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Plus de 12 000 cessions-transmissions de PME en 2010

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58 % des cessions-transmissions interviennent avant 55 ans, selon la dernière étude de BPCE L'Observatoire. Néanmoins, bon nombre de dirigeants ne passent pas la main et vieillissent à leur poste, ce qui n'est pas sans conséquences sur la croissance économique...

Exactement 12 315. Tel est le nombre de cessions-transmissions de PME réalisées en 2010, incluant les cessions intrafamiliales et les changements de dirigeant actionnaire, selon la dernière étude de BPCE L'Observatoire. Ce qui représente 1,4 à 1,5 million d’emplois concernés. Un résultat très au-delà des estimations communément admises.

Au delà du prix, la confiance entre les deux parties est au cœur de la réussite de l’opération, le cédant cherchant moins à identifier un acquéreur qu’à « adouber » un alter ego ou un fils spirituel, qu’il souhaite accompagner autant que possible pour assurer la pérennité de l’entreprise. Selon l'étude, les cédants sont prêts à transiger sur la valeur de la transaction dans 63 % des cas, notamment s'ils sont âgés.

Des cessions peu déterminées par l'âge

Au delà des idées reçues, la cession-transmission type n’est toutefois pas déterminée par le seul âge du dirigeant. Si 58 % des opérations interviennent avant 55 ans, celles-ci prennent aussi des formes multiples au-delà de la cession pure. Ainsi, les opérations menées via des holdings ou un changement d’actionnaire représentent 34 % des cessions-transmissions.

Cette évolution de la cession-transmission est le reflet d’une transformation profonde de l’organisation des PME : 52 % appartiennent à un groupe, principalement à un groupe de PME (qui cède souvent plus facilement ses entreprises), et la présence d’un holding est majoritaire au-delà de 100 salariés.

Pourquoi céder son entreprise ? Trois cas principaux : passage de relais en vue de la retraite, vente en vue d’une réorientation en cours de vie active ou d’une valorisation du capital professionnel et, enfin, des opérations « techniques », telles la création d’une holding ou l’ajustement du portefeuille d’activités.

Pas de cession = vieillissement du dirigeant = croissance freinée

L'étude note un décalage entre entre les intentions de céder et les cessions réalisées : de 14 000 à 20 000 intentions de cession dans l’année exprimées dans l’enquête par les dirigeants on atteint les 12 000 cessions effectives.

Les dirigeants demeurent alors à la tête de leur entreprise plus longtemps qu’ils ne semblent le souhaiter.

Conséquence ? Les PME dont le dirigeant est âgé adoptent en général un comportement de consolidation des fonds propres privilégiant la viabilité à la croissance. Résilientes, les entreprises dont le patron a plus de 60 ans voient leurs performances économiques se dégrader parallèlement à un moindre recours aux dettes financières. Cette gestion prudente des actifs professionnels permet également de sécuriser les revenus d’activité nécessaires à la mise en œuvre d’une stratégie patrimoniale privée nettement plus active après 55 ans. Le vieillissement des dirigeants fait donc principalement courir un risque d’altération de la croissance au tissu des PME françaises.