuration. Pour nous, un bon projet, c’est d’abord une équipe qui tient la route. Les investisseurs sont d’ailleurs moins enclins à soutenir un entrepreneur qui se lance tout seul. Quand vous nous démarchez, faites preuve de précision et de concision. Montrez-nous votre enthousiasme mais aussi votre bon sens. Nous allons vérifier que votre concept s’inscrit dans une logique économique crédible en adéquation avec son environnement, que ce soit au niveau du marché, des fournisseurs ou des clients. Aussi, ne vous contentez pas d’à peu près!”

Bernard Lorig, vice-président d’IT-Angels

« Bétonnez votre pitch! »

“Si j’ai un conseil à donner: travaillez votre pitch! Votre présentation doit être accrocheuse. La pire des erreurs est de livrer une présentation bateau. Identifiez les éléments qui vous différencient et qui font que votre projet est exceptionnel. Cela suppose notamment de bien connaître ses clients et leurs attentes. Pour que j’investisse, il faut que je croie au concept mais aussi que j’ai un bon feeling avec l’entrepreneur. Je vais notamment m’intéresser à sa capacité d’écoute et d’adaptation. Pour cela, il est aussi essentiel de cibler le bon investisseur. Selon sa personnalité, son parcours et surtout son carnet d’adresses, sa capacité à vous aider sera très différente.”

Morgane Rollando, trésorière de Femmes Business Angels

« Mettez-vous à notre place »

“Pour nous convaincre, mettez-vous à notre place. Demandez-vous ce qui nous pousserait à rejoindre l’aventure. Les business angels vous apportent, certes, une aide financière mais ils ne sont pas là pour couvrir votre découvert bancaire. Notre rôle est aussi de faire évoluer votre entreprise, de vous accompagner. Montrez-nous votre envie de partager votre projet. Avec la crise, nous décortiquons davantage les business plans. Mais nous nous fions aussi plus à notre instinct et à votre personnalité. Ce qui va compter, c’est votre esprit de synthèse, votre capacité à porter votre concept, à bien anticiper votre croissance et à vous entourer des bonnes personnes.”