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Réforme des retraites: les entreprises devront mettre la main à la poche

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L'âge légal de départ à la retraite passera à 62 ans d'ici 2018. Eric Woerth compte notamment intégrer les 13e mois et les primes dans le calcul des allègements de charges aux entreprises.

Le gouvernement veut reculer l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans. C'est ce qu'a annoncé mercredi 16 juin Eric Woerth, ministre du Travail. La réforme devrait prendre effet au 1er juillet 2011. L'exécutif vise un allongement d'un quadrimestre (4 mois) par classe d'âge (par an). Le seuil des 62 ans sera donc atteint en 2018. Grâce à cette mesure, Eric Woerth espère réaliser 19 milliards d'euros d'économies.

Parallèlement, l'âge à partir duquel un salarié bénéficiera d'une retraite à taux plein devrait être rehaussé de 65 à 67 ans. Quant à la durée de cotisation, elle passera de 41 ans et 3 mois en 2013 à 41,5 ans en 2020.

Ces deux années supplémentaires concerneront également les salariés de la fonction publique et les régimes spéciaux. En revanche, pour les carrières dites longues, le dispositif Fillon est maintenu. Il a été élargi aux salariés qui ont commencé à travailler à 17 ans et ne sont pas visés par le report de l'âge de départ à 62 ans. La pénibilité du travail a été prise en compte par le gouvernement: ces salariés pourront partir à  la retraite à 60 ans à taux plein, quel que soit le nombre de trimestres travaillés. Attention toutefois: ce droit "sera accordé de manière individuelle", a souligné le ministre du Travail.

Trouver de nouvelles recettes

Si les mesures annoncées devraient permettre de réaliser des économies, le gouvernement compte aussi trouver de nouvelles recettes. Les prélèvements vont toucher "les hauts revenus, les revenus du capital et les entreprises". Dans les faits, la dernière tranche d'impôt sur le revenu devrait passer de 40 à 41% dans le cadre une contribution exceptionnelle (le bouclier fiscal ne fonctionnera pas). Les stock-options et les retraites chapeau vont aussi être plus taxées: la contribution sociale payée par les titulaires de stock-options sera triplée et portée à 8%. La contribution versée par l'employeur passera, elle, de 10 à 14%. Les plus-values sur les cessions d'actions et d'obligations seront réintégrés dans le calcul de l'impôt sur le revenu.

Enfin, au niveau des entreprises, les 13e mois et les primes seront dorénavant prises en compte dans le calcul des allègements de charges.